[ Nous te saluons, ô toi, Notre-Dame
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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Nous te saluons, ô toi, Notre-Dame

Homélie du dimanche 15 août 2010

• Livre de l’Apocalypse 11,19.12,1-6.10
« L’accusateur de nos frères a été rejeté,
lui qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu »

• Psaume 45,10.11.12.16
« Écoute, ma fille :
le roi sera séduit par ta beauté.
Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant lui. »

• Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 15,20-26
« Le Christ doit régner jusqu’au jour
où il aura mis sous ses pieds tous ses ennemis »

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,32-48
« Il renverse les puissants de leurs trônes, Il élève les humbles. »

- lire l’intégralité des textes de ce jour



L’Accusateur de nos frères a été rejeté,
lui qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu

Il n’y a pas, dans le mystère de l’Assomption, simplement la contemplation de Marie montant au ciel. Il y a beaucoup plus : la signification de la victoire de DIEU sur l’Accusateur, c’est-à-dire sur Satan, qui représente la puissance menaçante du chaos qui voudrait absorber le genre humain dans l’anéantissement, une décréation. Cette décréation serait comme la victoire des ténèbres sur la lumière, une victoire signée du Mal sur DIEU, un peu comme un Trou Noir dans l’univers : d’une densité abyssale, cette étoile absorbe et distord tout ce qui passe à sa portée, jusqu’à la lumière qui ne peut plus s’échapper du vortex d’anéantissement qu’elle est devenue. Mais alors qu’on pense aujourd’hui que ces Trous Noirs seraient comme le noyau de formation des galaxies, et donc qu’ils pourraient jouer un rôle positif dans l’élaboration de l’Univers, le Mal, lui, n’est en rien positif. Il n’est même pas du "négatif", qui serait encore quelque chose. Il est pure destruction, anéantissement.

Une comparaison aide à comprendre : le froid n’existe pas. Il est simplement le nom que les hommes ont trouvé pour désigner l’absence de chaleur, mais dès qu’une source d’énergie paraît, le froid ne peut avoir le dessus.
De même pour les ténèbres : ils n’existent que par l’absence de lumière. Craquez une allumette dans un tunnel noir, et cette petite flamme se verra de partout... Le noir ne peut pas envahir la lumière.

C’est un peu la même chose dans le mystère de la Rédemption. Le Satan est l’ange qui a refusé la lumière. Tout est donc sombre en lui, et il ne cherche qu’une chose : chasser la lumière.
Mais si cette lumière est en nous, par la présence du Christ, Satan n’a pas le pouvoir de la chasser ! Si, de plus, à travers le mystère de l’Assomption, un seul d’entre les hommes, en l’occurrence la Vierge, a définitivement chassé les ténèbres en elle par la puissance de la Croix et de la Résurrection qui retentit en elle, alors le Satan est définitivement vaincu. Lui qui nous accusait d’avoir une connivence avec lui par le péché est renvoyé définitivement "dans ses buts" dans la mesure où, dans l’amour, il y a une solidarité formidable entre la Vierge et nous : elle n’a de cesse que de venir à nous comme une mère et de nous protéger des assauts de l’ennemi.

* *
Écoute, ma fille :
le roi sera séduit par ta beauté.
Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant lui

Marie se dévoile ici dans sa splendeur : une femme habitée de lumière intérieure est nécessairement belle. Pas comme la dernière Miss Univers, toute parée à l’extérieur, comme une poupée Barbie, mais creuse à l’intérieur.

Marie est belle comme étaient belles Mère Teresa ou Sœur Emmanuel : des femmes qui aspiraient à connaître le Seigneur et à rayonner de son amour.

Vous multipliez la beauté de ces femmes à l’infini de DIEU, et vous n’aurez encore qu’une pâle idée de la beauté radieuse de la Vierge. De quoi séduire DIEU Lui-même, comme l’accomplissement ultime de son dessein originel. Marie est la Nouvelle Ève, celle qui a éprouvé l’amour en elle pour en manifester toute la lumière de vérité, de fidélité et de liberté.

* *
Le Christ doit régner jusqu’au jour
où il aura mis sous ses pieds tous ses ennemis

En Marie, nous voyons ce que "régner", pour DIEU, signifie : non pas exercer un pouvoir personnel et vaniteux, mais descendre au cœur des ténèbres les plus profondes du genre humain pour y faire jaillir la lumière et relever tous les hommes de leur esclavage.

« La gloire de DIEU, c’est l’homme debout », affirmait saint Irénée de Lyon au IIe siècle. C’est là tout le mystère que nous contemplons aujourd’hui.

* *
Il renverse les puissants de leurs trônes,
Il élève les humbles

Et en définitive, tout est résumé dans le Cantique du Magnificat . Depuis l’Annonciation, Marie avait compris que l’élévation irait jusqu’à l’entrée dans le Cœur de DIEU.

Mais comprenons bien : de même que le règne de DIEU n’est pas celui de la vanité, ce règne n’advient en nous qu’en venant au plus profond des ténèbres de notre orgueil pour le dissiper par sa Lumière. Cela nous demande de ne pas vivre à la surface de nous-mêmes, de ne pas croire qu’en gros, "on n’est pas si mauvais et que le bon DIEU s’y retrouvera toujours..." Ce genre de considération ne signifie qu’une chose : nous sommes bien présomptueux, et bien légers face au mystère de la Croix !

Notre problème est que nous ne sommes pas humbles !
La preuve : dès que quelqu’un nous égratigne, nous déployons des masses de scénarios pour l’écraser, ou pour ne plus le croiser, l’effacer de notre histoire. Or, loin de nous apaiser, cette énergie nous ronge de l’intérieur et nous détruit. Et nous considérons que nous sommes suffisamment magnanimes pour que le Bon DIEU n’ait pas besoin de nous visiter ? Quel aveuglement !

Non. La fête de ce jour nous invite à nous laisser saisir par Marie pour nous planter, comme elle l’a fait avec saint Jean, devant la Croix de son Fils. Ce faisant, puiser en Lui la lumière qui ne s’éteindra jamais, cette lumière qui illuminait la Vierge et qui demeure en elle pour l’éternité.

N’oublions pas que nous sera donné au Ciel ce que nous aurons cherché tout au long de notre vie : si nous avons tenu la lumière de DIEU à la périphérie de nos existences, nous ne serons pas prêts à la recevoir au moment de notre mort. Si nous l’avons cherchée en vérité en chaque chose ; si elle est déjà en nous, d’une manière ou d’une autre, elle déploiera sa clarté comme un rayon éblouissant dès que nous entrerons définitivement dans l’éternité du Père.

C’est ce à quoi nous sommes appelés.
C’est ce que la Vierge, aujourd’hui, nous manifeste dans toute la splendeur radieuse qu’elle reçoit de la Trinité, elle qui, couronnée d’étoiles , nous précède tout entière, en son âme et en son corps, dans l’éternité bienheureuse.

Magnifique perspective que, je l’espère, nous partagerons tous un jour pour notre plus grande joie.

Que le Seigneur vous bénisse,

+ Père Alain.


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