[ Comment accueillir le Fils du propriétaire de la Vigne ?
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
http://saintsymphorien.net/Rendez-grace-pour-savoir

Comment accueillir le Fils du propriétaire de la Vigne ?

Homélie du 27e dimanche du Temps Ordinaire A (02 octobre 2011)

•Livre d’Isaïe 5,1-7
« J’attendais de beaux raisins,
pourquoi ma vigne en a-t-elle donné de mauvais ? »

• Psaume 80(79),9.12.13-14.15-16.19-20
« Dieu de l’univers reviens !
Visite cette vigne, protège-la ! »

• Lettre de saint Paul Apôtre
aux Philippiens 4,6-9
« Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance,
dans l’action de grâce, priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes. »


• Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 21,33-43
« il leur envoya son fils, en se disant : “Ils respecteront mon fils.” »

- lire l’intégralité des textes de ce jour



J’attendais de beaux raisins,
pourquoi ma vigne en a-t-elle donné de mauvais ?


Magnifique métier de Vigneron qui est si proche la figure de DIEU !
Il y a quelques métiers comme cela : berger, pécheur, médecin, agriculteur... et vigneron.
• Le premier nous rappelle que DIEU est un guide et un protecteur ;
• le deuxième nous rappelle que DIEU rassemble son peuple et le sauve des eaux de la mort ;
• le troisième nous parle d’un DIEU qui soigne et guérit ;
• le quatrième nous montre un DIEU qui sème sans compter pour donner la vie.
• Et le dernier nous dit ce que DIEU attend, sans pourtant nous forcer la main, sans nous engraisser, sans nous modifier génétiquement comme de purs produits de consommation. DIEU attend de sa vigne qu’elle porte de beaux fruits.

Je ne vais pas ici faire l’affront à mes paroissiens bien-aimés de décrire les étapes qui permettront à la vigne de répondre à leurs espérances. Il est certain que tout, d’ailleurs, ne dépend pas du vigneron. Reste ce que m’a toujours dit mon parrain, qui était négociant éleveur en son temps : « Ce n’est pas quand les années sont “bonnes” que l’on reconnaît les bons vignerons, mais quand elles sont difficiles. Car c’est alors que les vrais vignerons livrent ce qu’ils ont de meilleur, ce qu’ils portent dans leurs tripes et qui fera un vin formidable, là où les autres ne feront qu’un vin passable. »

Il reste cependant que, parfois, la vigne ne donne rien dont on puisse tirer le meilleurs. Et là, tout vigneron en vient à la même conclusion : il faut arracher et replanter. Peut-être même replanter ailleurs et laisser le terrain. C’est normal.

Là s’arrête la comparaison de ce chant. Car la vigne humaine a une ressource propre : elle peut, face à la menace, revenir à DIEU et mettre à profit toute l’énergie que DIEU ne cesse de lui prodiguer. Car DIEU est son ami, et le découvrir seul nous redonne le goût de donner le meilleur de nous-mêmes.

* *
Dieu de l’univers reviens !
Visite cette vigne, protège-la !


Pourquoi invoquer le retour de DIEU à sa vigne ? La réponse est donnée dans les versets qui suivent : pour nous faire revenir : « DIEU, fais-nous revenir, et nous serons sauvés ! » Combien de fois avons-nous l’impression que DIEU est parti, nous a abandonnés, alors que c’est nous-mêmes qui sommes loin de Lui ?

Quel est ce mouvement insidieux qui nous rend si susceptibles, si imbus de nous-mêmes, si prompts à nous sentir lésés, trahis, abandonnés de DIEU et des autres ? Ce mouvement est celui de l’inquiétude, qui ouvre la porte à la tentation de la toute-puissance ou, à l’inverse, de la démission – démission qui est un ultime moyen d’affirmer notre toute-puissance : quand je ne peux plus rien faire, au moins, je peux encore décider de priver l’autre de ma présence. Moins par découragement, le plus souvent, que par vengeance... Nous partons pour faire sentir à l’autre qu’il avait besoin de nous, alors même qu’il nous faudrait revenir, et avant tout revenir à DIEU.

* *
Ne soyez inquiets de rien,
mais, en toute circonstance,
dans l’action de grâce, priez et suppliez
pour faire connaître à Dieu vos demandes


Nous avons trop oublié l’action de grâce. Pour avoir voulu mathématiser le monde, c’est-à-dire le maîtriser, nous en avons nous-mêmes chassé le vigneron. Dès lors, nous sommes inquiets de tout.

Quand ne sommes-nous inquiets de rien ? Quand nous connaissons la main de celui qui nous fortifie. La main de celui qui nous a donné la vie et qui ne souhaite qu’une chose : que nous prenions notre essor. Non en ne comptant que sur nos propres forces, mais en comptant sur la sienne.

Comment faire ? Éteindre nos écrans, quels qu’ils soient, et louer le Seigneur. Saint Paul n’arrête pas de le dire : « Soyez toujours joyeux. Priez sans cesse. En toutes choses, rendez grâces : c’est là ce que Dieu attend de vous dans le Christ Jésus.. » (1Th 5,16-18).


- Rendez grâce le matin en vous levant ;
- Rendez grâce au moment de prendre votre petit déjeuner ;
- Rendez grâce à votre arrivée au boulot, juste avant votre premier rendez-vous ou votre premier meeting ; ou lorsque vous montez dans votre tracteur qui vous emmènera à votre champ, à votre vigne ;
- Rendez grâce à la fin de la matinée au moment d’aller manger ;
- Rendez grâce au début et à la fin de votre déjeuner ;
- Rendez grâce au début de l’après-midi ;
- Rendez grâce au terme de votre journée de travail ;
- Rendez grâce dans la voiture qui vous ramène chez vous ;
- Rendez grâce pour votre jardin ;
- Rendez grâce pour votre femme, vos enfants ou les amis qui vous attendent ;
- Rendez grâce pour le temps de prière que vous allez prendre seul à seul avec votre DIEU. vous savez : celui qui vous a donné cette vie et qui attend de vous que vous portiez de beaux fruits.
- Rendez grâce au moment de commencer le dîner
- Rendez grâce pour la soirée qui s’ouvre et la qualité des relations que vous allez y tisser ;
- Rendez grâce au moment du coucher pour tout ce que cette journée vous a enseignée
- Rendez grâce au moment de dormir, de n’être inquiet de rien puisque vous êtes dans la main du Seigneur votre DIEU.



Bref. Rendez grâce pour tout, afin de donner du bon fruit. Rendez grâce du fait que le Seigneur ne vous abandonne pas et vous fait revenir à Lui. Rendez grâce de ne pas vouloir systématiquement mathématiser le monde et le soumettre à votre poigne. Rendez grâce, car alors vous saurez accueillir le Fils du propriétaire de la vigne, non comme votre ennemi mais comme votre ami de toujours. Rendez grâce, car le Christ répondra alors à toutes vos prières, non pas pour vous éviter les difficultés de ce monde, mais pour vous permettre de les franchir et de devenir toujours plus vous-mêmes.

* *
il leur envoya son fils, en se disant :
“Ils respecteront mon fils.”


L’action de grâce est tout simplement l’accueil du Fils que le propriétaire de la Création nous envoie, non pour nous prendre le fruit de notre travail, mais pour le transformer en fruit divin. Quand le Fils paraît, c’est pour faire de notre vie une entière Eucharistie, une entière Action de Grâce où le Fils Lui-même devient la Louange qui monte vers le Père.

Si je reste prisonnier du monde et de ses écrans, je ne me préparerai pas à recevoir le Fils. Je serai réduit à cette mathématisation du monde qui, pour le maîtriser, a oublié la Vie dont tout procède et qui coule désormais anonymement dans ses veines. Je partirai à la course aux écrans 3D ; aux écrans transparents qui arrivent sur le marché ; aux performances électroniques ; aux dettes phénoménales sur lesquelles on a fait croire aux populations qu’elles étaient parvenues au bien-être. Je pratiquerai l’injustice qui consistera à vouloir prendre le pouvoir sur la scène internationale, à oublier le pauvre, à interdire à tout handicapé jusqu’au droit de naître, au nom d’une compassion totalement pervertie et uniquement tournée sur moi : ne pas être dérangé par celui qui n’est pas parfait, qui me dénie mon droit à la toute-puissance. Le Seigneur, au jour du Jugement, soyons en sûrs, arrachera cette vigne nauséabonde aux fruits pourris.

Seuls seront sauvés ceux qui auront inscrit l’action de grâce dans leur existence quotidienne. Seuls seront sauvés ceux qui auront laissé transformer leur vie en Eucharistie, pour porter avec leur Ami un fruit divin. Ceux-là ne seront pas déportés du monde : ils le recevront en plénitude et ne cesseront d’y travailler dans un émerveillement sans fin et un chant de louange éternel.

Avec mon affection fraternelle,

+ Père Alain


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