[ Un peuple de prophètes
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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Un peuple de prophètes

Livre des Nombres 11,25-29
« Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! »

Psaume 19(18),8.10.12-13.14
« Préserve aussi ton serviteur de l’orgueil :
qu’il n’ait sur moi aucune emprise. »


Lettre de saint Jacques 5,1-6
« Vous autres, maintenant, les riches ! Pleurez, lamentez-vous sur les malheurs qui vous attendent. »

Évangile de Jésus Christ selon Marc 9,38-43.45.47-48
« Celui qui n’est pas contre nous est pour nous. »

- lire l’intégralité des textes de ce dimanche




La liturgie nous met sous les yeux deux réalités difficiles à gérer humainement : l’appartenance au groupe élu, et la destination des richesses.

L’appartenance au groupe élu : qu’il est difficile aux hommes et aux femmes de ne pas regarder ceux qui appartiennent à un groupe différent du leur comme des ennemis ! Ou à tout le moins des concurrents, des adversaires. Voire ce petit je-ne-sais-quoi qui fait que « tu n’appartiens pas à ma tribu », donc on te tolère, puisqu’on ne peut pas faire autrement... On appellera ça l’« esprit de famille ». Et l’on n’aura pas forcément tort, mais lorsqu’il s’agit du Christ, c’est autre chose. Croire en Christ, d’une manière ou d’une autre, devrait être une source de paix, et non de haine. Untel croit comme ceci, tel autre croit autrement, et alors ? L’essentiel est de croire en Christ et de lui être fidèle, quels que soient les moyens pour cela.

Là où ça pose problème, c’est quand les chrétiens envisagent leur mission en termes de parts de marché. Les Catholiques ont tant d’adhérents ; les Orthodoxes en ont tant, et les protestants, etc. Pire encore : à l’intérieur de chaque groupe : chaque église protestante vis-à-vis des autres ; chaque clocher protestant ; chaque patriarcat orthodoxe ; chaque congrégation catholique ; chaque groupe catholique, et j’en passe. Quand ces différences sont vécues comme des richesses, ce ne peut être que réjouissances. Mais c’est malheureusement à cause des dissensions entre ces groupes que l’évangélisation de tant de peuples a échoué.

À l’origine de cet échec ? Des chrétiens mal dégrossis, partisans, qui sont devenus des contre-témoins du Christ et de son message de miséricorde. Parce que derrière tout ça se tient le spectre de l’argent. Donc le problème d’aujourd’hui est le suivant : que nous ayons de l’argent n’est pas un mal en soi. Maintenant, posons-nous la question : que faisons-nous de cet argent, AU NOM DU CHRIST ? J’insiste : au nom du Christ, car il ne s’agit pas ici de parler de valeurs ou de faire de la morale. Le Baptême nous a configurés au Christ, donc toutes nos actions doivent être prophétiques du Christ en ce monde. Raison pour laquelle notre premier réflexe est de nous attacher à la figure du Christ. Nous savons, vous et moi, que nous sommes faibles ; que nos valeurs ne sont rien quand la “raison” nous dicte de ne pas les appliquer... Venir célébrer l’Eucharistie, c’est justement venir nous raccrocher au Christ chaque dimanche pour ne pas perdre la liberté qu’il nous donne, qui est notre trésor le plus précieux !

Alors discernons : si mon argent ne me sert qu’à moi-même, qu’à mon bien-être ; si mon argent me fait regarder les autres comme des moins que rien ; si mon argent me pousse au mépris ; si mon argent me fait négliger, voire bafouer le bien commun, alors nul doute que mon argent me pousse vers la Géhenne. Si mon argent est mis au profit du bien commun ; si mon argent est utilisé en conformité avec mon désir de suivre le Christ, alors cet argent fera de moi un bon intendant des biens de ce monde, et le Seigneur m’en sera reconnaissant.

Donc au nom du Christ, quel regard sur le bien commun suscite l’argent en ma possession, que j’en ai beaucoup ou peu ? Sachant aussi que plus je serai dans le Christ, plus j’aurai le sentiment d’avoir beaucoup d’argent à donner, quand bien même j’en aurai objectivement peu ; et moins je serai dans le Christ, et plus j’aurai le sentiment de ne pas avoir suffisamment d’argent pour en donner, quand bien même j’en aurai objectivement beaucoup, voire trop.

Jésus n’avait rien, parce que sa vie n’était que DON. Voilà notre repère. À chacun de se déterminer à partir de cet axe précis. Non au nom d’une morale, mais au nom de la PROPHÉTIE : mon argent fait-il de moi un prophète ? Si oui, ce sera la direction du paradis ; si non, ce sera la direction de la Géhenne. Et cela vaut évidemment au niveau d’une Communauté paroissiale tout entière, et de l’Église tout entière. Que Jésus nous donne de faire le choix du bien commun tous ensemble, chacun avec les moyens qui sont les siens, mis au service du tout.

Avec toute mon affection fraternelle,

Père Alain


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