La contagion de l’Amour

« Dieu tire toujours un bien d’un mal »

L’importante épidémie de coronavirus qui affecte en ce moment notre monde et qui oblige les autorités à prendre des mesures drastiques de confinement, de fermeture des frontières, de mise en quatorzaine, d’annulation de manifestations sportives, culturelles voire cultuelles, de rassemblements, etc., si elle est un véritable drame (de nombreux décès, des personnes fragiles en grand danger, des conséquences économiques parfois dramatiques) peut être aussi l’occasion pour chacun de nous de prendre conscience de nos propres maladies du cœur, de nos propres contaminations intérieures.

Pour nous chrétiens, qui en ce moment vivons le temps du Carême, cette période de sainte quarantaine qui nous ouvre à la prière, au jeûne et au partage (c’est-à-dire qui nous tourne vers Dieu, nous décentre de nous-mêmes et nous ouvre au souci des autres) est sans doute l’occasion d’une véritable conversion. Puisse ce temps d’épreuve mondiale (on parle maintenant de pandémie) nous faire passer d’une culture de l’indifférence à une culture du service et de la compassion envers tout homme ; d’une culture consumériste, qui flatte nos besoins individuels, à une culture de la simplicité et de la sobriété ; d’une culture de l’agitation et de la course permanente, à une culture du calme et du recueillement.

Dans notre monde où l’homme s’imagine tout-puissant – avec la tentation du transhumanisme et de l’homme augmenté – cette grave maladie nous appelle à l’humilité, nous fait réfléchir au respect des lois naturelles (du respect de l’environnement ET du respect des droits humains fondamentaux), de l’écologie intégrale.

Oui, Dieu peut tirer un bien d’un mal :
– nous aider à Lui faire confiance et à nous en remettre à Lui,
– nous ouvrir au souci de nos frères humains souffrants ou blessés,
– nous faire revenir à l’essentiel, nous aider à retrouver notre vie intérieure.

En ce temps particulier du carême, laissons-nous gagner par le « cardiovirus », par la contagion de l’amour. Soyons des diffuseurs de la charité, qu’elle se répande partout, sans limites ni frontières, sans masques ni gants.
Que notre cœur de pierre devienne un cœur de chair : attentif aux souffrances, accompagnant les malades, proche de tous, fraternel, respectueux des personnes.

Que le Christ, bon Samaritain, qui a pris l’humanité, au bord du chemin, souffrante et blessée par le Mal, nous accompagne sur ce chemin de vie vers la grande fête de Pâques.

– Pour poursuivre notre réflexion spirituelle, nous pouvons lire la très belle méditation de Mgr Francesco Cavina, évêque émérite de Carpi, en Italie, publiée dans le bulletin France Catholique du 3 mars 2020
– Nous pouvons aussi écouter la chronique « La vie du diocèse », du Père Eric Millot, vicaire général de Dijon, du 4 mars 2020 (« le beau visage de l’Eglise en période de crise) sur RCF en Bourgogne

Père Jean-Michel Payeur

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