[ Aimer DIEU avec ses entrailles
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
http://saintsymphorien.net/Nouvel-article,535

Aimer DIEU avec ses entrailles

• Livre de Jérémie 20,7-9
« Il y avait en moi comme un feu dévorant,
au plus profond de mon être. »

• Psaume 62,2,3-4,5-6,8-9
« Dieu, tu es mon Dieu,
je te cherche dès l’aube :
mon âme a soif de toi »

• Lettre de saint Paul Apôtre
aux Romains 12,1-2
« Je vous exhorte à offrir votre personne
et votre vie en sacrifice saint,
capable de plaire à Dieu. »


• Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16,21-27
« Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant. »

- lire l’intégralité des textes de ce jour



Il y avait en moi comme un feu dévorant,
au plus profond de mon être


Phrase admirable, qui appartient aux saints... donc à nous tous ! Vous entendez ? DIEU n’est pas dans l’intellect : Il est dans les entrailles, dans les viscères. Or nous ne transmettons que ce que nous avons dans nos viscères ! Tout le reste est vain. Ou tout au moins, n’est que de l’ordre des moyens.

Galilée de ce point de vue, est le premier qui ait formulé l’aveuglement de la prétention humaine : avant lui, on croyait que le réel était dans les couleurs, dans le son, dans le goût... bref, dans les sens. Jusqu’à ce qu’il pose le postulat selon lequel tout cela n’existait pas ; que seule existait la géométrie et que tout pouvait se résumer à cette géométrie. Plus tard allait venir Descartes et sa fascination pour la mathématisation du réel... Et la grande quête des Lumières et des Sciences pouvait s’emballer. S’emballer, parce que les sciences, désormais, pouvaient avancer en mettant de côté deux réalités qui, jusqu’alors, limitaient son expansion : l’homme et DIEU.

Tout est alors passé au niveau de la tête. Sont nées les premières idéologies, les premiers grands “systèmes” de pensée, totalisants. Tout cela basé sur un aveuglement premier gravissime : on a pensé qu’en laissant les sciences prendre le pouvoir, on allait rendre l’homme meilleur... On a pensé que plus l’homme pourrait maîtriser la nature, plus il serait maître de lui-même... On a pensé que plus il se réfugierait dans sa tête, et plus il serait sage... On a pensé que tout ce qui était de l’ordre des sens, des sensations était méprisable, puisque non mesurable...

Résultat ? Oui, les sciences ont avancé, mais l’homme n’a pas grandi. Pire : à mesure qu’il se donnait des jouets de plus en plus performants, sophistiqués et virtuels, plus il oubliait son corps, il oubliait ses entrailles, il oubliait la poésie, il oubliait les couleurs, les sons, le goût... bref, il reléguait peu à peu la source de la vraie vie sur la touche, pour jouer seul sur un terrain désormais sec, sombre et d’une violence que nulle règle ne pouvait plus contenir.

Jérémie, donc, nous rappelle aujourd’hui que ce qui fait vivre un homme, ce qui lui fait éprouver qui il est en vérité, ce qui donne un sens à sa vie, ce qui lui fait traverser l’existence, souffrir pour elle, se livrer pour elle. Oui, la vie fait mal, mais c’est parce qu’elle nous résiste, et nous résistant, nous fait aller au-delà de nous-mêmes ; nous fait nous dépasser.

DIEU a besoin d’hommes qui soit des prophètes au entrailles de feu ! Voilà ce qui ramènera le cœur des jeunes vers DIEU, pour une meilleure connaissance d’eux-mêmes, pour un avenir proprement humain, fait de chants, de poésie, de sensibilité, d’exaltation... et, au milieu de tout cela, d’intelligence, de rationalité et de sagesse. L"un et l’autre. Jamais l’un sans l’autre.

* *
Dieu, tu es mon Dieu,
je te cherche dès l’aube :
mon âme a soif de toi


Voilà une parole que Jérémie a dite tous les matins ; qu’Israël redit tous les matins ; que l’Église redit tous les matin.

Chercher DIEU, c’est chercher la vie. Chercher, non à la virtualiser, mais à la laisser nous opposer ses limites pour que nous puissions nous dépasser, aller au-delà de nous-mêmes ! C’est cela, « chercher DIEU » !

Oubliez cela, et votre vie se terrera dans un esclavage du monde, de ses lois et de sa violence sans autre horizon que lui-même. Oublier DIEU, c’est regarder le monde à partir de sa vérité géométrique. Chercher DIEU, c’est se regarder à partir de la vérité viscérale de la Vie, avec un grand “V”.

Quand on a compris cela, saint Paul ne nous surprend plus.

* *
Je vous exhorte à offrir votre personne
et votre vie en sacrifice saint,
capable de plaire à Dieu


« Offrir sa vie »... Cela fait peur, et pourtant, nous n’attendons que cela ; nous n’espérons que cela ; nous ne vivons que pour cela : rencontrer quelqu’un à qui pouvoir offrir notre vie... en sacrifice.

Quand on reste dans la tête, on ne comprend pas cela. L’intelligence tournée sur elle-même est profondément égoïste, parce que profondément jouissive et possessive. L’intelligence remise à elle-même absorbe tout dans son monde d’intellect où nulle limite n’existe plus : dans le monde virtuel, on peut voler, virevolter, jouer aux “ninjas” sans jamais s’être entraînés... On peut aussi tuer, se vouer aux puissances de mort... toujours sous l’aspect du jeu intellectuel, qui me fait oublier la vraie vie en me faisant oublier de m’offrir.

S’offrir en sacrifice saint, c’est tout simplement revenir à nos entrailles ; revenir au réel qui, en même temps qu’il s’oppose concrètement à nous, nous offre de découvrir la profondeur de notre mystère. S’offrir en sacrifice saint, c’est aimer l’effort contre le confort. C’est ne pas attendre que le monde se mette à notre service, mais se mettre au service de la vie, paradoxalement marquée par la mort.

C’est ce que va devoir comprendre Pierre, en suivant Jésus jusqu’au bout du paradoxe de sa vie livrée en sacrifice saint, sur la Croix.

* *
Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant


Pierre a raison : Jésus est le Messie. Cela vient d’une inspiration divine, car nul ne peut reconnaître le Messie avec les seules lois de la géométrie du monde. Seulement voilà : là aussi il y a un piège : faire du Messie une idéologie, une idolâtrie au service du bien-être auquel on donne le nom de “paix”.

Or rappelons-nous ce principe fondamental : le bien-être ne rend pas l’homme meilleur ! Ce qui rend l’homme meilleur, c’est lorsqu’il se dépasse, lorsqu’il va au-delà de ses peurs, de ses angoisses, et qu’il fait le pari de la vie offerte. Nous sommes là au cœur de l’amour ! L’amour est un dépassement, l’amour est une folie aux yeux du monde, parce qu’il nous pousse au risque ! Pire ! L’amour nous sort de la rationalité pour nous faire descendre aux entrailles !

Ici, nul mot ne décrit plus rien... Il y faut de la contemplation, du silence, parfois même des larmes et de la souffrance. Pourquoi croyez-vous que les plus grands poètes ont été ceux qui ont le plus souffert ? Enlevez les larmes, et la vie perd toute saveur, tout romantisme, tout élan. Parce que le but des larmes n’a jamais été de nous enraciner dans la douleur ; au contraire, celui qui sait pleurer sait que la vie est au-delà des larmes ; sait que la vie est plus forte que la mort ; qu’il y a un bonheur qui doit s’éprouver dans l’effort de vivre là où les lois géométriques, calculatrices, sont rendus à leur impuissance la plus obvie.

Pierre reconnaît dans sa tête que Jésus est le Messie. Seules ses larmes l’ouvriront à la réalité que l’Esprit Saint vient de lui inspirer. Qu’il cherche à les éviter, et c’est Satan qui prend la place de l’Esprit.

La leçon vaut pour nous. Qui est le Messie que nous suivons ? Celui qui nous apportera la paix du bien-être ? Mais Jésus lui-même nous dit : « Je vous laisse ma paix, non pas comme le monde la donne, mais comme MOI, je la donne. » Non pas la paix géométrique, mais la paix qui s’est gagnée au cœur d’un combat viscéral, non pas idéologique. Un combat contre soi-même. Un combat qui se mène, non parce que j’ai raison, mais précisément parce que j’ai tort : tort de ne compter que sur moi-même ; tort de me vouer aux lois du monde ; tort de tout totaliser dans ma tête pour obliger les autres à se plier à mes idées, qui sont des pensées des hommes, et non des pensées de DIEU.

Que nos apprend l’Eucharistie ? Que tout se résume dans cette offrande sainte, viscérale : « Ceci est mon corps livré pour vous ; ceci est mon sang versé pour la multitude. » Nulle autre parole n’est ici nécessaire : elle seule apporte la véritable paix, parce qu’elle seule ouvre les portes de la véritable Vie. Non pas une vie géométrique, confortable et mondaine, mais une vie de feu, dans l’effort et pour redonner à la création ses couleurs, ses sons, son goût unique qui nous est révélé dans le mystère des Noces éternelles de l’Agneau.

Avec toute mon affection fraternelle,

+ Père Alain


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