[ Voici que moi, j'établis mon alliance avec vous
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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        Voici que moi, j’établis mon alliance avec vous

Voici que moi, j’établis mon alliance avec vous

• Livre de la Genèse 9,8-15
« Voici que moi, j’établis mon alliance avec vous »

• Psaume 25(24),4bc-5ab.6-7bc.8-9
« Rappelle-toi, Seigneur,
ton amour qui est de toujours »

• Première lettre de saint Pierre Apôtre 3,18-22
« Huit en tout, furent sauvées à travers l’eau »

• Évangile de Jésus-Christ
selon saint Marc 1,12-15
« Les temps sont accomplis »

- lire l’intégralité des textes de ce jour



Voici que moi, j’établis mon alliance avec vous


Voilà notre force. Voilà le point de départ de l’expérience religieuse judéo-chrétienne : Dieu a établi avec nous une alliance.

Quand on vit dans un pays loin de tout conflit, on se demande bien à quoi sert une “alliance”... Ce qui est un comble, parce que si nous sommes aujourd’hui en paix, c’est précisément parce que les Nations allemande et française ont su, à l’instigation de hauts diplomates chrétiens — n’en déplaise à ce pauvre M. Chirac —, après deux guerres assassines, établir une alliance de paix, et l’étendre à toute l’Europe.

Les premiers chapitres de la Genèse, jusqu’à Noé, rapportent une expérience essentielle : laissé à lui-même, l’homme est marqué par le péché et contribue à la prolifération du mal. Mais flirter avec le mal, c’est l’invoquer, et se mettre à sa merci jusqu’à ce qu’il s’en retourne contre vous... Flirter avec la mort, c’est prendre le risque que la mort se prenne au jeu et nous emporte. C’est ce que le déluge signifie : l’homme n’est pas tout puissant, et les forces du mal avec lesquelles il joue finissent par déferler sur lui.

Non cependant sans que DIEU ne le permette.
C’est ce qui signifie que le texte dise : « Je supprimerai ». Ce qui est très rassurant, parce que si c’est DIEU qui, en toute justice, supprime, on peut toujours espérer sa miséricorde. Si c’était le mal qui agissait par lui-même, aucun espoir ne serait permis !

De fait, nous dit le texte : un homme juste suffit pour toucher Dieu, de sorte que Dieu ne peut pas se résoudre à “tout” détruire. DIEU n’est pas dans la toute-puissance. Il n’est pas velléitaire : quand il se “repent” d’avoir créé l’homme, ce n’est pas une lubie ou un caprice... C’est vraiment que la VIE n’est plus respectée, et cela, DIEU ne le tolère pas.

Donc DIEU sauve le juste qui, lui, respecte la VIE et se garde du mal. Et à travers le juste, DIEU, sauve toute la création [1]

Seulement voilà : comment faire pour que le premier schéma ne se répète pas interminablement ? Un seul moyen : que DIEU entre dans l’histoire sérieusement, c’est-à-dire par un contrat.

Ici apparaît un pas phénoménal dans l’histoire des religions : c’est toute la conception religieuse de l’Antiquité qui est renversée. Si les dieux sont dans leur monde et les hommes dans le leur, alors la création est perdue. En revanche, si DIEU décide d’entrer en relation avec l’homme, par l’Alliance, et donc d’accompagner l’homme dans l’apprentissage de la VIE, alors la création peut être victorieuse des forces du mal et de mort.

* *
Rappelle-toi, Seigneur,
ton amour qui est de toujours


C’est précisément parce qu’il a conscience que, laissé à lui-même, il est perdu que le psalmiste invoque l’Alliance du Seigneur. Comme pour se rassurer au cœur de l’épreuve, et retrouver courage dans le compagnonnage de DIEU : Puisque je crois au DIEU de l’Alliance, le mal ne peut l’emporter sur moi !

Nous sommes là au cœur de la foi biblique, qui devrait inspirer chacune de nos prières, comme l’Église s’en inspire dans les siennes au cours de la liturgie communautaire.

* *
Huit en tout furent sauvées à travers l’eau


Nous entrons ici dans l’importance des signes [2].

C’est bien d’avoir posé le principe du salut de DIEU, de l’Alliance. Mais encore faut-il que ce principe s’inscrive dans un langage, qui ne peut être que celui des signes qui sont le langage de la VIE. Car la VIE ne parle pas avec les mots du monde.

L’eau déferlante, traditionnellement dans l’Antiquité, est un signe de mort : incontrôlable, quand elle se déchaîne, l’homme est sa première victime. Qu’à cela ne tienne. Il ne s’agit pas pour DIEU d’éliminer l’eau, mais de permettre à l’homme de traverser ses furies. Mais ce faisant, que l’homme se souvienne qu’il ne doit son salut que grâce à l’Alliance que DIEU inscrit dans l’histoire.

Et ce signe de déferler à son tour sur toutes les situations menaçantes auxquelles l’homme est affronté. Si je sors vainqueur des combats que j’ai à mener, c’est grâce à l’Alliance de DIEU qui me rappelle sa présence pour que jamais je n’entre en compromission avec le mal, de quelle sorte qu’il soit.

C’est tellement vrai, tellement fort qu’il suffit de regarder le monde qui prétend vivre sans DIEU ! On le reconnaît dès qu’il prétend pouvoir ôter la Vie par compassion, ou interdire la venue à la Vie pour la même raison. On le reconnaît dès que l’argent devient son maître et déferle sur lui alors qu’il a pensé pouvoir jouer avec lui dans les années 80 [3]

* *
Les temps sont accomplis


C’est donc face à ce déferlement que se place Jésus, à commencer par le signe du baptême. Il traverse les eaux, comme il marchera sur les eaux un peu plus tard.

Sa présence marque l’accomplissement de l’Alliance posée avec Noé, non plus seulement pour un peuple élu, mais pour tous les hommes. Car tous les hommes sont menacés par le déferlement des eaux. Tous les hommes ont besoin qu’un signe de VIE leur soit donné pour qu’ils se souviennent que DIEU ne reste pas dans son monde divin mythologique, mais construit l’histoire avec l’homme, avec tout homme, pour que la VIE triomphe.

Voilà notre joie. Voilà l’épreuve que nous traversons joyeusement avec Lui pour être un signe de VIE pour le monde entier. Et voilà ce que nous célébrons dans l’Eucharistie de ce premier dimanche de Carême.

Encore un très bon et très joyeux carême à tous,
avec mon affection fraternelle,
+ Père Alain


Notes

[1C’est là une dimension cosmique de la foi que les Catholiques ont du mal à intégrer, à l’inverse de leurs frères et sœurs orthodoxes.

[2Le chiffre 8 se réfère à Noé et ses fils Sem, Cham et Japhet et leurs femmes respectives (Cf. Gn 7,13)

[3On a cru, dans les années 80, qu’on pouvait jouer avec l’argent. Hier encore, des étudiants de l’ENA expliquaient à un jeune prêtre de leurs amis que les déficits n’étaient jamais “que des chiffres”, que ça n’était “pas réel”... On a quitté la gestion “de bon père de famille” comme on l’appelle en la prenant de haut, en affirmant qu’il fallait savoir s’endetter pour voir loin. Et on en a voulu toujours plus, et on augmentait le pouvoir d’achat pour pouvoir acheter tout et n’importe quoi, on nationalisait, on embauchait à tour de bras pour rehausser le niveau de vie de tous, disait-on... On a créé les besoins là où ils n’existaient pas. Et le déluge est arrivé. Je vous mets le tableau de l’expansion de la dette publique en France pour vous en convaincre :

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Il faut relire le texte de Charles Péguy sur L’argent. Il reste d’une frissonnante actualité.

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