[ Une promesse de joie
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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Une promesse de joie

Homélie du 3e dimanche du Temps de l’Avent (Année B)

Livre d’Isaïe 61,1-2a.10-11
« Le Seigneur Dieu fera germer la justice et la louange devant toutes les nations. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1,46b-48.49-50.53-54
« il se souvient de son amour »

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 5,16-24.
« N’éteignez pas l’Esprit »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 1,6-8.19-28
« Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas. »

- lire l’intégralité des textes de ce dimanche




Ce dimanche est celui de Gaudete. Le dimanche de la joie, au dernier tiers du Temps de l’Avent. Et il nous pose la question : attention, c’est bientôt la fête de la Nativité, comment t’y prépares-tu ?

Quand on pense qu’un petit peuple s’est préparé à la venue du sauveur plus de 500 ans auparavant, grâce au prophète Isaïe. Quand on pense que seuls quelques hommes et quelques femmes ont su le reconnaître lorsqu’il s’est manifesté en Jésus — il faut dire qu’il ne s’est pas manifesté de la manière dont les hommes s’y attendaient — Quand on pense que depuis plus de 2000 ans, des générations et des générations de chrétiens puisent dans la prière, dans l’étude de l’Écriture et dans la vie des Sacrements cette puissance de toujours regarder en avant ; de garder les yeux fixés sur l’horizon, marchant pas à pas, sans jamais désespérer, vers la promesse... Quand on pense à tout cela, c’est alors qu’on commence à découvrir le véritable trésor de la foi : l’homme n’est véritablement lui-même que lorsqu’il est en marche. Et je ne suis en marche que lorsque mon cœur porte une espérance. L’orgueil, lui, me fait m’assoir sur mes certitudes et me fait railler tous ceux qui ne pensent pas comme moi. L’orgueil pose ma vie dans l’ennui et ne la meuble plus que par une suite de distractions, de divertissements pour oublier que je n’ai plus d’espérances. Point n’est là le cœur de la vie du Christ, et à sa suite, du chrétien.

Aujourd’hui, la liturgie réveille notre somnolence orgueilleuse en nous rappelant cette attente, portée par Israël et relayé par l’Église, d’un Messie qui saura nous rassembler et nous mener vers la paix. Une paix qui ne s’achète pas, ni à Carrefour, ni sur les places boursières. Une paix qui ne se construit pas en exportant la guerre à l’extérieur. Vous savez : inutile de nous plaindre que la paix n’arrive pas tant que nous tirerons profit de la vente des armes. "Je ne vous donne pas la paix comme le monde la donne", dira Jésus. Et cette paix, elle est d’abord à l’intérieur de nous. Nos crèches les plus belles sont celles de nos propres vies : notre regard, nos mains, nos pas. Voilà où le Messie demande à être reçu. Mais est-ce que je prépare en ces jours ma vie comme une crèche, ou est-ce que je me contente d’aller acheter des cadeaux sans comprendre que c’est d’abord de ma vie dont je dois faire cadeau à mes frères, mes enfants, ma femme, mon mari, etc.

Alors voilà. Ce message d’Isaïe, Jésus se l’appropriera, car c’est Lui, véritablement, le Messie. Tous ceux qui L’ont reçu en ont fait l’expérience. Un Messie qui ne cesse de venir, au sens où, par la puissance de la résurrection, le voici présent en chacun de nous à travers le mystère de l’amitié qui nous unit intimement à Lui — prise au plus fort du terme, évidemment ! Pas au sens de FB ! —. D’une présence intérieure qui nous fait espérer sa venue dans la Gloire, c’est-à-dire non pas tant "triomphante" que plénière, entière, avec tout le poids de joie [1] que cette rencontre enfin advenue peut apporter. C’est alors qu’advient la joie. Une joie qui ne nous renferme pas sur nous mais nous fait nous ouvrir au vrai monde : celui qui est autour de nous, à portée de main, ici et maintenant. Car l’éternité commence aujourd’hui, et cet aujourd’hui, voilà ce que nous rappelle la fête de la Nativité, pour inscrire la joie au cœur d’un monde qui l’a totalement perdue, au nom de la "raison pure".

Attendre Noël, c’est espérer la joie. C’est ne jamais cesser de marcher. C’est éprouver notre existence comme une magnifique Venue du Seigneur, non pas extérieure, mais intérieure, lumineuse, rayonnante. Tel est notre trésor, à côté duquel toutes les fortunes de ce monde ne sont que de la paille qu’emportera bien vite le vent de la vanité. Ne soyons pas de la paille ! Soyons de ces arbres plantés en terre et les branches élevées vers le ciel ! Alors nous verrons la venue de DIEU en son Christ, une venue qui a déjà commencé et qui ne cesse de d’envahir le monde comme la sève monte pour faire jaillir la vie au cœur de ceux qui savent l’accueillir pour lui faire porter un fruit qui demeure.

Avec mon affection fraternelle,

Père Alain


Notes

[1 Gloire en hébreu se dit Kavod , qui signifie Poids. La Gloire , c’est ce qui a du poids dans l’existence.

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