[ On demande des intercesseurs !!!
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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On demande des intercesseurs !!!

Homélie du 24e dimanche ordinaire de l’année C (12 septembre 2010)

• Livre de l’Exode 32,7-11.13-14
« Ils n’auront pas mis longtemps
à quitter le chemin
que je leur avais prescrit ! »

• Psaume 51(50),3-4.12-13.17.19
« Pitié pour moi, mon Dieu,
dans ton amour,
selon ta grande miséricorde,
efface mon péché. »

• Première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 1,12-17
« Le Christ Jésus est venu dans le monde
pour sauver les pécheurs »

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 15,1-32
« Ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ;
il était perdu, et il est retrouvé ! »

- lire l’intégralité des textes de ce jour



Ils n’auront pas mis longtemps
à quitter le chemin
que je leur avais prescrit !

Il faut être reconnaissant à nos pères dans la foi de ne pas avoir fait de l’histoire sainte une histoire de héros, des épopées pleines de sentiments à la rose ! Ils n’avaient pas honte. Ils étaient coupables ; ils plaidaient coupable ; et ils imploraient le pardon.

Or notre époque a une peur panique qu’on découvre qu’elle n’est pas parfaite... Toute notre énergie consiste à peaufiner une image de nous-mêmes complètement lisse, huileuse, insaisissable... Dès lors, pourquoi demander pardon ?

Or nous savons tous que nous sommes pécheurs ! Nous savons tous que, comme les hébreux, nous ne mettons pas longtemps à quitter le chemin du Seigneur !
Et la seule chose qui nous angoisse, c’est qu’un jour, quelqu’un découvre que notre cœur est rugueux, d’autant plus plein d’aspérités que nous n’aurons pas travaillé à les combler, mais seulement à les cacher... Nous sommes effrayés à la simple idée de l’échec... Et la société se charge si bien de nous rappeler que, si nous ratons quoi que ce soit, c’est que nous sommes des “ratés” ! Quelle tristesse !

Nous nous interdisons tout simplement d’être heureux. Nos relations deviennent insipides, "mondaines" comme on dit : nous n’osons plus parler de nous, alors nous parlons des autres, de leurs échecs à eux, de leurs erreurs, avec des "Oh !!!", avec des "Ah !!!", des "Je l’avais bien dit !"... Quelle misère !

Nous interdisons surtout l’amitié, qui est la connaissance de nous-mêmes livrée à l’autre dans toute notre vulnérabilité, dans l’assurance éprouvée que l’autre nous recevra tels que nous sommes, sans nous juger.

Car la difficulté est là : nous avons peur du jugement !

La nouvelle idole vénérée en ce XXIe siècle est celle de la justice. « Pas vu, pas pris ! », mais si tu es vu, gare à toi !!!!! Alors nous épuisons notre énergie à ne pas être pris...

Mais nous interdisons surtout aux autres de pouvoir nous aimer, de pouvoir prier pour nous. Les psychologues peuvent se frotter les mains : leurs cabinets ne se videront pas de si tôt... Il paraît que les Français sont les champions du monde des antidépresseurs. Pitié Seigneur !

Regardez Moïse : le peuple a péché gravement. Il mérite la sanction de la justice, et c’est DIEU qui s’en fait le porte-parole. Mais réfléchissons. De la même manière que pour Abraham devant Sodome et Gomorrhe, si DIEU voulait se contenter d’appliquer la justice, Il n’avait pas besoin d’en parler à Moïse.

Il parle à Moïse comme on parle à un ami, nous dit ailleurs le Livre des Nombres. Et c’est pour que Moïse, en vrai chef de son peuple, plonge dans la miséricorde.

Ainsi, DIEU nous révèle à tous que là où la justice devrait frapper aveuglément, avec toutes les justifications possibles et imaginables, elle ne serait que le parangon de l’injustice ! La véritable justice appelle la voix de la miséricorde, ce qui est le cœur même de l’histoire sainte, où DIEU nous apprend qu’il remet entre nos mains la voix de la miséricorde qui crie vers DIEU : Kyrie eleison ! 

Et nous, aujourd’hui, nous osons nous demander à quoi sert la prière ? Nous nous regardons les uns les autres avec tellement d’extériorité, tellement de mondanité que nous ne voyons pas pourquoi nous prierions les uns pour les autres, sauf dans des cas de maladies ou de situations extrêmes... Mais pourquoi attendre ces situations extrêmes, alors que nous savons pertinemment que le monde, qui cache ses échecs en clamant haut et fort qu’il a des solutions pour tout, est malade de son injustice ???

Nos anciens, eux, étaient plus sages, et plus humbles que nous, qui osaient faire monter vers le Seigneur une prière d’appel à la miséricorde, comme le psaume que nous avons entendu ce dimanche.

* *
Pitié pour moi, mon Dieu,
dans ton amour,
selon ta grande miséricorde,
efface mon péché

Celui qui a écrit ces versets est une vrai fils d’Abraham, un vrai fils de Moïse, et en définitive un vrai Fils de DIEU : un intercesseur.

Plus encore : il est un ami de DIEU, un ami des hommes. Car il connaît son cœur, et il connaît le cœur de ses frères et sœurs. Il ne se laisse pas berner par des litanies démagogiques qui veulent faire croire que "tout le monde il est bon, tout le monde il est gentil".

Et ce faisant, il nous rappelle l’URGENCE de la prière pour le monde. L’Église l’a bien compris, qui ne cesse, à travers la prière de ses fidèles, relayée par la prière des moines, des religieux et des prêtres, de faire monter vers DIEU la prière des psaumes, chaque jour.

Vatican II nous demande de prendre au sérieux cette mission : prier n’est pas facultatif. Faire retentir le cri des psaumes n’est pas facultatif ! Il en va de la véritable justice, qui est indissociable de la miséricorde.

* *
Le Christ Jésus est venu dans le monde
pour sauver les pécheurs

Magnifique affirmation de saint Paul qui, le premier, se sait pécheur, donc se sait sauvé. Et il sait que les hommes sont pécheurs, comme lui. Et que comme lui, ils ont besoin que le Christ les sauve en faisant monter vers le Père la voix de la miséricorde ! La miséricorde est le sceau de toute la vie du Christ : cloué sur la croix, il crie vers le Père : «  Père, pardonne-leur ! Ils ne savent pas ce qu’ils font !  » Il est le Nouveau Moïse.

Paul, lui, vénérait la Loi, la Torah ; mais à force de vouloir faire régner la justice, il en était devenu injuste, persécuteur, blasphémateur ! Et voilà que sa rencontre avec le Christ avait fait de lui un apôtre, et un intercesseur.

Ainsi s’accomplissait en lui sa stature de fils d’Abraham, fils de la Loi de Moïse, Fils de DIEU par Jésus Christ, l’Intercesseur par excellence, le JUSTE, qui offre sa vie pour que la voix de la miséricorde soit inscrite irréversiblement dans l’histoire des hommes ! Et ainsi les sauver...

C’est tout le mystère eucharistique que nous célébrons aujourd’hui : le Christ, en son corps crucifié, est la Miséricorde incarnée qui monte vers le Père, selon la vocation même de tout homme que DIEU rend participant au salut. Oui, DIEU est miséricordieux, mais il l’est PAR NOUS ! C’est du sérieux !

* *
Ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ;
il était perdu, et il est retrouvé !

Dans le fond, tout est là. Le frère aîné était un fils de la Loi : son frère est parti, il a tout dilapidé, donc en toute justice, il doit assumer la conséquence de ses actes, comme on dit. Le fils aîné a toutes les bonnes justifications ; en rigueur de droit, c’est lui qui a raison ! Comme nous, très souvent.

Mais voilà que nous sommes chrétiens, et que cela change tout ! Inverse tout ! Là où la justice nous donne le droit de contrer nos adversaires, le Christ nous intime la mission de prier pour eux. Pourquoi ? Parce qu’ils sont marqués par le péché, et que, pour eux, en Jésus, le Père nous met à l’épreuve : serons-nous comme Moïse ou comme le fils aîné de la parabole ? La réponse n’appartient qu’à nous.

Mais pour répondre, on peut aussi se rassembler. Et c’est le but des soirées de prière que la paroisse va mettre en place désormais.

* *
Les soirées de prière
de la Paroisse Saint-Symphorien

Quand on a pris conscience que le monde avait besoin qu’on intercède pour lui, qu’on fasse monter vers le Père la voix de la miséricorde, comment peut-on encore dire qu’on n’a “pas le temps de prier” ? “Pas le temps d’intercéder” ? Que d’aller “bêcher mon jardin”, ou de “m’occuper de mon gigot”, et même de mes enfants, de mon mari ou de ma femme, est beaucoup plus important que de prier pour le monde ?

Il faut le faire, certes ; mais il faut aussi, et en premier, faire retentir la voix de la miséricorde et la faire monter, par le Christ, auprès du Père. L’Église le fait depuis 2000 ans, et nous demande de poursuivre cette œuvre de salut. C’est notre premier travail de chrétien !

C’est ainsi que certains d’entre vous ont pris l’initiative de proposer des soirées de prière en communauté, tous les quinze jours, le jeudi, de 20h30 à 21h30. J’espère nous y voir nombreux, parce qu’elles nous permettront de revoir nos priorités chrétiennes quotidiennes.

Soyons en sûr : le monde a besoin d’intercesseurs, et DIEU nous en confie la charge. Que lui répondrons-nous cette semaine ?... et les semaines qui suivront ?

Avec toute mon affection fraternelle,

+ Père Alain


1 réaction


4 novembre 2010 19:23, par VERO

Tout à fait d’accord et des Eveilleurs !

Se rassembler et présenter à Dieu, des prières d’intercession, je trouverais cela important.

Etre des intercesseurs dans notre prière au quotidien , aussi nécessaire.

Pourquoi pas se rassembler via "internet" puisque certaines églises ne réagissent pas ou n’ont pas envie de se "mouiller" ?

Qu’en pensez-vous ?

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