[ Vanité des vanités...
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
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Vanité des vanités...

Homélie du 18e dimanche ordinaire de l’année C (1er août 2010)

• Livre de l’Ecclésiaste 1,2.2,21-23
« Que reste-t-il à l’homme de toute la peine et de tous les calculs pour lesquels il se fatigue sous le soleil ? »

• Psaume 90(89),3-4.5-6.12-13.14.17
« Apprends-nous la vraie mesure de nos jours : que nos cœurs pénètrent la sagesse. »

• Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 3,1-5.9-11
« Recherchez donc les réalités d’en haut. »

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,13-21
« Ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu. »

- lire l’intégralité des textes de ce jour



Que reste-t-il à l’homme
de toute la peine et de tous les calculs
pour lesquels il se fatigue sous le soleil ?

Voici une question de la sagesse universelle. L’auteur se nomme l’Ecclésiaste, parce qu’en hébreu, son nom, Qohélèt, signifie Celui qui rassemble. Et de fait, il semble ici rassembler toutes les questions d’un homme à la fin de sa vie, qui a trimé sous le soleil en espérant sans doute changer le monde, mais qui voit que toute chose ne fait, dans le fond, que se répéter inlassablement, pour n’aboutir, en fin de compte, qu’à la mort. Car la mort reste bien, somme toute, la seule certitude en ce monde...

Face à elle, les velléités de l’existence semblent vaines, puisqu’elles seront toutes recouvertes, un jour ou l’autre, par la mort : vanité des vanité, ou plus exactement : fumée de fumée, c’est-à-dire vraiment pas grand chose ! Et ce n’est même pas respirable !

Il fallait bien un livre comme celui-là dans la Bible. De même que les récits historiques nous présentent des figures souvent “brut de décoffrage” que le Seigneur prend avec Lui pour les façonner et leur apprendre le chemin intérieur par lequel ils témoigneront de l’Alliance ; de même, donc, la sagesse des hommes apparaît ici dans toute l’impasse de son questionnement devant le mystère de la souffrance et de la mort.

Dans le fond, le Qohélèt nous dit : pas de sagesse dans l’Alliance si tu n’assumes pas les questions fondamentales de tout homme.

Car enfin, ce n’est pas autre chose que ce questionnement que le Christ est venu revêtir ; dans lequel il est venu plonger. Regardons-le à Getsémani : son angoisse est tout entière celle de ce livre ! Et voici que sa sueur devient comme du sang, nous dit saint Luc...

Ne nous cachons pas les angoisses du monde en nous réfugiant dans la religion. Cela ne serait pas honnête. Et puis cela ne serait qu’une fuite de nos propres angoisses, ce qui ne servirait à rien : vanité, fumée de fumée.
Ne faisons pas non plus comme le monde maternant de l’Occident qui ne crée plus de lois que pour panser les plaies de ses petits concitoyens en leur donnant leurs sous pour faire marcher la machine à consommer ! Cela aussi est vanité, fumée inconsistante.

En revanche, comme nous y exhorte le Psaume, regardons notre vie en prenant d’abord la main de DIEU. Et alors tout change !

* *
Apprends-nous la vraie mesure de nos jours :
que nos cœurs pénètrent la sagesse

Tout change... parce que notre vie change. Certes, la roue inexorable des cycles de la vie continue de tourner, mais c’est nous qui ne tournons plus. Parce que tout à coup, un but nous est offert, une destinée, une route s’ouvre à nous !

D’abord, comme le dira le Qohélèt à la fin de son livre, parce que l’homme, par la foi, est capable de reconnaître que le monde est dans la main de DIEU. Il n’est pas dans la main de l’homme, mais de DIEU qui lui confère son être et son existence : À tes yeux, mille ans sont comme hier...

Mais voilà : ce DIEU n’est pas n’importe quel DIEU : Il est le DIEU de l’Alliance. C’est-à-dire qui visite son peuple, qui l’accompagne. Mieux : qui Lui montre qu’une espérance est la clef de tout, qui conduit à une éternité de bonheur en sa présence.

Une espérance qui commence dès à présent, à condition de mettre sa confiance en DIEU. Alors survient une grande victoire : la victoire sur le péché, qui, lui, creuse en nous le désespoir.

Bien sûr : le péché obscurcit notre regard. Nous ne voyons le monde et ses richesses que comme autant d’objets que nous tenterons de garder pour nous. Alors nous travaillons, nous trimons pour amasser des bien, nous faire une maison, y mettre une piscine, un conjoint, un enfant, un chien et un poisson rouge... Sans oublier le “bouquet” télévisuel, pour être bien sûr de rester chez soi le soir et surtout ne pas laisser les voisins nous déranger... Surtout quand il y a le Tour de France ou quelque finale mondiale de foot ou de rugby.
On passe donc toute sa vie à aménager la maison, arroser la pelouse, remplir les congélateurs... à rigoler avec les copains en ne parlant surtout de rien d’autre que de futilités ou du boulot, ou des “autres” à critiquer (c’est le meilleur moyen de ne jamais parler de soi, de crainte qu’on y décèle quelque ombre angoissante)...

Et voilà que...
Oh, inutile de chercher l’accident ou la maladie... il suffit de voir à quel point plus nous avons de biens, plus nous avons d’argent, plus nous avons de connaissance, et plus notre vie est désenchantée. Plus la mort vient nous saisir pour nous envahir et nous désespérer.

Sauf lorsque, dans notre vie, nous avons prioritairement cultivé notre relation à DIEU : Rassasie-nous de ton amour au matin, que nous passions nos jours dans la joie et les chants !, c’est alors que s’offre à déchiffrer le secret pour ne pas laisser l’ombre du péché obscurcir notre vie ! .

Il suffit tout simplement, par exemple, de prier le matin, chanter un bon coup à DIEU notre reconnaissance. Vous verrez que votre journée n’aura pas été vaine ! Et de recommencer le soir. Quelle est donc l’activité diabolique qui nous fera placer des actions "plus prioritaires" à ce moment-là ?

Et ce qui est vrai pour le Psaume est encore plus vrai avec saint Paul.

* *
Recherchez donc les réalités d’en haut !

Voilà encore ce saint Paul et ses exhortations ! Sûr que quand notre vie se résume à la piscine et au poisson rouge, les réalités d’en Haut nous semblent passer littéralement bien au-dessus de la tête !

Vous êtes ressuscités avec le Christ !... Qu’est-ce que cela veut dire ?
Cela veut dire que nous avons déjà quitté les mirages du monde. Le Christ nous entraîne avec Lui pour voir l’invisible, c’est-à-dire l’essentiel des choses, et non leur surface. Dans le Christ, nous ne voyons pas que des rapports de force, avec la naïveté de croire que si nous sommes les plus riches, c’est que DIEU nous aurait bénis ; ou que si nous gagnons la guerre, c’est que "Dieu est avec nous". Ce dieu-là n’existe pas !

Non. Être ressuscité avec le Christ, c’est vivre dès aujourd’hui dans le Père ; voir que l’essentiel est à l’intérieur des êtres, des cœurs. Que le ciel est en nous comme en tout homme. Parce que DIEU, en Jésus Christ, a choisi d’habiter en nous, et que c’est là notre seule véritable richesse.

Et bien entendu, tout ce que le diable, le diviseur, pourra utiliser pour nous détourner du Père et de la résurrection, il le mettra en œuvre. Par l’argent.

* *
Ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même,
au lieu d’être riche en vue de Dieu

Qu’ajouter de plus ? Que les histoires d’héritages sont les plus dérisoires et les plus meurtrières des familles et de leurs descendance ? Et pourquoi, sinon parce que les parents n’ont pas su transmettre le véritable héritage, qui est la foi en Christ, dans le Père et dans l’Esprit Saint ?

Attention de ne pas uniquement laisser cette mission de transmission au "Caté" ! C’est par les parents d’abord, et la qualité de vie de la famille : le couple comme la fratrie, que se transmet le vrai trésor de la foi. Sans quoi, nos familles seront décimées par l’argent. Inutile d’en dire plus. Une famille avertie en vaut deux. Et DIEU n’est pour rien dans nos familles brisées.

Tournons-nous donc vers Lui tant qu’il est encore temps.
Le meilleur moyen est encore de prier. De prier ensemble, en couple ou en famille. Deux fois par jours : le matin et le soir. Aujourd’hui, avec le Magnificat ou le prions en Église, nous n’avons plus d’excuses... Et moi encore moins qui ai pour prier pas moins de 4 volumes de psaumes et de textes spirituels à prendre cinq fois par jours...

Là est notre vrai et notre seule richesse. Celle qui ne se partage pas en héritage, mais se transmet tout entière à tous : l’amour de DIEU manifesté en Jésus Christ pour vaincre en nous toutes les tendances du péché, qui dans le fond se résument toutes à l’esprit de possession, d’appât du gain et de la peur du lendemain.

Pauvre petit troupeau !
Fais confiance en ton DIEU, et tu verras que le trésor de l’Alliance est bien plus précieux que tout ce que les monde peut t’offrir comme paillettes et comme vanités.

* *
Exercice de la semaine

Il est tout simple : prier matin et soir avec les prières de vos missels mensuels.
Vous verrez ! Ça change la vie !

Que DIEU vous bénisse et vous garde en son amour,

+ Père Alain

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