[ Joseph, icône du Père Éternel
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
http://saintsymphorien.net/Nouvel-article,445

Joseph, icône du Père Éternel

• Livre d’Isaïe 7,10-14
« Le Seigneur lui-même vous donnera un signe. »

• Psaume 24(23),1-2.3-4.5-6
« Qui peut gravir la montagne du Seigneur ?
L’homme au cœur pur, aux mains innocentes »

• Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 1,1-7
« Moi Paul, serviteur de Jésus Christ,
appelé par Dieu pour être Apôtre...
Vous les fidèles qui êtes,
par appel de Dieu, le peuple saint. »

• Évangile de Jésus-Christ
selon saint Matthieu 11,2-11
« Joseph, fils de David, ne crains pas
de prendre chez toi Marie, ton épouse »

- lire l’intégralité des textes de ce jour



Joseph, fils de David, ne crains pas
de prendre chez toi Marie, ton épouse

Une fois n’est pas coutume, commençons par l’Évangile.

Joseph est une figure essentielle pour nous préparer à entrer dans le mystère de la Nativité du Seigneur. Pourquoi ? Parce qu’il nous montre qu’on ne peut accueillir ce mystère que dans une totale désappropriation de soi.

Il n’est pas encore l’époux de Marie, il n’est pas le père de l’enfant à naître dont il ne choisira même pas le nom... DIEU l’appelle à un dépouillement absolu, avec une délicatesse désarmante : « Ne crains pas ! »

On ne saurait venir à DIEU avec des certitudes ou des revendications : “si DIEU existait, il devrait être comme ceci, il ne devrait pas y avoir cela...” Imaginez que quelqu’un vienne à vous et vous dise :« Sois comme cela, sans quoi, tu n’existes pas pour moi ! » La chose, malheureusement, n’est pas si rare... et la raison en est simple : en obligeant l’autre à être comme nous désirons qu’il soit, cela nous évite de changer nous-mêmes. C’est une forme d’asservissement de l’autre pour que le monde continue à tourner autour de nous, comme des satellites gravitant autour de notre petite personne.

Or le mystère de Noël nous prend à contre-pied : DIEU n’est pas un satellite. Il est le centre de gravitation, et c’est à nous de rester dans son giron pour avoir part à son mystère. Parce que c’est le seul moyen pour que nous nous ouvrions à la réalité qui nous dépasse de toute part et qui, pourtant, nous est offerte. Mais voilà, il nous faut accepter de nous désapproprier de nous-mêmes...

Il ne s’agit pas de renoncer à soi, de nous renier, de nous dénier... Au contraire ! Mais nous ne serons jamais nous-mêmes qu’en nous recevant d’un autre que nous-mêmes. C’est cela, la foi. C’est cela, l’âme de toute religion. Et la bande d’individualistes dégénérés que notre culture occidentale produit ne comprendra jamais cela. Seuls découvrent le mystère de la vie ceux qui laissent DIEU les désapproprier d’eux-mêmes pour être tout à DIEU et voir le monde avec les yeux de DIEU.

* *
Qui peut gravir la montagne du Seigneur ?
L’homme au cœur pur, aux mains innocentes

C’est exactement ce à quoi nous invite le Psalmiste. Il faut avoir été travaillé par le Seigneur pour pouvoir chanter ainsi et inviter à la rencontre de DIEU !

Qu’est-ce que l’homme au cœur pur ? Non pas celui qui a des valeurs morales, mais celui qui accepte d’être dépouillé de lui-même pour que les autres vivent. À celui-ci se découvre le Mystère de DIEU.

* *
Moi Paul, serviteur de Jésus Christ,
appelé par Dieu pour être Apôtre...
Vous les fidèles qui êtes,
par appel de Dieu, le peuple saint

Comment Paul a-t-il été appelé ? Lui qui était fort de ses certitudes, de son savoir acquis auprès du grand Maître de la Loi, Gamaliel ? Il a été désarçonné sur la route de Damas par l’appel de DIEU. Il est demeuré aveugle plusieurs jours, lui qui se croyait dans la lumière de la Torah. DIEU lui a permis de se désapproprier de son savoir, de sa suffisance pour accueillir un Mystère plus grand, plus haut, plus vaste, où il fait bon respirer à pleins poumons.

Et il le dit fort bien : être un fidèle de DIEU ne passe pas par un autre chemin que celui de l’appel à la sainteté, qui ne passe pas par un autre chemin que celui de la désappropriation de soi.

* *
Simple délire moralisateur
ou mystère d’accomplissement ?

Le Mystère de Noël n’est pas autre chose que l’invitation divine au voyage. Saint Paul le dit avec force dans l’épître aux Philippiens : en son Fils, DIEU s’est vidé de sa substance (ce que la théologie nomme la kénose), Il s’est désapproprié de sa divinité pour être pleinement homme, pour nous rencontrer au plus intime de nous-mêmes. Ce faisant, il n’a pas cessé d’être DIEU ; Il ne s’est pas renié Lui-même. Au contraire, dans cette kénose, Il s’est manifesté dans la plénitude de son Être divin... Mystère des mystères qui se dévoile à Noël, tout comme, à l’autre extrémité de la vie du Christ, à la Croix.

* *
Retour à Joseph,
icône du Père Éternel

Mais encore : à Noël, DIEU se fait petit enfant, mais se révèle aussi pleinement Père !

En effet, je me souviens, il y a quelques années, d’un de mes filleuls qui m’avait profondément échauffé le jour où, à 15 ans, il avait dit à son père : « J’ai le droit ! » Intérieurement, je me suis dit : « Espèce de petit merdeux ! (et oui...) Ton père a renoncé à tous ses droits pour toi, et tu lui balances à la figure tes petites revendications de prétentieux mal dans ta peau ! »

Car enfin, qu’est-ce qu’un père ? Qu’est-ce qu’une mère ? Sinon celui qui accepte de renoncer à tout pour être tout à l’autre, tout à ses enfants, gratuitement, pour qu’ils grandissent et se déploient dans le mystère de l’amour ?

Eh bien, nous revoici devant Joseph, qui est comme l’icône du Père éternel. Appelé à la désappropriation de lui-même pour accueillir Celui qui se désapproprie de sa divinité pour devenir pleinement homme et nous sauver de notre suffisance, de notre péché. À travers ce dépouillement même, découvrir la figure du Père qui renonce à tous ses droits pour nous laisser l’espace où nous pourrons grandir pleinement, nous accomplir, répondre à notre vocation profonde.

Voilà à quoi l’on reconnaît en Joseph le véritable juste, l’homme au cœur pur, aux mains innocentes, qui ne livre pas son âme aux idôles et ne fait pas de faux serments . Achaz, lui, avait refusé ce dépouillement. Il est, en quelque sorte, l’anti-Joseph. Aussi, le fils sauveur, l’Emmanuel, resterait-il promis au peuple, mais Achaz ne le verrait pas.

Il faudra attendre Joseph. Mais seuls ceux qui accepteront de marcher sur ce même chemin trouveront la crèche, au soir de Noël. Les autre passeront, ils entendront peut-être des chants, mais resteront étrangers à la révélation d’un DIEU qui, pourtant, ne cessera jamais de les appeler et de les attendre, parce que c’est un DIEU Père qui sait renoncer à tout pour que ses enfants aient la vie, et la vie en surabondance.

Joyeuse marche vers Noël !

Avec mon affection fraternelle,

+ Père Alain.


Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Dans l'Eglise

Diocèse d'Autun

Pastorale du Tourisme du diocèse d'Autun

RCF Parabole

Eglise de France

Nouvelles du Vatican

Suivre le Pape François avec L'Osservatore Romano

Zenit, le monde de Rome


(|non)]