Le mot du curé du 24 Mars 2020

Chers amis,

Mon message d’aujourd’hui sera surtout inspiré de la liturgie, si riche, de ces jours de carême : ces textes, que je prends encore plus le temps de savourer durant cette période de confinement, et qui prennent une couleur très particulière cette année.

Je vous partage d’abord quelques joyaux relevés parmi les textes de la messe d’hier lundi.

–        Antienne d’ouverture : « Je compte sur toi, Seigneur, tu vois ma misère et tu sais ma détresse, j’exulte et me réjouis dans ton amour » (Ps 30,7-8). Ensemble, adressons cette prière au Seigneur pour les malades et les personnes découragées. En même temps, dans la confiance, remercions-Le pour les merveilles qu’Il accomplit et l’Amour dont Il nous témoigne au cœur de cette épreuve.
–        Psaume de la messe (Lundi de la 4ème semaine de carême) : «  Je t’exalte, Seigneur : tu m’as relevé. Quand j’ai crié vers toi, Seigneur. Seigneur, tu m’as fait remonter de l’abîme et revivre quand je descendais à la fosse. (…) Avec le soir, viennent les larmes, mais au matin, les cris de joie. Et j’ai crié vers toi, Seigneur, j’ai supplié mon Dieu. Tu as changé mon deuil en une danse. Que sans fin, Seigneur, mon Dieu, je te rende grâce ! » (Ps 29). Oui, supplions le Seigneur qu’Il change le deuil de tant de personnes éprouvées, de par le monde, en une danse. Qu’Il relève ceux qui sont au fond du trou. Crions vers Lui, en leur nom !
–        Prière sur les offrandes : « De l’offrande qui t’est consacrée, Seigneur, nous attendons des fruits de salut : débarrasse-nous de tout ce qui doit mourir, renouvelle-nous constamment de ta propre vie ». Demandons au Seigneur qu’Il nous renouvelle dans Sa vie, la vie éternelle, la vie des enfants de Dieu, la Vie reçue de Lui au baptême. Qu’Il nous aide à renoncer au Mal, comme nous le faisons lors du renouvellement des promesses baptismales à la vigile pascale, et à Le choisir véritablement et radicalement.

Petite méditation à présent sur les lectures de la messe de ce jour (Mardi de la 4ème semaine de carême).

[Vous trouverez les textes en entier dans vos missels ou sur le site de la paroisse.]
·       Ez 47, 1-9.12 : Comment ne pas voir, avec la tradition des Pères de l’Eglise, dans cette magnifique vision d’Ézékiel, une image du Christ, véritable Temple de Dieu, dont le côté droit a été ouvert (transpercé par la lance) et duquel ont jailli des fleuves d’eau vive ? (Cf. Jn 7,37-38 ; Jn 19,33-34).
Le Cœur de Jésus, d’où jaillit l’Amour et la Vie, qui débordent comme une eau surabondante, vivifiante, fécondante, intarissable, assainissante et purifiante, sanctifiante et guérissante.
·       Jn 5, 1-16 : Je relève juste quelques mots pour notre méditation (sans faire d’homélie !).
–       « Or à Jérusalem, près de la porte des Brebis » (v.2) : C’est Jésus lui-même qui est la Porte des Brebis dans l’Evangile selon saint Jean (Jn 10, 9) et Lui-même ajoute : « Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ».
Comme le paralytique, passons (Pâques veut dire passage) par Jésus pour aller vers le Père et trouver, en Lui, le salut et la guérison intégrale, corps et âme.
–       « Seigneur, je n’ai personne pour me plonger dans la piscine » (v.7) : Bénissons le Seigneur pour tous ceux qui aident leurs frères, se dévouent sans compter pour contribuer à leur guérison. Nous en avons tellement d’exemples en cette période de crise. Soyons nous-mêmes de ceux qui permettent à leurs frères de trouver réconfort et guérison physique, morale ou spirituelle.
–       « Te voilà guéri. Ne pèche plus, il pourrait t’arriver quelque chose de pire. » (v.14) : Cette terrible période que nous traversons peut être l’occasion d’une conversion profonde du monde mais aussi de chacun de nous.
Le Seigneur veut nous guérir des maladies du corps, mais aussi du péché, des maladies de l’âme.
Puisse ce temps d’épreuve particulièrement dramatique, nous aider à revenir vers Lui, à retrouver l’essentiel, particulièrement dans nos relations humaines. Et, quand enfin, tout cela sera terminé, que nous ne reprenions pas notre vie comme avant, notre petit business confortable.

Je vous partage, enfin, deux des trois prières de cette messe d’aujourd’hui, bien réconfortantes, elles aussi.

–        Prière sur les offrandes : « Nous te présentons, Seigneur, des biens que toi-même nous as donnés : qu’ils te disent notre reconnaissance devant tout ce que ta création nous propose pour assurer notre vie sur la terre ; qu’ils deviennent aussi le remède qui nous guérira et nous fera vivre éternellement ». A la messe, nous rendons grâce à Dieu, en Lui offrant le pain, fruit de la terre, et le vin, fruit de la vigne, et du travail des hommes, qu’Il transforme en Corps et Sang du Christ, nourriture de Vie, « pain d’immortalité », diront les Pères de l’Eglise, le véritable remède, le Pain pour la route, le viatique.
–        Prière après la communion : « Que cette communion, Seigneur, répare nos forces et nous fasse revivre ; qu’elle nous sanctifie et nous conduise aux biens éternels ». En cette période où vous êtes privés de la Communion sacramentelle et où vous êtes “contraints” à  expérimenter la communion de désir, puisse le Seigneur refaire vos forces et vous combler des grâces reçues habituellement à la messe, lorsque vous recevez la sainte Hostie.

Sans doute avez-vous entendu parler dans les médias de la rencontre du président Macron avec les autorités religieuses de notre pays : il leur a indiqué que : « les fêtes religieuses d’avril ne pourront pas donner lieu à rassemblement ». Vous comprenez donc ce que cela veut dire pour la communauté catholique et pour nos paroisses : pas de célébrations publiques des Rameaux et du triduum pascal (Jeudi et Vendredi Saint, Vigile pascale, Jour de Pâques).
Je vous donnerai, quand j’en aurai, de plus amples précisions à ce sujet et vous dirai comment il sera possible, pour moi et  vous, de vivre ces jours saints, cœur de notre année liturgique et centre du mystère chrétien.

Aux intentions de prière des jours derniers, je voudrais rajouter (parmi les personnes qui se dévouent et servent leurs concitoyens, et qu’il ne faut pas oublier) les forces de l’ordre qui assurent notre sécurité : gendarmes, policiers et aussi notre armée qui s’engage à divers niveaux. Portons-les tous également dans nos prières et nos offrandes.

Mon affection vous rejoint dans vos foyers et vos villages et circule par-delà les collines et vignobles de la Côte Chalonnaise.
Je ne peux pas venir vous visiter physiquement, en faisant mon entraînement pour le marathon, mais vous savez que mon cœur de prêtre est dans une grande proximité spirituelle avec vous.

Père Jean-Michel PAYEUR, curé.

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