[ Vivre au-dessus de la “moyenne”
Paroisse Saint-Symphorien-en-Côte-Chalonnaise
http://saintsymphorien.net/Vivre-au-dessus-de-la-moyenne
        Vivre au-dessus de la “moyenne”

Vivre au-dessus de la “moyenne”

• Livre d’Ézéchiel 2,2-5
« L’esprit vint en moi, il me fit mettre debout »

• Psaume 123(122),1-2a.2bcd.3-4
« Vers toi j’ai les yeux levés »

• Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 12,7-10
« Pour m’empêcher de me surestimer, j’ai dans ma chair une écharde »

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,1-6
« Un prophète n’est méprisé que dans son pays »

- lire l’intégralité des textes de ce jour




« L’esprit vint en moi, il me fit mettre debout »


Dans le fond, l’Esprit n’a guère d’autre rôle que de nous “mettre debout”. Être debout, c’est vivre. Mais non pas seulement survivre : vivre pleinement, vivre avec ce “plus” qui va faire que nous allons devenir prophètes en ce monde.

Il est certain que si nous ne visons qu’administrer les affaires, on n’a pas besoin de l’Esprit Saint. S’il ne s’agit que de faire en sorte que les rouages du monde tournent bien, on n’a besoin ni de l’Esprit, ni du Fils, ni du Père : on met en place un système et on le fait tourner. C’est ce qu’ont tout simplement voulu faire les “Lumières” — cette appellation m’a toujours étonné —, mais, il faut le reconnaître, c’est ce que veut faire en définitive tout homme qui ne vit pas de l’Esprit Saint. Le monde est comme réduit à ma mesure, et cela nous guette tous. Dès lors, les conséquences sont terribles, car nous devenons totalitaires, de ces “petits chefs” qui font valoir leur pouvoir dérisoire pour se donner l’impression d’exister alors qu’ils sont, dans le fond, déjà morts.

Vivre de l’Esprit, cela ne veut pas dire “être meilleur”, mais se mettre debout avec une âme différente, un objectif toujours plus exigent que ce que demande la “moyenne”. Autant l’avouer : aujourd’hui, 80% des jeunes que nous accueillons pour la préparation du baptême ou du mariage sont “non pratiquants”. Pourquoi ? Parce qu’on ne leur a pas donné le goût de l’aventure. On leur a dit : “Faites ce que vous pouvez pour vous en sortir” ; “Soyez des battants pour avoir un bon métier”. C’est déjà pas mal, mais c’est vrai que pour cet objectif, je n’ai pas besoin de DIEU.

Pour avoir besoin de DIEU, il faut que quelqu’un fasse résonner son appel. Non pas en étant totalitaire, mais en étant prophète, c’est-à-dire témoin. Témoin non de ce qu’il “faut faire” — ce ne serait que du moralisme —, mais de ce que le Seigneur a fait pour nous. Il ne s’agit pas de convertir, mais de se convertir. Le chrétien n’est pas celui qui dit : “Venez à la messe !”, mais “Je vais à la messe”. Non pas celui qui dit : “Tu devrais plus prier !”, mais “Je prie, et le Seigneur entend ma prière”. Non seulement cela, mais grâce à la messe et à la prière, être actif et performant dans le monde ; être fort dans ce monde, mais d’une force qui est celle de la noblesse, de l’honneur et du courage. Non pas le courage des révoltés, de ceux qui visent à abattre l’ennemi, mais le courage de celui qui vise à promouvoir le chemin de la source à laquelle lui même s’abreuve chaque jour.

Alors c’est difficile, parce qu’on s’expose aux railleries : nul n’est prophète en son pays ! Et pourtant, il faut, avec le psalmiste, garder les yeux levés : c’est parce que des hommes comme lui ont gardé l’espérance que l’Évangile est parvenu jusqu’à nous. Il avait, comme saint Paul et comme chacun d’entre nous une écharde dans sa chair : tout n’allait pas comme sur des roulettes, et c’est tant mieux, car on n’est pas prophète quand on réussit tout : l’orgueil nous rattrape immanquablement... Et pourtant, chaque matin, l’Esprit nous met debout. Nous faisons mémoire de ce que nos anciens ont eux-même traversé comme épreuve pour transmettre ce qui faisait le cœur de leur vie. Mieux encore, nous faisons mémoire de ce que le Christ a fait pour nous, lui qui a été rejeté par les siens. Et nous faisons mémoire de l’appel qui retentit pour nous de la part du Père.

Oui, nous sommes appelés à la vie. Le secret est là. Ce n’est pas un “système”, c’est une grâce. Mais une grâce qui sauve le monde si nous acceptons l’exigence prophétique qui lui est attachée : faire “plus” que de faire tourner le monde ; obéir à DIEU, l’écouter chaque jour, se laisser trouver par Lui et trouver dans cette rencontre la force d’être debout.

Voilà tout ce que je nos souhaite pour ces jours d’été. Avoir les yeux levés un peu plus haut que les rouleaux de la mer dans lesquels on va plonger ; un peu plus haut que les corps vautrés sur le sable. Le chrétien ne part pas en vacances : il est prophète partout. Il ne voyage pas : il est chaque jour en pèlerinage. Et peut-être même que, pendant ces “vacances”, il aura le temps d’aller à la messe chaque jour. Ne serait-ce que pour se rendre compte que cela change la vie pour la mettre au rythme de l’Esprit Saint et se sentir plus “debout”.

Bonnes vacances à tous,

avec mon affection fraternelle,

+ Père Alain


Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Dans l'Eglise

Diocèse d'Autun

Pastorale du Tourisme du diocèse d'Autun

RCF Parabole

Eglise de France

Nouvelles du Vatican

Suivre le Pape François avec L'Osservatore Romano

Zenit, le monde de Rome


(|non)]