[ Une lumière se lève
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
http://saintsymphorien.net/Une-lumiere-se-leve

Une lumière se lève

• Livre d’Isaïe 9,1-6
« Le peuple qui marchait dans les ténèbres
a vu se lever une grande lumière. »

• Psaume 96(95),1-2.3.11-12.13
« De jour en jour, proclamez son salut,
racontez à tous les peuples sa gloire,
à toutes les nations ses merveilles ! »

• Lettre de saint Paul Apôtre à Tite 2,11-14
« La grâce de Dieu nous apprend à rejeter le péché,
pour vivre dans le monde présent
en hommes raisonnables, justes et religieux. »

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 2,1-14
« Ne craignez pas, car voici
que je viens vous annoncer une bonne nouvelle :
Aujourd’hui vous est né un Sauveur,
dans la ville de David. »

- lire l’intégralité des textes de Noël

- Lire l’homélie de la fête de la Sainte Famille



Le peuple qui marchait dans les ténèbres
a vu se lever une grande lumière

Il n’est rien de dire aujourd’hui que notre monde est dans un grand malaise, un grand mal-être... Il fait scintiller les paillettes du show-biss, mais ce sont des étincelles, qui ne durent pas.

Notre monde a besoin, non pas de paillettes, mais de feux qui brulent pour l’accompagner sur le chemin de la vraie liberté : la liberté intérieure, faite non pas d’indépendance ou de certitudes, mais de charité, de don de soi, d’oubli de soi pour que les autres — mes frères, mes sœurs, mes amis — puissent se dégager de leurs langueurs, leurs peurs, leurs amertumes.

L’amour comme désappropriation de soi. À quoi puis-je voir que je suis aimé ? lorsque quelqu’un livre pour moi sa vie. « Pas de plus grand amour que de livrer sa vie pour ceux qu’on aime », dira plus tard Jésus. C’est là le plus beau cadeau que se font les époux ; le plus beau cadeau que font des parents à leurs enfants ; le plus beau cadeau qu’un ami fait à son ami. Et c’est précisément à cela qu’on reconnaît que DIEU nous aime : il se présente à nous en se vidant de sa divinité, en s’offrant à prendre dans nos mains, en s’offrant à connaître au fond du cœur.

Voilà tout le Mystère de Noël : non pas simplement une poupée barbie que l’on place dans une crèche, mais le mystère de l’immensité du monde qui s’anéantit pour se mettre à ma portée et me révéler, telle une torche radieuse ma grandeur, ma dignité, mon appel, ma vocation... Comment marcherai-je si nul ne m’appelle, si nul ne me dit que je vaux le coup, si nul ne m’aime ? Voilà la ténèbre de notre monde : avoir fermé ses oreilles à cet appel, exigent ; et voilà la mission de l’Église : ne jamais taire cet appel qui surgit du fond des temps, du fond des âges, pour la plus grande dignité humaine et la plus grande gloire de DIEU.

* *
De jour en jour, proclamez son salut,
racontez à tous les peuples sa gloire,
à toutes les nations ses merveilles !

La grande crise de notre monde est l’absence de transmission. Qui, aujourd’hui, ce soir, osera témoigner à sa femme, son mari, ses enfants, de la lumière que représente le Christ pour lui ? « Le Christ a été le compagnon radieux de toute mon existence », avouait Louis de Funès. Peut-être que de toute sa carrière, c’est cela qu’il faudrait retenir, car alors découvririons-nous la source du véritable humour, qui n’éclabousse jamais, ne détruit jamais, mais cherche à relever, par le sourire et le rire...

Pourquoi la foi est-elle devenue une affaire privée, alors qu’elle devrait être la chose publique la plus avérée parce que la plus riche et la plus belle, celle qui construit une véritable société entre les hommes, où les énergies se dépensent pour les vrais combats de l’existence ; où les hommes se mettent debout les uns les autres ; où les regards se croisent au lieu de se fuir ; où la parole se proclame au lieu de se taire ; où l’amour se transmet fièrement au lieu de se cacher dans la honte.

* *
La grâce de Dieu nous apprend à rejeter le péché,
pour vivre dans le monde présent
en hommes raisonnables, justes et religieux

« Vivre dans le monde présent »... L’Église n’est pas une secte. Une secte se retire du monde. L’Église, elle, se met à l’écoute du monde, des hommes, des valeurs. Elle seule propose une anthropologie qui dépasse les frontières, et qui va faire que des européens, des africains, des indiens, des latino-américains, des asiatiques, que sais-je ? Tous témoignent que la rencontre du Christ a été une véritable révolution dans leur vie. Un essor inimaginable. Une source d’énergie lumineuse puisée à la source de l’amour, à la grâce qui jaillit du cœur de DIEU, pour vaincre en eux-mêmes ce qui, jusque là, les maintenait prisonniers des conditionnements culturels, souvent déjà très riches, mais pourtant aveugles et en défaite permanente sur le péché dont le Christ vient nous libérer aujourd’hui, maintenant.

Le péché — un mot bien malmené — qui nous fait décider du bonheur de l’autre, ou qui le fait dépendre du nôtre. Le péché qui nous fait dire : Si tu ne m’apportes rien, c’est que tu me voles mon espace vital. Ce péché à la source de toutes nos guerres, de toutes nos défaillances intérieures, et que seul l’Amour qui se livre totalement, qui ouvre ses bras comme cet enfant de nos crèches, comme DIEU Lui-même, peut vaincre en nous par la grâce...

Être pour ce soir de ces hommes et de ces femmes envahis par l’amour du Christ, par la conscience religieuse de leur grandeur, pour être dans le monde des êtres raisonnables, justes et porteurs de paix... Et plein d’humour, pour un rire à gorge déployée, un rire qui nous élève, un rire qui ne se moque pas. De ces rires qui retentissent sous les tentes de Port-au-Prince en ce moment malgré la détresse d’Haïti ; qui retentissent à Bethléem, à Bagdad, aux endroits les plus dangereux de la planète pour les chrétiens d’aujourd’hui qui osent encore proclamer qu’ils seront disciples du Christ jusqu’à la mort. Non par idéologie, mais par amour de l’homme, par amour de DIEU. Des « hommes raisonnables, justes et religieux ».

* *
Ne craignez pas, car voici
que je viens vous annoncer une bonne nouvelle :
Aujourd’hui vous est né un Sauveur,
dans la ville de David

La ville de David, c’est Bethléem, certes, mais c’est surtout Jérusalem, la Cité de la Paix. Jérusalem qui est le miroir de la paix tel que le monde la vit... Si Jérusalem n’est pas en paix, c’est que le monde n’est pas en paix.

Jésus est venu donner la Paix. En cela, il est le Messie. Et le Messie n’est pas un tyran, un despote politique : il vient comme un enfant. Devant Lui naît la véritable paix, celle qui conduit au bonheur et à la joie d’une communion intérieure unique, comme une grâce que seule l’amour peut offrir en se révélant dans la vulnérabilité de l’être.

Ce soir est lumineux si l’enfant Jésus est en nous. Ce soir vient à nous le Salut pour que nous transmettions cette nouvelle autour de nous. Ce soir, la paix peut grandir à Jérusalem si elle grandit dans notre cœur.

Le Christ est venu pour apporter cette paix. C’est elle que nous implorons et que nous recevons dans cette Eucharistie.

Avec toute mon affection fraternelle,

+ Père Alain


Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Dans l'Eglise

Diocèse d'Autun

Pastorale du Tourisme du diocèse d'Autun

RCF Parabole

Eglise de France

Nouvelles du Vatican

Suivre le Pape François avec L'Osservatore Romano

Zenit, le monde de Rome


(|non)]