[ Ta foi t'a sauvé
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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Ta foi t’a sauvé

• Livre de la Sagesse 1,13-15.2,23-24
« Dieu a créé l’homme pour une existence impérissable »

• Psaume 30(29),3-4.5-6ab.6cd.12.13
« Seigneur, tu m’as fait remonter de l’abîme
et revivre quand je descendais à la fosse »

• Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 8,7.9.13-15
« Lui qui est riche, il est devenu pauvre à cause de vous pour que vous deveniez riches par sa pauvreté. »

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 5,21-43
« Ta foi t’a sauvée »

- lire l’intégralité des textes de ce jour





Dieu a créé l’homme pour une existence impérissable

Cette affirmation du livre de la Sagesse habite l’humanité depuis des temps immémoriaux. Il y a une soif de vie en l’homme qui est absolue. Ce texte prend en compte le désir de l’homme qui lui fait vouloir tout. C’est en lui comme une pulsion incontrôlable.

De là naît la conscience que l’homme est un être inachevé, appelé à grandir comme une exigence incoercible, radicale en nous. Cette conscience est comme la troisième dimension de l’être humain : il est un être de chair, un être psychique et un être myst !que. C’est à travers cette troisième dimension que se présente pour nous la nécessité du sens : l’homme a besoin de sens.

Un des hommes qui a le plus travaillé cette dimension essentielle de l’humain est Victor Frankl après le drame des camps de concentration. Il s’est posé la question : comment se fait-il que certains hommes rescapés de ces camps assument leur passé alors que d’autres sont submergés par leur angoisse ? Et il s’aperçoit que ceux qui sont capable d’assumer cette part tragique de leur histoire sont ceux qui ont su découvrir un sens à leur vie. Et c’est ainsi que, par le sens, par la dimension mystique de leur être, ils ont su remonter de l’abîme.

* *
Seigneur, tu m’as fait remonter de l’abîme
et revivre quand je descendais à la fosse

Eh bien : la Bible ne dit pas autre chose, elle ne célèbre pas autre chose. Derrière cette expérience profonde, elle décèle une intention divine. Pourquoi ? Parce que cette dimension mystique de l’homme le dépasse totalement. Elle est bel et bien inscrite en lui, et pourtant le porte au-delà de lui.

Peu à peu, à travers notamment l’expérience biblique, on sort de cette religiosité mesquine et superstitieuse qui tente en vain d’amadouer les puissance vitale de ce monde pour découvrir que la force de DIEU n’est pas de procurer une assurance vie contre les épreuves de l’existence, mais dans la lumière du sens par laquelle se forge en l’homme une conscience. Par le sens, l’homme, cet être si vulnérable et fragile, va pourtant devenir le maître de la terre. Et mieux encore, il va apprendre à devenir son propre maître. Reste que cela demande un préalable : l’homme doit rester pauvre, et pour cela contempler le mystère de DIEU Lui-même.

* *
Lui qui est riche, il est devenu pauvre à cause de vous,
pour que vous deveniez riches par sa pauvreté

Le grand mystère, le sujet même de la contemplation chrétienne est d’avoir saisi, à travers la fréquentation du Christ Jésus, que la puissance divine se manifeste moins dans sa capacité à créer le monde qu’à venir visiter celui-ci en se “vidant” de sa divinité — ce que la théologie nomme la kénose de DIEU.

Ce faisant, DIEU assume jusqu’au bout sa création. Il ne crée pas comme un horloger met en place une mécanique qui, ensuite, fonctionne par elle-même. Cela, c’est le DIEU de Voltaire, un DIEU impersonnel et, dans le fond, pathétique autant que diabolique : il crée, et ensuite se retire totalement, laissant aux hommes le soin de se débrouiller comme ils le peuvent... Non.

La noblesse de DIEU est de ne pas s’endormir sur sa puissance, tel un Picsou sur son or, mais de se vider de celle-ci pour manifester à l’homme que, du cœur même de la pauvreté, un salut est possible. Parce que la vie a un sens. Parce qu’il ne s’agit pas seulement de sauver sa peau en accumulant des richesses, fût-on DIEU en personne. Cela, précisément, n’a pas de sens.

DIEU va donc aller jusqu’au plus profond des ténèbres humaines, il va traverser les affres du péché, et manifester qu’au cœur de cette misère, le sens l’emporte, la VIE l’emporte jusque dans une résurrection. Cela s’appelle la foi.

* *
Ta foi t’a sauvée

Et au cours de son existence, il va manifester la puissance de cette VIE, la puissance du sens qui permet à cette femme hémorroïsse tout autant qu’à cette jeune fille de se redresser. Et leur redressement même devient un témoignage.

Qu’attend notre monde ? Non pas que nous le convainquions de quelque idéologie ou de quelque théorie que ce soit. Il attend de voir des ressuscités. Des hommes et des femmes de foi, c’est-à-dire VIVANTS, droit dans leurs bottes malgré les difficultés de cette vie, les mises en cause, les chutes, les travers...

Et ce monde hurle de souffrance, non pas parce que la vie est plus difficile aujourd’hui qu’hier, mais parce qu’il cherche où sont ces hommes et ces femmes debout, qui leur ouvre un chemin de sens.

Si Jésus est vraiment celui qui nous sauve, s’il est Celui en qui nous avons mis notre foi, réfléchissons à toutes les situations où il nous met debout alors même que nous étions à terre. Voilà le vrai témoignage chrétien. Non pas une question de valeurs simplement, mais une question de relèvement, de sens, de VIE.

Si nous voulons donner l’impression que nous sommes parfaits, sans tache, des “gens bien” comme on dit, nous ne saurons témoigner de rien. Nous ne serons pas crédibles. Nous serons même suspects de vouloir donner des leçons de morale, et nous ne donnerons pas envie. En revanche, savoir dire humblement les situations de notre vie où nous sommes tombés et où le Seigneur, d’une manière ou d’une autre, par un frère, par un événement, par la prière, par les sacrements, nous a relevés, voilà ce qui intriguera, voilà ce qui intéressera ceux qui attendent qu’un sens se manifeste dans leur existence.

Vidons-nous de nos richesses, de nos façades bien pensantes. Soyons humbles pour nous relever. C’est là ce qu’attend le monde de nous, et il a raison.

Avec mon affection fraternelle,

+ Père Alain


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