[ Pourquoi le troisième serviteur n'a-t-il pas fait fructifier son talent ?
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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Pourquoi le troisième serviteur n’a-t-il pas fait fructifier son talent ?

Homélie du 33e dimanche du Temps Ordinaire (A)

Livre des Proverbes 31,10-13.19-20.30-31
« La femme vaillante, qui donc peut la trouver ? »

Psaume 128(127),1-2.3.4-5c.6a
« Voilà comment sera béni
l’homme qui craint le Seigneur :
Ta femme sera dans ta maison
comme une vigne généreuse,
et tes fils, autour de la table,
comme des plants d’olivier
et tu verras les fils de tes fils. »


Première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 5,1-6
« Le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25,14-30
« Un homme, qui partait en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens.
À l’un il donna une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul, à chacun selon ses capacités. »


- lire l’intégralité des textes de ce dimanche




J’aime assez, je l’avoue, la séquence des lectures de ce dimanche. Elles sont assez surprenantes à première vue, mais à bien les considérer, elles nous livrent bien des lumières.

Commençons par l’évangile, une fois n’est pas coutume. D’un point de vue très pratique, le Talent correspond à environ 26 kg d’argent. Donc le premier serviteur en reçoit environ 130 kg, le deuxième environ 50 kg et le troisième, donc, 26 kg. Mais là n’est pas la pointe de la parabole. Ce qui importe, c’est que chacun reçoive la garde de ces biens selon ses capacités. Capacité à quoi ? À faire fructifier le bien reçu.

Il y a là une grande sagesse. On n’est pas dans des calculs idéologiques pseudo-égalitaires qui imposeraient que chacun, quel qu’il soit et quoi qu’il fasse, reçoive la même somme d’argent [1]. Le Seigneur connaît ses serviteurs, et leur donne selon ce que chacun peut gérer. Donc si le troisième serviteur n’a pas fait fructifier le bien reçu, c’est qu’il a refusé de le faire fructifier. En aucun cas cette gérance était hors de ses capacités. Maintenant, c’est vrai qu’il a eu peur. Et une peur panique, semble-t-il. Mais d’où lui est venue cette peur ? C’est là que la liturgie nous suggère une piste pour le moins intéressante. Laissons donc la liturgie nous éclairer et nous dévoiler ce qui a manqué à ce serviteur pour vaincre sa peur, alors qu’il avait la capacité voulue pour faire fructifier le bien qui lui était confié.

* * *

Ce qui lui a manqué, c’est tout simplement d’écouter sa femme !. Car la femme que l’homme écoute, nous dit le Livre des Proverbes, est source de sagesse : tout le monde fait son éloge. Et l’homme qui écoute sa femme manifeste par là qu’il craint DIEU et, par voie de conséquence, fait preuve envers sa femme du premier acte d’amour, fondateur de tous les autres. Car si DIEU a donné un talent à tout homme, un "talent" essentiel, pourrait-on dire, c’est d’être Gardien de l’amour qui fait le premier pas. De la même manière que DIEU fait toujours le premier pas dans l’Alliance [2], Il confie à l’homme le talent de toujours faire le premier pas dans l’amour, ce premier pas dont la femme a besoin pour exercer le talent que DIEU lui dévolue : être Gardienne de la Sagesse.

Une femme dont le mari sait faire le premier pas dans l’amour à l’image de DIEU qui fait le premier pas dans l’amour ; une telle femme fera elle-même fructifier son talent avec bonheur. Pourquoi ? Parce qu’une telle femme, telle la femme vaillante de Pr 31, saura se mettre tout entière au service de la Vie ; au service des siens ; non pas enfermée dans sa maison, puisqu’elle sait traiter les affaires avec vigueur [3], mais quoi qu’il arrive, ce sera toujours au service de la vie. Non pas parce qu’elle est en elle-même valeureuse, mais parce qu’elle se sait écoutée par son mari.

Lorsqu’il se trouve devant une mission devant laquelle il se sent démuni — comme recevoir d’un coup 130 kg d’argent fin à gérer —, alors la Bible nous apprend qu’à un tel homme craignant DIEU et sachant donc faire toujours le premier pas dans l’amour auprès de sa femme ; celle-ci saura lui procurer le courage d’entreprendre son devoir en lui rappelant que le talent reçu en gérance vient du Seigneur qui le connaît, et qui donc connaît tout autant sa capacité pour le faire fructifier. Seul, l’homme est faible. Sa femme, dit la Genèse, lui a été donnée comme son « secours », d’un terme qui désigne le secours nécessaire face à une épreuve. Or la force de l’homme dans l’épreuve, c’est sa femme, dit la Bible. À condition que la femme ne soit pas un sous-fifre ou une bonne à tout faire, mais bien cette source de sagesse à laquelle l’homme, comme un acte d’amour, se met à l’écoute.

* * *

Trop de femmes viennent me voir dans le cadre du Conseil Conjugal avec ce refrain : « il ne m’écoute pas », « Je ne l’intéresse pas », « Il prend tout seul les décisions », « On ne forme pas une équipe », etc. J’ai tendance à penser — mais c’est une interprétation toute personnelle que me suggèrent les textes de la liturgie de ce dimanche — que le troisième serviteur était de ces hommes handicapés des oreilles, qui ne sont pas de mauvais bougres et qui font même tout ce qu’ils peuvent pour leur famille : grande maison, grosse voiture, salaire conséquent, etc. Mais qui n’écoutent pas leur femme… Voilà l’état du troisième serviteur qui, lorsque vient le Jour du Seigneur, dans la nuit, n’ayant pas su écouter sa femme, se retrouvera parfaitement démuni devant la sanction qui ne manquera pas d’arriver.

Ceci dit, Mesdames, je ne suis pas en train de vous flatter. Car tenir sa place de Gardienne de la Sagesse est d’une exigence extrême ! Là encore, il n’y a pas de demi-mesure : la femme qui néglige sa mission deviendra source de folie pour elle-même et ceux qui lui sont confiés — encore le livre des Proverbes, au ch. 7 —. Si l’homme tient la sienne, attention de ne pas lui refuser le travail sur vous-même qui vous appelle tout autant que lui à une saine crainte de DIEU. Reste que si l’un et l’autre, l’homme et la femme, dans une commune foi en Christ, acceptent le rôle qui est le leur, chacun pour sa part, alors les talents, quels qu’ils soient, fructifient intensément. De sorte qu’à terme, le Seigneur leur confiera beaucoup.

Nous allons célébrer l’Eucharistie, qui est le sacrement du Premier Pas dans l’Amour du DIEU fait Chair. Là est la source de tout. Qui a des oreilles, qu’il entende. Les hommes avant tout !

Avec mon affection fraternelle,

Père Alain


Notes

[1Sauf évidemment ceux qui édictent une telle loi. Comme disait George Orwell : dans l’égalité, il y en a toujours qui sont « plus égaux que d’autres »…

[2DIEU n’attend pas que l’homme ne pèche plus pour venir à lui. Au contraire : c’est pour qu’il trouve la force de ne plus pécher qu’Il se révèle aux hommes et les appelle à entrer dans l’Alliance de Vie

[3je pense toujours ici à sainte Thérèse d’Avila, une femme d’affaires redoutable à ce qu’il paraît

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