[ Un Esprit d'unification
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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Un Esprit d’unification

Homélie du Dimanche de la Pentecôte (23 mai 2010)

• Actes des Apôtres 2,1-11
« Ils virent apparaître
comme une sorte de feu
qui se partageait en langues
et qui se posa sur chacun d’eux. »

• Psaume 103
« Quelle profusion dans tes œuvres Seigneur ! »

• Lettre de saint Paul Apôtre
aux Romains 8,8-17
« L’Esprit de DIEU habite en vous »

• Évangile de Jésus-Christ
selon saint Jean 15,26...-16,15
« L’Esprit rendra témoignage en ma faveur »



Dieu éternel et tout-puissant, tu as voulu que la célébration du mystère de Pâques dure cinquante jours et s’achève avec la Pentecôte ; fais que les hommes, en proie aux divisions de toute sorte, soient rassemblés par l’Esprit Saint pour que chacun dans sa langue te rende gloire.
(Oraison du début de la messe du samedi soir)


Ils virent apparaître comme une sorte de feu
qui se partageait en langues
et qui se posa sur chacun d’eux.

Première remarque : il n’est pas question ici de colombe, mais de langues de feu.

Le violent coup de vent et le feu font référence à l’épisode que célèbre la Pentecôte juive : le don des 10 Commandements sur le mont Sinaï à Moïse. Voici la description de l’événement :
« Le troisième jour, dès le matin, il y eut des coups de tonnerre, des éclairs, une lourde nuée sur la montagne, et le son d’une trompette puissante ; dans le camp, tout le peuple trembla. Moïse fit sortir le peuple hors du camp, à la rencontre de Dieu, et ils restèrent debout au pied de la montagne. La montagne du Sinaï était toute fumante, car le Seigneur y était descendu dans le feu ; la fumée montait, comme la fumée d’une fournaise, et toute la montagne tremblait violemment. Le son de la trompette était de plus en plus fort. Moïse parlait, et Dieu lui répondait dans le tonnerre. » (Ex 19,16-19)

Les deux épisodes s’éclairent mutuellement :
- la Pentecôte de Moïse fait comprendre que la Pentecôte sur les apôtres est de même teneur, de même importance fondatrice. Le peuple de DIEU est créé à ce moment-là au Mont Sinaï, et l’Église est créée à son tour au Cénacle où sont rassemblés les apôtres.
- la Pentecôte des apôtres fait comprendre que la Pentecôte de Moïse était déjà une œuvre de l’Esprit Saint, pour une Loi qui devrait être entendue, à terme, en toutes les langues, afin que toutes Nations puissent rendre gloire à DIEU, comme le dit magnifiquement l’oraison du début de la messe du samedi soir.

* *
Quelle profusion dans tes œuvres Seigneur !

C’est par la Pentecôte que DIEU renouvelle la face de la terre. À partir de ce moment, l’Église, assez miraculeusement, va répondre à sa mission, annoncer le Christ à toutes les Nations et changer le cours de l’Histoire. Et c’est un bien, n’ayons pas peur de le dire. Cessons d’avoir honte des œuvres de DIEU, comme toute une culture de mort voudrait nous y pousser !

Ce psaume rend gloire à DIEU : c’est encore l’accomplissement de l’oraison du début de la messe.

* *
L’Esprit de DIEU habite en vous

Si l’Esprit de DIEU habite en nous, c’est précisément pour travailler à notre unification. Et DIEU sait si nous en avons besoin aujourd’hui, dans une société d’autant plus angoissante et mortifère qu’elle joue à faire exploser nos existences : travail sans cesse menacé, multi-activisme, sollicitations permanentes de nos sens, mensonges orchestrés pour provoquer des paniques – ou pour les endiguer lorsqu’elles dépassent les pronostiques –... C’est cela que Paul nomme la chair (et qu’on laisse le "sexe" en dehors tout ça !). La chair comme cet asservissement au moindre de nos désirs, sans plus accepter aucune frustration, aucun recul, et ne plus réagir que par des révoltes capricieuses, aussi bruyantes que futiles. Dans un tel monde, divisé à outrance, intérieurement et extérieurement, DIEU n’a pas d’avenir ; et l’homme non plus.

Un exemple simple : le téléphone portable. Il est devenu notre cordon ombilical virtuel qui nous donne l’illusion d’être en vie. Nous le touchons, nous le caressons dans notre poche ; les jeunes le gardent fébrilement à la main comme un grigri qui les rassure : "je reste branché ! Au cas où quelqu’un penserait à moi !". On marche – non, on court dans la rue, portable à l’oreille, préférant parler en criant son mal-être à tous les passants, sans les voir, sans voir son correspondant... Et l’on raccroche en attendant, angoissé, le prochain appel. Nous sommes divisés.

Comment en est-on venu là ? Sans doute en oubliant que le téléphone portable est un instrument d’adulte, tout comme l’ordinateur. Offrir un téléphone portable à des enfants de 10 ans, c’est tuer en eux l’espace et le temps par lesquels ils pourront se construire en apprenant à gérer leurs frustrations, à compter avec les autres, à oser regarder leurs interlocuteurs dans les yeux et tout simplement... vivre ! Vivre avec les autres, pour eux, comme avec des frères et sœurs qui ne soient pas uniquement des larbins que je licencie à la moindre incartade. Quand je vis avec un frère, je ne peux pas me contenter de lui raccrocher au nez pour l’effacer de ma mémoire !

Seule une vraie vie spirituelle nous permet d’exister comme nous l’espérons au plus profond de nous.
L’Esprit de DIEU habite en nous... pour unifier notre vie. L’unifier dans le silence, source de paix, de rencontre et de croissance. DIEU ne peut se recevoir que dans le silence, pour pouvoir entendre et écouter sa Parole pacifiante, d’une profondeur de vérité qu’aucune sagesse humaine ne pourra jamais égaler. Parole exigeante aussi, qui n’écarte pas les obstacles, mais nous propose de les franchir victorieusement avec l’aide du Christ et de son Père. À condition de savoir encore l’appeler : « Abba ! »

* *
L’Esprit rendra témoignage en ma faveur

Lorsqu’on sait prendre ce temps de silence, tellement essentiel dans une vie digne de ce nom ; lorsqu’on cherche en vérité à donner un sens à cette vie, alors DIEU se présente, par son Esprit Saint envoyé sans mesure, pour unifier notre vie en Jésus Christ.

Par l’Esprit Saint, la parole du Christ résonne en nous, pacifiante, fortifiante, pleine de courage et d’espérance. Une parole qui nous rappelle qu’en nous, DIEU a déposé, par le baptême, un trésor infini de bonté et de beauté ; une médication pour combattre et vaincre nos souffrances les plus intimes et les plus angoissantes.

Par l’Esprit Saint, nous faisons l’expérience que rien ne peut nous séparer de l’amour du Christ, et nous retrouvons l’Église comme une Mère, dans tout son courage et sa fidélité à l’Esprit Saint de qui elle est née un beau jour de Pentecôte, 50 jours après la résurrection.

C’est de cet Esprit qu’il nous faut vivre à présent, dans le Temps Ordinaire de la liturgie qui rythme désormais notre vie dans les semaines qui viennent.

Je nous souhaite à tous de garder ce silence de l’Esprit comme un trésor de vie qui, seul, donnera à notre communauté paroissiale de rayonner et de grandir dans l’amour.

+ Père Alain


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