[ Tenir ses promesses
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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Tenir ses promesses

Homélie de la fête du Corps et du Sang du Christ (10 juin 2012)

• Livre de l’Exode 24,3-8
« Toutes ces paroles que le Seigneur a dites,
nous les mettrons en pratique. »

• Psaume 116(115),12-13.15-16ac.17-18
« Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce,
j’invoquerai le nom du Seigneur.
Je tiendrai mes promesses au Seigneur,
oui, devant tout son peuple »

• Lettre aux Hébreux 9,11-15
« Le Christ, lui, est le grand prêtre du bonheur qui vient. »

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 14,12-16.22-26
« Prenez, ceci est mon corps... Ils prirent la coupe et en burent tous. »

- lire l’intégralité des textes de ce jour




Toutes ces paroles que le Seigneur a dites,
nous les mettrons en pratique


Aujourd’hui, nous célébrons la première vague des professions de foi.
Qu’est-ce que mettre sa foi en quelqu’un ?

On met sa foi en celui qui a donné sa vie pour nous. On met sa foi en celui qui nous a fait grandir. Il y a des moments où l’on traverse une mauvaise passe, et on rencontre quelqu’un qui nous donne le courage d’aller jusqu’au bout de nous-mêmes : cette personne-là est digne de foi.

C’est l’expérience qu’a faite le peuple que DIEU a sauvé de l’esclavage et de la mort en Égypte. Ce salut est le fondement, non pas de la naissance (il est né avec Abraham), mais de son appel à devenir adulte.

Quand on est simplement né, qu’on grandit en profitant de la vie sans jamais se poser de question, qu’on bataille avec les frères et sœurs simplement parce qu’on veut préserver son territoire, on reste un gamin. Jusqu’au jour où on est affronté à des situations de crise, et là, deux chemins s’ouvrent à nous :
- Soit on continue d’être un gamin, et pour cela, on fait tout pour s’en sortir tout seul, à préserver son territoire au nom dune liberté infantile.
- Soit on ouvre les yeux, on regarde d’où l’on vient, qui a donné sa vie pour nous, et on met sa foi en quelqu’un.

Eh bien : le chrétien, c’est celui qui sait qui a donné sa vie pour lui. Le chrétien sait en qui il met sa foi, parce qu’il sait non seulement qui lui a donné la Vie, mais surtout qui peut être la source de son courage d’adulte : DIEU. Le chrétien se plonge alors dans ce que DIEU lui dit de faire, et il découvre qu’il trouve alors en Lui son meilleur allié, son meilleur ami. Un ami se reconnaît à ce qu’on l’écoute, et quand il nous dit quelque chose, on met en pratique ce qu’il nous dit de faire. Et là, on se sent fort d’avoir un ami comme celui-là.

* *
Je tiendrai mes promesses au Seigneur,
oui, devant tout son peuple


Un ami, ça se visite, ça s’écoute. On ne regarde pas le temps qu’on lui consacre : il est notre ami, c’est tout. Le seul fait de penser qu’on va bientôt prendre du temps rien que pour lui, et lui rien que pour nous, fait monter la joie. Pourquoi ? Parce qu’une promesse s’accomplit, qui donne du goût à l’existence, de la saveur, de la profondeur.

Aujourd’hui, il n’y a plus de promesses qu’électorales... Mais ce ne sont pas des promesses. Ce sont des propos séducteurs, et ce n’est pas la même chose. Mais les séducteurs sont très forts ! Ils savent jouer avec les mots, ils savent faire briller les affaires, surtout en les enrobant avec le miroir de l’argent. Et nous, comme des pies, nous plongeons sur ce qui brille en croyant que c’est de l’or, qu’on va avoir une vie garantie, qu’on n’aura plus de souci à se faire, puisqu’on a l’argent... Et on oublie son ami, parce que lui, ce qu’il a à m’offrir, ne se monnaye pas.

Ce qu’il m’offre ? C’est le bonheur simple d’une vie de bon sens, qui sait que les épreuves peuvent surgir, mais qui me promet qu’il sera là pour me les faire traverser. Et qui tient ses promesses, comme il sait que je tiendrai la mienne. Or là est la vraie source jaillissante de bonheur !

* *
Le Christ, lui, est le grand prêtre
du bonheur qui vient


Le Grand-Prêtre du bonheur qui vient !. C’est peut-être le titre de Jésus le plus beau qu’on puisse lui donner. Comment vient le bonheur ? Redisons-le : quand quelqu’un offre sa vie pour nous... comme un sacrifice. Je sais que je suis aimé quand quelqu’un meurt pour moi !

Quand quelqu’un meurt pour moi, voilà ce qui me dit que j’ai de la valeur. "Je crois aux valeurs", comme on dit tout le temps. Mais ces valeurs là, c’est du vent tant que je n’ai pas compris que j’ai de la valeur, parce que quelqu’un a offert sa vie pour moi. Ces valeurs-là, c’est de la séduction, de la flatterie. Ele ont cependant un intérêt : je peux m’assoir dessus quand je veux ! Alors que je ne m’assois pas sur une promesse qui a engagé l’amitié, la vie, l’amour qui se donne sans reprendre...
Le problème, c’est que ça fait peur. Quand quelqu’un se donne entièrement à vous, ça engage votre propre vie, jusqu’à la mort. Plus possible de s’envoyer en l’air en se disant que le déluge sera pour demain. Chaque instant devient précieux, parce que, quand quelqu’un a donné sa vie pour moi, je goûte le vrai bonheur qui vient à moi.

* *
Prenez, ceci est mon corps.
Ils prirent la coupe et en burent tous


Ce bonheur, ce n’est pas une promesse électorale. Ce bonheur, c’est Jésus qui me dit, comme mon ami : Prends mon corps !, bois à la coupe que je te donne. Si tu fais cela chaque semaine, tu sauras qui es ton ami. Tu sauras où puiser le courage qui te fera grandir, et tu sauras alors ce qu’est le bonheur. Si tu es fidèle à cette amitié-là, tu sauras alors offrir ton amitié à un autre, à une autre. Car tu sauras faire une promesse qui durera toute ta vie. Le bonheur ne se trouve que dans la fidélité à quelqu’un. Pas à des idées, à quelqu’un qui nous a fait grandir, que je ne me lasse pas de visiter et qui m’en remercie, alors qu’en fait, c’est moi qui aie à le remercier pour le témoignage qu’il m’offre de son amitié.

Alors voilà : vous êtes à la croisée de chemins :
- Soit vous envoyez tout balader parce que vous avez fait votre "Grande Communion" et que vous êtes en règle. Vous ne serez que de petits fonctionnaires qui n’auront comme but dans l’existence que de conserver leur prés-carré.
- Soit vous vous souvenez que DIEU, ce n’est pas de la marmelade ; qu’Il vous a sauvés ; qu’Il a donné sa vie pour vous pour que vous connaissiez un vrai bonheur ; qu’Il vous offre la seule amitié qui ait de la valeur, qui vous donnera le courage de vivre pleinement. Alors vous lui faites la promesse de Lui être fidèles toute votre vie, même dans les moments où vous vous poserez des questions. Parce que Lui, Il est fidèle. Comment le savez-vous ? En prenant son corps chaque fois qu’Il vous y invite, tout au long de votre vie.
Si vous faites ça ; si vous choisissez désormais cette fidélité, alors vous deviendrez vraiment mes frères et sœurs. Vous saurez que vous pouvez compter sur moi et moi, je saurai que je peux compter sur vous. Vous découvrirez la vraie vie qui ne consiste pas à faire des promesses en l’air, mais à offrir sa vie jusqu’à la mort, parce que c’est ce qui vous a fait grandir, et que vous voulez à votre tour faire grandir les autres. Pour cela, vous ne pourrez compter que sur DIEU et sur son amitié telle que Jésus nous le révèle. Tout le reste, qui ne prend pas appui sur cette amitié en prenant les moyens de la conserver fidèlement, c’est du vent.

Bonne route !

Avec mon affection fraternelle.

+ Père Alain.


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