[ Quelle connaissance ai-je de mon DIEU ?
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
http://saintsymphorien.net/Quelle-connaissance-ai-je-de-mon

Quelle connaissance ai-je de mon DIEU ?

Homélie du 23e dimanche ordinaire de l’année C (05 septembre 2010)

• Livre de la Sagesse 9,13-19
« Qui aurait connu ta volonté, Seigneur,
si tu n’avais pas donné la Sagesse
et envoyé d’en haut ton Esprit saint ? »

• Psaume 90(89),3-4.5-6.12-13.14.17
« Apprends-nous
la vraie mesure de nos jours :
que nos cœurs pénètrent la sagesse. »

• Lettre de saint Paul Apôtre à Philémon 1,9-10.12-17
« Si Onésime a été éloigné de toi,
c’est peut-être pour que tu le retrouves définitivement, non plus comme un esclave, mais comme un frère bien-aimé »

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 14,1.7-14
« Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple. Celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple. »

- lire l’intégralité des textes de ce jour



Qui aurait connu ta volonté, Seigneur,
si tu n’avais pas donné la Sagesse
et envoyé d’en haut ton Esprit saint ?

Première question de ce dimanche : quelle connaissance ai-je de mon DIEU ?

- Lorsque je veux faire connaissance de quelqu’un, il faut que je passe du temps auprès de lui ; que je l’écoute me parler de lui, et que je lui fasse l’honneur de lui parler de moi. Si cette rencontre est vraie, un amour apparaît toujours. Au point qu’il n’y a personne en ce monde que je ne puisse aimer véritablement, si je lui accorde un minimum d’attention régulière. Aimer, c’est-à-dire connaître sa volonté et y répondre du mieux possible, par amitié.

Or comment connaître Celui qui est au fondement de tout amour, de toute relation, de toute croissance, sans Lui accorder un minimum d’attention et répondre à sa volonté, du mieux possible, par amitié ? Je parle évidemment ici de la prière personnelle ; de ce vis-à-vis qui faisait dire au paysan d’Ars : « Je l’avise et Il m’avise... »

- De même, lorsque j’aime quelqu’un, je parle de lui ou d’elle autour de moi. J’aime qu’on en dise du bien ; et chaque fois que j’entends sur lui des sornettes, je suis blessé au plus intime de moi-même, comme si je me sentais agressé à travers ces jugements de commérage.

Il est étonnant de voir à quel point les chrétiens parlent peu entre eux de leur DIEU... Parlent peu de leur compréhension des textes bibliques... L’idéologie du monde a à ce point relégué la foi dans la sphère du “privé” que parler de sa relation à DIEU, même en famille, en devient comme indécent... Dès lors, comment voulons-nous que nos enfants connaissent DIEU ?

Comme tout cela est étrange...
Comme tout cela est étranger à toute sagesse...
Comme tout cela est étranger à la sagesse de l’Esprit Saint... qui ne cesse de nous dire que la foi n’apparaît que lorsque j’ai entendu la Parole de DIEU ; que lorsque j’ai pu confronter mon expérience de vie à la lumière de la vie de mes frères et sœurs en Christ...

* *
Apprends-nous la vraie mesure de nos jours :
que nos cœurs pénètrent la sagesse

Il paraît que nous n’avons “pas le temps”...

Peut-être nous suffirait-il de relire ce texte qu’Erma Bombeck, une journaliste américaine, a écrit à l’aube de sa mort, le 22 avril 1996...

PDF - 76.3 ko
Cliquer sur l’image pour télécharger le document

Pourquoi faut-il attendre la veille de sa mort pour apprendre ce que DIEU voudrait nous offrir de savourer dès la première seconde de notre naissance ?

Si nous faisions confiance en DIEU, nous passerions notre temps à l’écouter pour qu’il nous aide dans nos combats ; nous témoignerions de son attention bienveillante, de sa présence, de la force qu’Il déploie en nous pour croquer la vie à pleines dents, nous investir... Sortir de notre paresse spirituelle pour oser nous affronter à la qualité de notre vie, de notre âme, au lieu de fuir dans l’activisme et dans l’oubli de nous-mêmes.

* *
Si Onésime a été éloigné de toi,
c’est peut-être pour que tu le retrouves définitivement,
non plus comme un esclave, mais comme un frère bien-aimé

Nous sommes trop souvent notre propre Onésime... Nous sommes esclaves de tellement de choses ! Or la croix n’est rien d’autre que le renoncement à ces esclavages ; à ces habitudes de nos existences, en soi totalement inutiles sauf à contenter notre bien-être ou notre pouvoir.

Pourquoi ne laissons-nous pas DIEU nous faire passer de l’état d’esclave dans lequel nous nous recroquevillons à celui de frère bien-aimé du Christ qui a pris sur Lui le péché du monde, c’est-à-dire nos esclavages ?

* *
Celui qui ne porte pas sa croix
pour marcher derrière moi
ne peut pas être mon disciple

« Porter sa croix », c’est donc renoncer à nos esclavages. La croix n’est nullement une apologie de la souffrance, comme s’il fallait “souffrir pour être sauvé”. Si c’était le cas, il faudrait vite se révolter contre DIEU, comme un sursaut de liberté. Mais ce n’est pas le cas.

« Porter sa croix », c’est renoncer, par amour, à tous ces biens, à toutes ces habitudes qui ne font que me recroqueviller sur moi-même. Ces choses qui, dans un couple, font qu’un des deux devient tyrannique : "Tu n’es jamais là quand on a besoin de toi", "Tu es comme ceci !", "Tu es comme cela"... sans se rendre compte que ces accusations sont tout bonnement l’organisation d’un esclavage dans lequel mon conjoint est devenu un meuble... Sans parler du voisin qui "fait toujours ce qu’il ne faut pas faire" ; du curé "qui a encore dit des âneries dans son sermon" ; des enfants "qui n’obéissent pas, ou plus tard qui n’appellent pas"... Bref : c’est toujours la faute d’un autre. Et moins j’en fais, plus j’ai de solutions pour sauver le monde ! Plus je me fais mousser, et plus je suis morose... J’expose une jovialité tout extérieure, mais à l’intérieur de moi, une sombre tristesse semble ne jamais vouloir me relâcher. Je suis esclave, comme le reconnaît Erma Bombeck.

« Porter sa croix », c’est abandonner cette morosité ; c’est marcher derrière la lumière du Christ qui, seul, dissipe la pénombre de la tristesse intérieure. Mais c’est dur, parce que c’est abandonner beaucoup de réflexes pécheurs qui sont en nous. Ces réflexes nous donnent l’impression d’être importants alors qu’ils nous rendent esclaves du monde : de notre “situation”, notre bien-être, notre confort...

La joie intérieure indéracinable est le signe d’une vie marquée par la croix. Une telle joie n’est pas simplement joviale. Elle rayonne. Elle apaise. Elle fortifie. Elle nous fait nous reconnaître frères et sœurs dans la foi. Elle est le signe que DIEU nous fait sortir de l’esclavage du péché.

Quand on a compris cela, je crois qu’on peut dire qu’on commence à connaître DIEU. Et là, c’est le bonheur assuré, parce qu’éternel. Mais cela passe par la croix, qui nous apprend la vraie mesure de nos jours.

N’attendons pas la veille de notre mort pour comprendre cela. Que notre paroisse soit joyeuse de la vraie joie, la Joie de DIEU, la Joie de l’amour partagé qui nous fait passer de l’état d’esclave à celui de frères. Celle qui me fait réellement connaître DIEU et rayonner de son amitié.

Avec toute mon affection fraternelle,

+ Père Alain.


2 réactions


6 septembre 2010 21:41

c"est étonnant.j’ouvre le livre "voyage intérieur" et je tombe sur le texte de Erma Bombeck.Ce livre est passionnant ,je l’ai fait éditer pour Paul et Agnés,mais il peut parler à des ados comme a des adultes .Si tu ne l’as pas,j’ai une version numérique.amicalement.denis

- repondre message

  • 19 septembre 2010 23:25, par Symphorien

    A vrai dire, c’est de là que j’ai tiré le texte... Il y a de belles choses dans ce livre, c’est vrai. Merci.

    -  répondre

 

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Dans l'Eglise

Diocèse d'Autun

Pastorale du Tourisme du diocèse d'Autun

RCF Parabole

Eglise de France

Nouvelles du Vatican

Suivre le Pape François avec L'Osservatore Romano

Zenit, le monde de Rome


(|non)]