[ Quelle urgence pour quelle joie ?
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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Quelle urgence pour quelle joie ?

Homélie du 13e dimanche ordinaire de l’année C (27 juin 2010)

• Premier livre des Rois 19,16.19-21
« Élisée se leva, partit à la suite d’Élie
et se mit à son service. »

• Psaume 16(15),1-2.5.7-8.9-10.11
« Devant ta face,
débordement de joie ! »

• Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 5,1.13-18
« Le Christ nous a libérés pour que nous soyons vraiment libres. »

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,18-24
« Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas fait pour le Royaume de Dieu. »

- lire l’intégralité des textes de ce jour



Élisée se leva, partit à la suite d’Élie
et se mit à son service

Il s’agit ce dimanche d’une histoire de suites : Élisée est appelé à suivre Élie, Jésus appelle des hommes à le suivre. Une suite radicale : quand DIEU appelle à travers un prophète, il ne s’agit pas de traîner ! Il y a urgence.

La première urgence pour Élisée, qui est agriculteur comme son père, est donc de se mettre à la suite d’un homme de DIEU. Plus tard, les traditions juives et chrétiennes rappelleront que pour marcher vers DIEU, il faut se mettre à la suite d’un homme (ou d’une femme) qui, lui-même, marche vers DIEU.

Les premières communautés chrétiennes ne se formeront pas autrement. Ayant rencontré Paul, ou Jean, ou Apollos... elles se rassemblent autour d’un homme de DIEU qui les a appelés à suivre le Christ. Et comme pour Élisée, un jour, l’homme de DIEU disparaît pour que la communauté engendre à son tour des hommes et des femmes qui en appelleront d’autres à marcher à la suite du Christ.

Mais cet appel laisse libre ! Nul n’est obligé de suivre. En revanche, l’appel indique une urgence. Élie ne passera qu’une fois pour jeter son manteau sur Élisée, et ainsi l’appeler. Soit Élisée répond, soit il laisse passer l’occasion. La difficulté est celle de tout choix : choisir, c’est renoncer. Ici, renoncer à sa vie d’agriculteur, à sa destinée de fils... Pas facile...

Mais voilà : il brûle tout, ses bœufs, sa charrue... et rejoint désormais les pas d’Élie, le fondateur des prophètes de l’histoire d’Israël et de Juda.

Voilà un engagement ! Tout quitter pour suivre le Maître. Il perd sa vie pour la gagner. Cela paraît fou, et pourtant, une vie passée sans au moins un engagement radical s’appelle-t-elle encore une vie ? Car un tel engagement est la source d’une force irremplaçable : la joie.

* *
Devant ta face,
débordement de joie !

Qui mieux qu’Élisée à ce moment pourrait chanter ce psaume ? L’engagement à la suite de DIEU est la racine du psaume de ce dimanche. Une joie qui mène au bonheur, c’est-à-dire non pas un état béat, mais le sentiment profond d’un accomplissement, d’une réponse donnée à une vocation inscrite au plus profond de l’être.

Elisée avait fait de DIEU son refuge, à la suite d’Élie. Il Le gardait devant lui sans relâche et apprenait de lui le chemin de la vie.

* *
Le Christ nous a libérés
pour que nous soyons vraiment libres

Voici un passage de saint Paul qui a fait couler beaucoup d’encre, à propos de cette fameuse chair aux tendances égoïstes.

Qu’est-ce que la chair ici ? C’est la chair prise en elle-même, qui n’a pas encore accueilli le mystère de DIEU venu la revêtir. Il ne s’agit pas de sexe ! Par pitié, sortons de ces tartes à la crème. La crème a tourné depuis longtemps, et jamais l’Église n’a associé la chair au sexe (ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait pas eu de prédications malheureuses à ce sujet, mais c’est une autre histoire).

La chair, c’est ce qui, en moi, est le plus charnel, le plus extérieur. Et le charnel est appelé à se laisser épouser par l’esprit, c’est-à-dire ce qui est en moi le plus spirituel, le plus intérieur.

Donc, pour combattre les tendances égoïstes de la chair, inutile de se mortifier comme l’a enseigné trop longtemps le jansénisme. Saint Paul nous ouvre une autre voie : vivre sous la conduite de l’Esprit de DIEU. Et donc aimer son prochain comme soi-même.

Or pour vivre sous la conduite de l’Esprit, rien n’est plus efficace, nous disait le psaume, que la joie ! Donc l’engagement pour l’amour. À quoi voit-on qu’on aime vraiment ? À la joie et à la paix que tout acte d’amour décidé, voulu, engagé procure immanquablement. Si notre monde est triste, n’allons pas chercher autre part l’origine de cet état que dans la peur de l’engagement. On veut bien donner des coups de main, être généreux, mais à condition de toujours pouvoir se reprendre d’une manière ou d’une autre. Pour quoi ? Pour se retrouver chez soi, faire des choses pour soi, et, dans le fond, se laisser bercer de solitude en ayant l’illusion d’être libre. Quelle misère !

Non ! Le monde a besoin de chrétiens engagés, qui sachent perdre leur vie trop charnelle pour se laisser conduire par l’Esprit, et implanter la joie dans leur chair !

C’est là un vrai combat, LE vrai combat. Combattre spirituellement ne consiste pas, encore une fois, à se mortifier, à se déclarer nul ou que sais-je encore. Assez de chrétiens qui se morfondent sur leur nullité ! Depuis l’Incarnation et la Résurrection du Christ, la chair a été fixée à la Croix pour être renouvelée par l’Esprit. Le chrétien vit donc d’une Liberté unique : aucune circonstance de la vie ne peut désormais la lui retirer.

* *
Celui qui met la main à la charrue
et regarde en arrière
n’est pas fait pour le royaume de Dieu

Seulement voilà. L’engagement en est la clef. L’engagement radical à la suite du Christ. Le monde nous dira toujours que c’est de la folie, qu’on ne pourra pas être heureux. Il nous proposera toutes sortes d’autres engagements, dont le plus lourd aujourd’hui est l’investissement sans limite dans le travail. Pour quel objectif ? Le bien-être.

Le chrétien ne recherche pas le bien-être, mais le bonheur. Cela a un prix : ne pas regarder en arrière, et ne pas chercher à tout prix un endroit où reposer la tête. L’Église l’a bien compris qui appelle des hommes et des femmes à donner toute leur vie dans le célibat pour se mettre au service de leurs frères les plus pauvres. Parfois en partant très loin, en abandonnant tout. Folie pour les hommes, Sagesse pour DIEU.

Tous ne sont cependant pas appelés à cela. Mais tous, là où nous sommes enracinés, nous sommes appelés à nous engager, à suivre explicitement le Christ, à être ses témoins dans le monde. Mais des témoins joyeux !

La joie, en définitive, est la meilleure arme du combat spirituel, c’est-à-dire le combat qui consiste à allier la chair à l’Esprit de DIEU. Pour cela, suivre le Christ, répondre à son appel, coûte que coûte. Vous avez remarqué que ce choix est le plus difficile que nous ayons à faire ? Si on nous disait : il faut franchir l’Everest pour parvenir à DIEU, nous nous mettrions en route sans trop de problème : nous ferions de l’exercice, des marches d’approche, etc. Ce ne serait pas facile, mais enfin, nous irions tout de même.

Mais choisir la joie... c’est une autre affaire, non ? C’est précisément le chemin de la vie spirituelle par excellence. Il est tout de même étonnant que nous soyons tant rebutés par une telle proposition... C’est peut-être un signe que nous avons précisément besoin d’être sauvés, libérés, encore et encore, de la morosité du péché. Le pardon nous est offert pour cela.

* *

Donc, cette semaine, engageons-nous à la joie. Encourageons-nous les uns les autres à choisir la joie. Et pour ceux d’entre nous qui sont dans de grandes douleurs, accompagnons-les avec espérance. Le véritable accompagnement de nos frères et sœurs les plus souffrants ne consiste pas à nous morfondre, mais à être une citadelle pour eux. La citadelle de la joie qui sait aimer le prochain et marcher avec lui à la suite du Christ sans regarder en arrière. Cela s’appelle l’espérance.

C’est ce que je nous souhaite.
Vivons en enfants de Lumière ! Soyons libres dans l’Esprit, pour que notre chair rayonne la joie et la paix qui sont les premiers fruits de l’Esprit Saint (Cf. Ga 5,22). Bref, soyons fous, selon DIEU ! Il y a urgence !

Avec toute mon amitié,

+ Père Alain


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