[ Sortir des procès de ce monde
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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Sortir des procès de ce monde

• Livre de Ben Sirac le Sage 27,30.28,1-7
« Pense aux commandements
et ne garde pas de rancune envers le prochain,
pense à l’Alliance du Très-Haut
et oublie l’erreur de ton prochain. »

• Psaume 103(102),1-2.3-4.9-10.11-12
« Le Seigneur n’agit pas envers nous selon nos fautes,
Il ne nous rend pas selon nos offenses. »

• Lettre de saint Paul Apôtre
aux Romains 14,7-9
« Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ;
si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. »


• Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 18,21-35
« Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi,
combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? »

- lire l’intégralité des textes de ce jour



Pense aux commandements
et ne garde pas de rancune envers le prochain,
pense à l’Alliance du Très-Haut
et oublie l’erreur de ton prochain


Quels sont les commandements auxquels il faut penser ? Les commandements de la Vie en nous. Non pas les commandements d’un “être supérieur”, “plus grand que nous” à la mode de ce monde.

Qu’est-ce que le “monde” ? Le monde, c’est ce qui se pose “devant” nous. Nous sommes “dans” le monde que nous comprenons comme un “objet” à notre disposition. Ce monde, nous y vivons, nous l’exploitons, nous le manipulons comme quelque chose d’extérieur à nous. Même nos relations sont des rapports “extérieurs”, de civilité, de bienséance, de commerce...

Et lorsque nous imaginons DIEU, c’est sur le même mode : celui du monde. Nous imaginons DIEU comme le souverain d’un monde régi par des lois extérieures, même si ces lois nous semblent justes. Des lois qui sont des “Commandements”... Jusqu’au moment où, faute de pouvoir réellement obéir à ces commandements extérieurs, nos enfants nous jettent à la figure qu’ils n’y croient plus ; que les chrétiens ne sont pas meilleurs que les autres ; et que tout ça, c’est des histoires.

Le pire, c’est que nous n’avons pas grand chose à leur répondre, parce que notre vision de DIEU est faussée. Nous avons oublié que DIEU ne se manifeste pas à la manière du monde. Jésus n’a cessé de le dire : « Je ne suis pas du monde » [1] ; « Ma royauté n’est pas de ce monde » [2]... Et de ses disciples, il disait : « Ils ne sont pas du monde comme moi je ne suis pas du monde » [3]... Alors ?

DIEU a édicté une Loi, des Commandements, qui sont ceux de la Vie. Si nous considérons ces commandements comme extérieurs, ils nous seront à jamais étrangers. Pire : ils sembleront nous priver de notre sacro-sainte liberté ! Ces commandements permettent à la Vie de rayonner en nous. Une Vie qui est au principe de notre existence, qui ne cesse de nous engendrer, sans laquelle rien n’est remis entre nos mains. Nous sommes des fils et des filles de la Vie, et c’est de l’oublier qui nous plonge dans les soucis du monde.

Celui qui ne perçoit pas la Vie, qui ne l’éprouve pas en lui ; celui-ci appartient au monde et croule sous les soucis du monde. Les soucis du monde naissent de ce que, dans ce monde, je ne pense plus, en définitive, qu’à sauver ma peau ; je ne pense plus qu’à moi. Même quand je m’occupe des autres, c’est encore de moi dont je m’occupe, pour exister, pour avoir des raisons d’être. Aussi, que dans ce monde, quelqu’un vienne à m’empêcher d’exister ; ou n’existe pas de la manière dont je voudrais qu’il existe, et voilà que je lui en veux et que je lui en garde rancune [4]. Jusqu’à, quand la coupe déborde, l’adjurer en procès.

Ben Sirac lance ici un cri : « PENSE AUX COMMANDEMENTS ! PENSE À L’ALLIANCE ! » Arrête d’oublier la Vie qui est ta première et ton unique richesse, non comme quelque bien que tu possèdes, mais comme un trésor qui t’a été donné, confié. Entre en toi, éprouve la Vie en toi, et tu t’apercevras de la mesquinerie des procès de ce monde. Abandonne les procès de ce monde ! Oublie les erreurs de ton prochain, plutôt que d’oublier la Vie en toi ! [5]

* *
Le Seigneur n’agit pas envers nous selon nos fautes,
Il ne nous rend pas selon nos offenses


Le Seigneur, c’est-à-dire la Vie qui nous engendre, n’agit pas envers nous selon nos fautes. Il n’en a que faire. La Vie n’a pas mémoire de nos fautes. Ce qui importe à cette Vie, c’est de s’engendrer elle-même en nous. Mais elle ne peut s’engendrer en nous que pour autant que nous ne l’oublions pas. Oublier la Vie en nous, c’est la détruire, et c’est cela, le péché

Vous voyez que nous sommes ici bien au-delà de toute question purement morale ? La question n’est pas de “punir” nos fautes [6]. Là n’est pas la question. Ce qui est en jeu, c’est la Vie que nos fautes rejettent, oublient, de sorte que nous ne nous préparons pas à entrer pleinement dans la Vie. Les fautes nous rendent prisonniers du monde et de ses procès. Le monde nous fait croire que nous nous appartenons, alors qu’il n’en est rien. Voilà ce que nous rappelle saint Paul, à la suite de Ben Sirac.

* *
Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ;
si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur


Ailleurs, Paul clame : « Pour moi, vivre, c’est le Christ ! » [7]. Ailleurs encore : « Tout est à vous, mais vous êtes au Christ et le Christ est à Dieu. » [8]. Il avait tout compris.

Le Christ est celui en qui « la Vie s’est manifestée » [9]. Suivre le Christ, ce n’est pas suivre Gandhi, ou Confucius, ou le Dalaï Lama. Suivre le Christ, c’est suivre celui qui manifeste la Vie de DIEU qui ne cesse de nous engendrer, parce que la Vie est un mystère d’engendrement perpétuel ; le mystère du Père et du Fils, en DIEU. C’est cet engendrement de la Vie qui fait de nous, par essence et au plus profond de nous-même, des fils. Et c’est ce que nous oublions. Dès lors, nous nous croyons maîtres de nous-mêmes, alors que nous ne pouvons pas plus nous séparer de cette source divine qu’un fleuve peut se séparer de sa source. Nous sommes des fils et des filles de DIEU, et nous l’oublions...

Vivre, pour un fils de DIEU, c’est éprouver la Vie qui est en nous et que le Christ nous révèle. Et mourir, c’est encore éprouver la Vie pour y entrer de façon définitive. Et dans le fond, lorsque, dans le monde, mon frère ou ma sœur commet une faute contre moi ; même une faute aussi grave que de tuer le Christ et de le clouer en croix... Quand je suis donc agressé par la faute d’un autre, c’est le mystère de la Vie qu’il me faut ici éprouver.

c’est du point de vue du Christ qu’il faut que je réagisse ; du point de vue de la Vie, et non du point de vue du monde. C’est ce qu’ont fait les saints, et là, nous sommes tous réduits à notre petitesse. Sans le Christ, vivre cela est impossible !

* *
Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi,
combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ?


Une fois qu’on a compris cela, on saisit mieux que la parabole d’aujourd’hui ne nous parle pas de morale, mais de vie. Ce qui est proposé au serviteur dont le maître remet la dette, c’est de commencer à vivre et de ne plus être du monde. Hélas ! Le serviteur ne comprend pas, et impose la loi du monde à son frère au moment même où il aurait du transmettre la vie. Ayant choisi la loi du monde, c’est donc selon la loi du monde qu’il est jugé !.

Ceci pour nous rappeler que nous avons à choisir entre :
- la loi du monde qui nous fera comparaître en procès sous une justice où la miséricorde n’a pas lieu d’être.
- ou la Loi de la Vie, qui ne vise qu’à nous faire éprouver notre engendrement de fils et de fille en nous libérant des procès de ce monde ;

Que ce choix éclaire toute cette année qui s’ouvre devant nous.

Avec mon affection fraternelle,

+ Père Alain


Notes

[1Jn 8,23

[2Jn 18,36

[3Jn 17,14

[4Les exemples sont simples : dans un couple, quand la femme a acheté du jambon pour le soir et que le mari a déjà manger les deux tranches dans l’après-midi... et que ça n’est pas la première fois, c’est très énervant !!! Ou alors quand la belle-mère vient quelque jours et qu’elle commence à faire des remarques... Bref, tous ces petits soucis bêtes de la vie qui nous prennent la tête !

[5Cette Vie première, c’est DIEU, non comme une Mère primordiale, mais comme un Père. Pourquoi ? Parce que cette vie, d’une part, ne fait pas de nous une pure émanation de DIEU : nous sommes Autres que DIEU. Et d’autre part, parce qu’il y a ces fameux Commandements, cette Loi, qui est le propre du Père. Nous approfondirons cela une autre fois.

[6De toute manière, elles portent leur punition en elles-mêmes, ce qu’on appelle la “justice immanentes” qui intervient immanquablement à un moment ou à un autre,

[7Ph 1,21

[81 Cor 3,23

[91Jn 1,2

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