[ Réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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            Réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux

Réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux

Homélie du 14e dimanche ordinaire de l’année C (04 juillet 2010)

• Livre d’Isaïe 66,10-14
« Réjouissez-vous avec Jérusalem...
votre cœur se réjouira...
Le Seigneur fera connaître sa puissance à ses serviteurs. »

• Psaume 66(65),1-3.4-5.6-7.16.20
« Acclamez Dieu, toute la terre,
Il règne à jamais par sa puissance. »

• Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 6,14-18
« Que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste mon seul orgueil. »

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10,1-12.17-20
« Ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux. »

- lire l’intégralité des textes de ce jour



Réjouissez-vous avec Jérusalem...
votre cœur se réjouira...
Le Seigneur fera connaître sa puissance à ses serviteurs.

À nouveau ce dimanche une invitation à la joie. Nous sommes à la fin du livre d’Isaïe, à une époque encore éprouvante de l’histoire d’Israël. Nous sommes vers 535 avant J.-C. Quelques caravanes juives sont revenues de Babylone où elles étaient en exil depuis 587. Ils espéraient un retour triomphal, mais voilà... les choses ne se passaient pas comme prévu. La Jérusalem qu’ils retrouvent n’est pas celle qu’ils avaient quittée : cinquante après, le Temple est encore en ruine comme une partie de la ville ; leur absence a été largement compensée et les places que leur départ avaient laissées vides ont été comblées.

Et pourtant, c’est dans ce contexte que DIEU envoie son prophète pour encourager le peuple à reconstruire Jérusalem dont la vocation n’a pas disparu. D’où ce passage de consolation et cette promesse d’une joie renouvelée. On ne doute pas de DIEU, certes, mais enfin, on se dit : "Lui qui n’a pas pu empêcher l’exil, est-il encore suffisamment puissant pour rebâtir ?" Question à laquelle le prophète répond : « Bien sûr ! Le Seigneur fera connaître sa puissance à ses serviteurs ! »

Car DIEU n’était pas étranger à l’épisode de l’Exil... Comme toujours, DIEU éprouve ceux qui s’approchent de Lui, et son peuple en premier lieu. Bien sûr, Jérusalem avait été conquise par David, désignée comme capitale d’Israël, enrichie par Salomon. Elle était le symbole de la fidélité de DIEU au peuple qu’il s’était attaché par l’Alliance conclue avec les patriarches. Et après ? Salomon le premier a cru que cela suffirait. Puisque DIEU est présent, bien au chaud dans son Temple, on n’avait plus rien à craindre. Et comme toujours dans ce cas-là, on s’endort littéralement sur ses lauriers... Toute l’histoire qui s’en est suivie en a été la triste confirmation.

Il fallait donc purifier le cœur endormi de ce peuple, et pour cela, purifier Jérusalem. La véritable vocation de Jérusalem n’était pas de devenir une cité toute puissante. Raison pour laquelle DIEU avait envoyé en Exil les notables du pays jusqu’en Babylone... Là au moins, on avait une mégapole, une ville prodigieuse, mais tellement à la gloire des hommes... (voir le diaporama ci-dessous pour se faire une idée du prestige de la ville à l’époque de l’empire babylonien)

A contrario, telle n’était pas la vocation de Jérusalem. Donc la “pseudo-Jérusalem”, dans toute sa grandeur humaine, avait été détruite. Pour obliger le peuple à regarder ailleurs sa véritable gloire, et bâtir une Cité de DIEU, une Cité à la gloire du DIEU vivant ; peut-être plus humble au regard des hommes, mais qui attirerait en son sein tous les croyants par le cœur, les vrais fils d’Abraham. N’est-ce pas ce qu’elle est devenue, malgré les tensions qui fondent sur elle aujourd’hui encore ?

Cette entreprise était cependant, à l’époque du retour, humainement décourageante. C’est pourquoi Isaïe était envoyé pour soutenir le courage des bâtisseurs : « De même qu’une mère console son enfant, moi-même je vous consolerai, dans Jérusalem vous serez consolés. Vous le verrez, et votre cœur se réjouira... Le Seigneur vous fera connaître sa véritable puissance. »

* *
Acclamez Dieu, toute la terre,
Il règne à jamais par sa puissance !

Alors on comprend mieux le psaume de ce dimanche. Il ne s’agit pas seulement d’acclamer un DIEU tout puissant comme le rêvait Salomon ! Il s’agit d’acclamer le vrai DIEU, celui qui éprouve les cœurs pour leur manifester sa véritable puissance : celui dont la gloire est l’homme vivant, comme disait saint Irénée au IIe siècle. Ce DIEU là, et pas un autre, est vraiment béni, Lui qui n’écarte pas la prière du juste qui se laisse éprouver par DIEU, et lui manifeste un amour qui ne se détournera jamais !

* *
Que la croix de notre Seigneur Jésus Christ
reste mon seul orgueil

Dès lors, la lettre de Paul devient assez claire. Son orgueil, avant d’avoir rencontré le Christ, était de servir la Loi, avec violence si nécessaire, jusqu’à la persécution des chrétiens entre autres. Mais voilà : Paul a été éprouvé par DIEU dans sa rencontre avec Jésus, sur le chemin de Damas, et avec le mystère de la Croix.

La Croix du Christ n’est rien d’autre (si l’on peut dire) que l’épreuve par laquelle le Christ est passé pour manifester le vrai DIEU. Non pas le DIEU que le monde veut pour briller à la face des hommes, non pas un DIEU de Babylone, mais le DIEU de la Nouvelle Jérusalem : « Ce qui compte, ce n’est pas la circoncision, c’est la Création Nouvelle », c’est-à-dire la Création éprouvée par ceux qui appartiennent au « véritable Israël de DIEU », ceux qui ont fait l’expérience, par le prix payé par le Christ, de la « paix » et de la « miséricorde ».

C’est cela, être « marqué des souffrances de Jésus ». Il ne s’agit pas de nous mortifier ou de graver dans nos mains les cicatrices des clous... Ce ne serait encore que rester à l’extérieur de nous-mêmes, à l’extérieur du vrai projet de DIEU. Il s’agit de comprendre que la Croix du Christ est aussi notre épreuve : en Lui, le vrai DIEU, Celui qui habite en nous, Celui qui est notre vie, nous passons de ce monde au Père. De même qu’il a fallu que la première Jérusalem, trop humaine, soit détruite, il faut que, pour nous, le monde trop humain soit crucifié pour nous. Pour nous ouvrir au vrai projet de DIEU, un projet de « paix » et de « miséricorde » qui passe par la conversion radicale des cœurs éprouvés par l’amour.

* *
Ne vous réjouissez pas
parce que les esprits vous sont soumis ;
mais réjouissez-vous
parce que vos noms sont inscrits dans les cieux.

Qu’ajouter à ces paroles ? Le Christ, en une phrase, résume tout ce que la liturgie de ce dimanche veut nous faire vivre.

Jésus envoie 72 disciples devant lui, deux par deux, pour porter la « paix ». Ils sont le signe avant coureur (c’est le cas de le dire) de la manifestation du Messie de DIEU, car le Messie est celui qui, dans la tradition, apporte la paix. Ils vont alors faire l’expérience de la puissance du vrai DIEU venu guérir les malades.

Mais voilà... S’ils ne se réjouissent que de cette puissance extérieure, ils passeront à côté du mystère de la Croix lorsque le temps sera venu. Ils passeront à côté de l’épreuve qui leur sera proposé à travers la figure d’un Messie souffrant. D’ailleurs, c’est exactement de qui va se passer : à part quelques femmes et saint Jean, que Marie retiendra au pied de la Croix, tous s’enfuiront en prenant leurs jambes à leur cou... Ils irons exactement dans le sens opposé à celui que Jésus leur indique dans l’épisode de l’Évangile d’aujourd’hui.

Car pour suivre le Christ dans son épreuve, pour se laisser éprouver de l’intérieur par la Croix, il faut vivre de la grâce de DIEU, reçue dans l’Esprit Saint. C’était la raison pour laquelle saint Paul terminait son exhortation par ces paroles : « Frères, que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit ».

* *

Que cette semaine soit pour nous l’occasion de reprendre le chemin de la Jérusalem de DIEU, la Jérusalem vers laquelle marchent tous les croyants, c’est-à-dire tous ceux que la grâce habite et qui se laissent éprouver par la Croix de notre Seigneur Jésus Christ.

Je nous promets, reprenant les paroles du prophètes, que notre cœur se réjouira. Soyons des témoins de cette joie là : c’est elle qui témoigne d’une création renouvelée par la manifestation des fils de DIEU (cf. Rm 8,19), ceux qui se sont laissés éprouver par le mystère de la Croix du Christ qui habite en eux.

+ Père Alain


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