[ Nous sommes les héritiers de DIEU
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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Nous sommes les héritiers de DIEU

Homélie pour le Dimanche de la Sainte Trinité (03 juin 2012)

• Livre du Deutéronome 4,32-34.39-40
« Le Seigneur est Dieu, là-haut dans le ciel
comme ici-bas sur la terre, et il n’y en a pas d’autre. »

• Psaume 33(32),4-5.6.9.18-19.20.22
« Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour »

• Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8,14-17
« Nous sommes aussi ses héritiers ;
héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ »

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 28,16-20
« De toutes les nations faites des disciples,
baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit »


- lire l’intégralité des textes de ce jour




Le Seigneur est Dieu, là-haut dans le ciel
comme ici-bas sur la terre, et il n’y en a pas d’autre


Je ne sais pas si nous nous rendons compte du cadeau qui nous est fait en cette fête de la Trinité. Si nous nous rendons compte que nous récoltons ici le fruit d’une attente patiente de nos anciens qui, eux, n’ont découvert que peu à peu le mystère de DIEU, et qui se réjouissaient à chaque pas franchi. Et nous qui arrivons derrière eux, avec ce cadeau qu’ils nous ont transmis, savons-nous encore seulement nous réjouir de cet héritage autant que se sont réjouis nos anciens qui l’ont vu germer ?

- Il y a 6000 ans — ce n’est rien à l’échelle de l’Univers, mais dans l’histoire humaine, ça compte —, des hommes de Mésopotamie levaient les yeux vers le ciel et découvraient son harmonie. Le monde divin s’ouvrait à eux, non plus seulement comme un monde de petits esprits locaux aux pouvoirs magiques, mais comme une vraie puissance organisatrice de vie.

- Il y a 3650 ans, de cette Mésopotamie sortait un homme, Abraham, un visionnaire qui eut un expérience spirituelle d’une profondeur abyssale : le monde divin n’est pas fait de plusieurs dieux, mais il n’est régi que par UN seul DIEU. À cette époque, d’autres divinités pouvaient subsister dans l’imaginaire cultuel, mais Abraham comprend que, par-dessus tous les dieux, il y a LE DIEU qui s’est révélé à lui ; qui est entré en relation avec lui, qui l’a choisi et lui a conféré la mission d’être le père d’un peuple différent des Nations.

- Il y a 3200 ans, de ce peuple émergeait la figure de Moïse qui, libérant ses frères de l’esclavage d’Égypte, le conduisait sur la terre de Canaan et lui donnait une Loi, une Torah inspirée de DIEU, une Torah dont ce peuple vit encore aujourd’hui.

Pour ce peuple, DIEU était devenu le ROI. Un ROI transcendant, au-dessus de tous les rois de la terre. Un DIEU ROI, c’est-à-dire qui s’occupait de son peuple : qui le bénissait, mais aussi savait le punir pour ses fautes. Et ce peuple avançait sur un chemin difficile, fait de victoires et de défaites sur lui-même, mais qui jamais ne manqua d’espérance.

- Il y a 2000 ans, de ce peuple encore paraissait Jésus, le Christ, qui nous révélait que DIEU n’était pas d’abord ROI, mais PÈRE. Que ce qui régissait le monde n’était pas uniquement les rapports de force, mais l’amour au dessus de tout. Et de cet amour, nous vivons encore, vous et moi. Et nous relisons les psaumes : Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour
 ; et nous relisons saint Paul : Nous sommes aussi ses héritiers ; héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ...

* *
Nous sommes aussi ses héritiers ;
héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ


Mais que veut dire : être héritier ? Aujourd’hui, en Occident, nous sommes comme ces gamins gavés de biens qui oublient la valeur des choses et des êtres. Nous ne savons plus contempler. La preuve ? Quand nous nous promenons dans la nature et que nous voyons une fleur magnifique, que faisons-nous ? Nous la cueillons. Et parce qu’elle est cueillie, elle se fane et on la jette.

Nous faisons la même chose avec les cadeaux de DIEU. Nous les voyons, comme des valeurs. Nous les cueillons, et elles se fanent. Nous ne savons plus contempler : nous prenons possession. L’histoire nous paraît être un tissus d’ignorance... alors que c’est un tissus de sagesse. Mais on n’a plus le temps... Plus le temps de contempler cette sagesse, ni même de l’écouter. On prend ! On n’hérite plus : on s’accapare ! Et comme par hasard, cela provoque les conflits d’héritage... L’important n’est plus que les choses soient transmises, mais qu’elles soient “à moi”. La valeur a été cueillie, on a oublié le donateur, la valeur se flétrit et le droit du plus fort reprend ses droits.

Alors retentit la parole du Christ.

* *
De toutes les nations faites des disciples,
baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit


Pourquoi faire ? Précisément pour retrouver Celui dont tout est issu. Oublier DIEU, DIEU non pas comme je voudrais qu’il soit — à ma botte — mais tel qu’Il est, c’est laisser libre court à la force. Les hommes laissés à eux-mêmes ne connaissent que cela.

Et c’est vrai que la vie est un combat. Le monde animal est en combat permanent. Mais le propre de l’homme, de l’homme vivant, c’est de savoir mener le combat le plus difficile qui soit : le combat de l’amour. Dire que DIEU est AMOUR n’a jamais voulu dire qu’Il était un DIEU à l’eau de rose ! L’homme qui a DIEU en lui se reconnaît en ce qu’il ne garde rien. Sa liberté n’est pas de se garder, mais de se donner. Il n’a pas à craindre la soif, puisqu’il est branché sur la source. Il n’est pas hors du monde : il est dans le monde, mais il n’est pas du monde.

Parce qu’il sait contempler le monde, et ne se contente pas de le cueillir. Il ne le cueille pas : il le recueille. Il sait que l’histoire a été longue avant que DIEU puisse se révéler comme son Père ; avant que le Fils ne puisse dévoiler ce mystère infini ; avant que puisse être donné l’Esprit Saint à profusion. Cet homme-là connaît DIEU et il connaît l’histoire de cette révélation. Cet homme-là se sait connu de DIEU et découvre alors sa VALEUR, non pas comme un bien à prendre, mais comme un mystère à préserver et à transmettre : je suis le fruit de la Trinité, le fruit de l’AMOUR transcendant.

Oui Seigneur, je crois en Toi. Je crois que tu es Père, Fils et Saint-Esprit. Je crois que l’Amour est la véritable force qui anime l’univers et le monde. Un Amour entre le Père et le Fils qui déborde dans l’Esprit Saint. Je crois que là est l’avenir de l’homme que l’Église a reçu la mission de garder ouvert. Je crois que cet Amour est le seul combat qui vaille la peine, le plus dur, le plus difficile des combats, mais dont je sais que Christ a remporté la victoire.

Seigneur, fais que nos enfants reçoivent ce beau combat en héritage. Fais que je leur transmette, non pas des valeurs comme des fleurs fanées, mais le chemin de la Source d’eau vive qui jaillit de ton Cœur. Afin qu’ils deviennent, non pas des comptables minables de leurs petites possessions, mais des hommes et des femmes debout, vivant, forts, victorieux des vrais combats de la VIE, féconds, magnifiques enfin, rayonnants, sauveurs, et surtout témoins de ce qui les fera vivre : TOI-même, Seigneur, notre DIEU, Père, Fils et Saint-Esprit.

Avec mon affection fraternelle,

+ Père Alain.


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