[ Va vers toi, vers ta transfiguration en Christ
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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        Va vers toi, vers ta transfiguration en Christ

Va vers toi, vers ta transfiguration en Christ

Livre de la Genèse 12,1-4a
« Le Seigneur lui dit : « Va vers toi !. »

Psaume 33(32),4-5.18-19.20.22
« Que ton amour, Seigneur, soit sur nous
comme notre espoir est en toi ! »


Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 1,8b-10
« le Christ Jésus, s’est manifesté en détruisant la mort. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,13-16
« Il fut transfiguré devant eux. »

- lire l’intégralité des textes de ce dimanche




Va vers toi !


Parole essentielle que vous n’avez pas entendue pendant la lecture car les traductions — allez savoir pourquoi ? — s’entêtent toutes à rendre par « Quitte », ou « Va-t-en »... Parole essentielle que, personnellement et si j’avais un blason, je prendrais pour emblème. Car en fait tout est là, en particulier alors que nous commençons ce nouveau carême. Il s’agit d’aller vers soi. Voilà le chemin, le seul que DIEU veut me réouvrir là où le péché me le ferme.

Pourquoi le péché me ferme-t-il ce chemin ? Parce qu’il m’apparaît que le premier des grands besoins de l’homme, le "Besoin des besoins" oserai-je dire, n’est pas tant, comme on le dit souvent, d’être aimé et d’aimer — on brûle les étapes en affirmant cela tout de go —, qu’un Besoin de justice envers soi-même et envers les autres. Or le péché est pervers au sens où il fait prévaloir la justice envers soi avant la justice envers l’autre, rendant injuste la justice envers moi-même ! Le péché introduit donc une contradiction qui m’est insupportable, raison pour laquelle je refuse alors d’emprunter le chemin qui mène à l’intérieur de moi, parce que j’ai tout simplement une peur épouvantable de ce que je vais pouvoir y trouver d’inavouable !!! Je me forge une carapace qui, en m’interdisant l’accès à l’insupportable, m’interdit du même coup l’accès à ce qui fait ma plus grande richesse : la rencontre de moi-même avec DIEU.

Car DIEU seul me fait découvrir le second "Besoin des besoins" de l’homme : la miséricorde. Car le péché redouble ici de perversité : il me persuade que, dans l’injustice dans laquelle je me suis volontairement plongé, personne ne peut me pardonner ! Je dois cacher, quand ce n’est pas me cacher à moi-même, ce qui est insupportable à mes yeux — je suis injuste ! — et qui — d’après moi — ne peut être qu’insupportable aux yeux des autres, et de DIEU en particulier.

C’est pourtant là que surgit l’Amour, avec un grand "A". C’est là que surgit l’Amitié qui est le sommet de l’Amour, mais qui passe inévitablement par la Miséricorde, ce qu’on appelle du nom merveilleux de charité. C’est là un travail que je ne peux pas faire sans l’autre, car aimer, c’est avant tout accepter que l’Autre me pardonne !

Nous allons, au terme de ce carême, partager à nouveau l’argent mis de côté pour la construction de la chapelle de la Favella des Alagados où le père Étienne Kern est en mission. Ce peut être un geste de générosité. Mais si ce n’est que cela, alors nous sommes déjà passés à côté. Car nous ne voyons pas l’injustice pourtant criante entre notre niveau de vie occidental et celui de ces hommes et de ces femmes qui payent de leur misère notre bien-être ! Pour nous en convaincre, il suffit de visionner ce reportage de 2005 sur cette favella, alors qu’à l’époque — le pape Jean-Paul II vient de mourir —, le prêtre qui en était le curé était le père Bernard de Villanfray. C’est un reportage de France 2 (Allez directement à 12mn50)

Nous ne voulons pas voir cette injustice, pour laquelle, me direz-vous, nous ne sommes pour rien... Certes, nous ne pourrons pas changer la structure de péché dans laquelle nous sommes immergés et qui institue cette injustice. Mais nous pouvons au moins nous demander ce que nous attendons, nous, de ces hommes et de ces femmes qui, tous chrétiens, nous offrent la miséricorde de DIEU. Ils ne nous en veulent pas. Ils nous aiment, au milieu de leurs combats, de leur détresse, parce que le Christ est leur seule richesse.

Et ce faisant, ils nous précèdent sur le chemin qui nous fait aller vers nous-mêmes. Ils sont pour nous des anges de DIEU qui nous disent, lorsque nous sommes fatigués sur ce chemin, lorsque nous voudrions ne pas le prendre : « Debout et mange ! La route est encore longue ! » (cf. 1R 19,5). Manger quoi ? L’Eucharistie à laquelle ils se pressent eux-mêmes et qui nous met en communion avec eux par le Christ. Et de quelle route s’agit-il ? Il s’agit de la route qui mène vers soi. Va vers toi !

Va vers toi pour y trouver le Christ ressuscité !
Va vers toi pour y trouver la miséricorde là où tu es épouvanté par ta propre injustice !
Va vers toi pour trouver le pardon là où tu te trouves impardonnable !
Va vers toi pour y trouver ta propre transfiguration saisie dans la transfiguration du Christ !
Va vers toi pour t’ouvrir enfin à la Gratitude : chaque exercice de gratitude est un pas vers la Vérité qui siège en moi, une Vérité de justice et de miséricorde — jamais l’un sans l’autre —.

N’aie pas peur de cette injustice qui est en toi : Debout et mange ! Mange le pain de l’Eucharistie qui t’est donnée par le Christ en sa propre Chair transfigurée, ressuscitée. Et à sa Lumière, confesse ta foi et ton péché ! Ne parviens pas à Pâques le cœur lourd !

Écoutons déjà ce passage de la grande homélie du Samedi Saint que nous entendrons intégralement dans quelques semaines :

Que ceux qui cherchent DIEU et qui aiment le Seigneur viennent goûter la beauté et la lumière de cette fête ! Que tout serviteur fidèle entre avec allégresse dans la joie de son Maître ! […]
Entrez tous dans la joie du Seigneur ! Et les premiers et les seconds, soyez comblés ! Riches et pauvres, communiez dans la joie ! Avez-vous été généreux ou paresseux ? Célébrez ce Jour ! La table du Festin est chargée : goûtez-en tous sns l’ombre d’une réticence. Le veau gras a été préparé : que personne ne reste sur sa faim. Venez tous goûter au banquet de la foi, venez puiser aux richesses de la Miséricorde !


Va vers toi !

Avec mon affection fraternelle,

† Père Alain


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