[ Salve Regina !
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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Salve Regina !

Solennité de l’Assomption de la Vierge Marie, patronne principale de la France

• Livre de l’Apocalypse 11,19a.12,1-6a.10ab
« Voici maintenant le salut,
la puissance et la royauté de notre Dieu,
et le pouvoir de son Christ ! »

• Psaume 45(44),11-12a.12b-13.14-15a.15b-16
« Écoute, ma fille, regarde et tends l’oreille ;
le roi sera séduit par ta beauté. »

• Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 15,20-26
« Frères, le Christ est ressuscité d’entre les morts,
pour être parmi les morts le premier ressuscité.

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1,39-56
« Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur »

- lire l’intégralité des textes de ce jour

- Lire l’homélie du XXe dimanche du Temps Ordinaire : “Pouvons-nous choisir le mal ?”



Voici maintenant le salut,
la puissance et la royauté de notre Dieu,
et le pouvoir de son Christ !

Nous fêtons donc aujourd’hui l’Assomption de la Vierge Marie. C’est une solennité parmi les plus importantes du calendrier liturgique, qui manifeste, en Marie, les fruits de la victoire du Christ : une victoire méritée par la croix et qui déborde jusqu’à nous par le mystère de la résurrection du Christ.
Il faudrait que nous retrouvions une véritable spiritualité de la victoire. Non pas du “triomphe” vain et prétentieux, mais de la victoire du Christ sur la mort par la Résurrection. Nous avons plongé ces 40 dernières années dans une espèce de “romantisme de la croix”, romantisme de la compassion de DIEU : on ne regarde que le mouvement de la descente de DIEU qui est venu rejoindre la brebis perdue... Oui, mais pour la ramener au bercail, et non pas se perdre avec elle ! Certains en sont venus à penser que, pour que DIEU nous rejoigne vraiment, il doit souffrir Lui-même en sa divinité, sinon, Il n’set pas “vrai”.

NON ! C’est terrible de dire des choses comme ça ! C’est d’un égocentrisme diabolique : « Je souffre, donc l’autre, pour me rejoindre, doit souffrir comme moi ! » Et ensuite ? C’est là une fausse idée de la compassion : la compassion n’est pas “je souffre avec toi” (tout ce que ça fait, c’est qu’on est 2 à souffrir... on multiplie le mal par deux... et après ?). Si je te rejoins dans ta souffrance, c’est pour qu’ensemble nous nous relevions, nous manifestions la victoire de la vie ! [1]. C’est de ne plus professer la résurrection qui fait fuir les églises ! C’est de ne plus contempler cette victoire en Marie qui nous fait ne plus voir que la souffrance, et désespérer.

Du coup, tout est pris dans le vortex affectif et narcissique qui veut que, si DIEU, la Trinité, est pure, alors elle est inhumaine... Au contraire, contempler la Trinité est un repos, qui nous permet, comme DIEU, de mieux nous incarner dans le monde, non pas uniquement pour communier à ses souffrances, mais pour le sauver ! Le monde attend les chrétiens pour ça.

Dans les années après guerre, le marxisme [2] a culpabilisé les chrétiens en leur disant que leur christianisme ne s’occupait pas des pauvres, qu’il n’était pas assez social. Alors les chrétiens ont dit : "Si ! On est social !" et tout le monde de ne plus faire que du social, et de regarder de travers ceux qui ne s’engageaient pas comme travailleur social, ouvrier ou n’avait pas sa carte du parti. Même le Concile Vatican II n’a pas évité cette tendance justificative. Alors oui, il faut s’engager dans le monde, mais pas uniquement pour “être avec ceux qui souffrent”, et ne témoigner de la résurrection que si on nous y invite. La résurrection doit transfigurer nos regards, et c’est elle qui nous fait alors entrer dans le mystère de l’Assomption de Marie. Attardons-nous un peu là-dessus.

* *
Frères, le Christ est ressuscité d’entre les morts,
pour être parmi les morts le premier ressuscité.

Le Baptême a une vertu particulière : Il nous fait participer à la résurrection du Christ, il nous fait entrer en DIEU, c’est-à-dire dans la vision béatifique de DIEU qui est tout amour. Qu’est-ce à dire ?


- Quand nous aimons, nous aimons parce que les choses sont bonnes : c’est ce que nous avons vu hier à propos de la volonté.
- Quand DIEU aime, il rend les choses bonnes. C’est tout différent !

Participer à la vision béatifique ne consiste pas à voir DIEU sur un écran géant ! [3] Participer à la vision béatifique, c’est participer au regard de DIEU sur le monde, et le rendre bon par notre regard, notre présence et notre action. Rendre toute chose bonne, en particulier celles qui ne le sont pas par elles-mêmes !

Quand Sœur Emmanuelle arrive dans les bidonvilles du Caire, personne ne les trouve bons : ce sont des morveux parqués, tout juste dignes à nettoyer les ordures de la ville. Mais elle les regarde différemment. Elle n’est pas au milieu d’eux juste pour souffrir avec eux : elle entreprend, avec eux, de regarder différemment leur avenir, leur condition. Et avec eux, elle se relève de la condition ordurière dans laquelle tous étaient condamnés. Voilà le regard de DIEU. Voilà la participation à la vision béatifique : rendre bon ce que nous regardons.

Ainsi se manifeste, par nous, la victoire du Christ. Et c’est précisément ce que nous contemplons dans la virginité de Marie, dans son exaltation dans la gloire : plutôt que de mépriser cette pureté parce qu’elle nous indispose (ce qui est un comble ! La pureté a été bannie de notre monde comme insupportable, insultante !), se réjouir de ce que DIEU ait remporté la victoire sur les ordures dans lesquelles notre péché nous a balancés. Et contempler en Marie l’accomplissement de la Parole de Vie.

* *
Heureuse celle qui a cru
à l’accomplissement des paroles
qui lui furent dites de la part du Seigneur

Stop au romantisme ! Devenons au contraire des entrepreneurs d’espérance, de foi et d’amour. Une Espérance puisée dans le mystère de l’Assomption ; Foi en DIEU qui rejaillit sur notre foi en nos frères et sœurs ; Amour qui fait le premier pas, toujours !

Pourquoi le monde est triste, désenchanté ? Parce que les chrétiens ne sont pas suffisamment joyeux ; pas suffisamment fiers de leur foi. Nous croyons naïvement qu’au boulot, en famille, en société, il faut taire notre foi ; taire notre espérance. Quel piège ! C’est aujourd’hui ou jamais qu’il faut reprendre notre bâton de pèlerin : il y a 50 ans, le marxisme nous parlait d’un progrès sans entrave ; depuis les années 90, le capitalisme ultralibéral nous fait miroiter une croissance économique infinie, avec quelques soubresauts dans la machine depuis trois ou quatre ans tout de même... ce qui fait que nos contemporains, à qui on n’a enseigné comme perspective que ce “progrès” technique pour un meilleur bien-être ne savent plus trouver de raison d’espérer. Un disciple de Marx écrivait à la fin du XXe siècle : "Marx enseignait que les philosophes, au lieu de contempler le monde, auraient dû le transformer. J’ai cru, moi aussi, à cela. Mais aujourd’hui, nous en sommes au point où il ne s’agit plus de transformer le monde, mais de le conserver...”

À bannir DIEU de notre société, nous L’avons rendue folle, et stérile. Folle de ne plus croire qu’en la toute puissance de l’homme ; folle de ne plus prendre le temps de travailler une anthropologie qui ne soit pas seulement descriptive, mais prospective ; folle de ne plus engendrer que des générations rivées sur le bien-être qu’on leur promet sans jamais pouvoir le leur offrir. Folle de ne plus croire au bonheur, mais seulement aux luttes des classes. Folle de ne plus savoir contempler, c’est-à-dire regarder les choses et les personnes pour les rendre bonnes. Folle d’attendre toujours que l’autre fasse le premier pas. Folle d’avoir réduit l’amour à un sentiment ou à l’agitation purement génitale. Folle de n’avoir plus aucun projet à offrir aux peuples qui la composent. Folle de ne plus offrir de figures nobles qui engagent leur existence pour marcher en première ligne, au lieu de vomir des discours vaniteux tout justes bons à flatter les foules qu’on ne vise qu’à distraire par des jeux et à bourrer de Coca-cola et de frites pour les faire taire.

Où sont les chrétiens mariaux ? Où est notre espérance ? Où est notre témoignage au cœur même de notre vie : notre boulot, notre sport, nos familles ? Où est notre joie ? Où est notre contribution pour sortir le monde de la démagogie mortifère dans laquelle on tente de l’endormir ?

Où sont les chrétiens qui oseront proclamer haut et fort avec saint Pual : « Frères, le Christ est ressuscité d’entre les morts, pour être parmi les morts le premier ressuscité ! » Qui parmi nous osera, demain, au travail ; ou sur le chemin de Compostelle ; ou en famille, crier cette formidable nouvelle à ceux qui sont dans leur marasme ?

Ceux qui sauront contempler Marie, qui est la première de nous tous à bénéficier de la victoire du Christ acquise sur la Croix et communiquée par sa Résurrection. Ceux qui auront appris à regarder le monde et à l’aimer, non parce qu’il est aimable, mais parce qu’il faut le rendre bon. Ceux qui auront compris que le Dragon meurtrier est déjà vaincu, l’accusateur de nos frères est rejeté, et qui auront à cœur de faire que ce monde réentende un message d’appel, sa vocation : entrer dans la vision béatifique qui seule est féconde, seule est à même de changer le monde et de le transfigurer.

« Tu te plains que le monde est mauvais ? Toi, sois bon, et le monde sera meilleur. » disait saint Augustin. Marchons là où Marie a marché, sur les pas de son Fils, et nous serons à notre tour reçus dans la Gloire où les pauvres, les plus misérables nous accueilleront les premiers avec joie.

Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ! Tu es la force de notre peuple, tu portes son espérance, Marie ! Ne nous abandonne pas, nous qui sommes dans cette vallée de larmes !

Salve Regina !

Avec mon affection fraternelle,

+ Alain DUMONT


Notes

[1Attention à l’hérésie de la compassion : c’est par “compassion” qu’on légitime la pratique de l’Euthanasie, l’Avortement... On “rejoint l’autre dans sa souffrance et on y coupe court”... parce qu’on n’arrive plus à rien espérer. On ne perçoit plus aucune victoire à l’horizon.

[2Entre autres, car il faudrait invoquer ici Nietzsche, Camus, Sartre etc.

[3C’est malheureusement la manière dont nous parlons de la “vision” : devant la “télévision” !

1 réaction


18 août 2011 14:23, par ML Courtiol

Quoi dire de plus, sinon demander plus de Foi à Celui qui nous a choisi dès le sein de notre mère, et entretenir ce joyau dans la fidélité,ce qui nous rend plus humain.

" Je sais que la grandeur de l’Homme est la fidélité. Connaissant ma faiblesse, je demande à Dieu sa grâce et m’engage à vivre en Guide Aînée porteuse de lumière. "…(cérémonial de la Parole de Feu des guides-ainées SUF)

Ultreïa !

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