Le mot du curé du 16 mai 2020

Chers amis,

Exceptionnellement, ce message sera exclusivement consacré aujourd’hui à un événement dont je vous ai parlé dimanche dernier : les 100 ans de la canonisation de Sainte Jeanne d’Arc, patronne secondaire de la France avec Sainte Thérèse de Lisieux (canonisée 5 ans plus tard).
3 femmes veillent sur la France : la Sainte Vierge étant la patronne principale de notre pays !

Il n’y aura pas de messe solennelle à la Basilique de Domremy en Lorraine ni, à ma connaissance, dans d’autres lieux : les événements programmés ayant été annulés à cause de l’épidémie de Covid-19.
En revanche, vous pouvez regarder, en différé, la messe solennelle célébrée en la cathédrale d’Orléans le 8 mai dernier à l’occasion des fêtes johanniques :
https://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/temoigner/figures-de-saintete/annee-johannique/
Et lire ce qui avait été programmé dans le diocèse de Saint-Dié, dans les Vosges, pour cette année spéciale :
https://www.catholique88.fr/article/1589468772-quand-la-saintete-fait-l-histoire_

Voici quelques liens pour mieux connaître Ste Jeanne d’Arc :
– Aspects historiques : https://rcf.fr/culture/histoire/jeanne-d-arc-prophetesse-et-guerriere-de-messire-dieu
– Reportage vidéo (le meilleur, mais malheureusement pour des raisons de droits, on ne peut plus le visionner… j’ai le DVD, si cela peut intéresser. Vous pouvez le commander à Kto : https://tv.catholique.fr/foi-et-spiritualite/21630-sainte-jeanne-darc-la-foi-pour-etendard/
– Documentaire de Secrets d’Histoire (archives) :
https://www.youtube.com/watch?v=lrmLuvLwUUU&list=RDCMUC38MST1QfDAypgrjjr6FPBw&index=11

Parmi d’innombrables publications (et films de qualité très variables voire complètement erronés historiquement), le livre incontournable sur Jeanne d’Arc est celui de l’historienne médiéviste Régine Pernoud, « Jeanne d’Arc, par elle-même et par ses témoins ». Si on aime les romans (et celui-ci est un roman historique, très respectueux de la vérité sur Jeanne), on savourera le « Roman de Jeanne d’Arc » de Philippe de Villiers.

Juste un petit mot plus personnel. Si Jeanne a terminé sa vie sur le bûcher, le corps calciné par les flammes, c’est surtout son cœur qui s’est consumé d’amour, embrasé par le feu de l’Esprit Saint : une « Vive flamme d’Amour ».
Alors que la fête nationale de Jeanne d’Arc a été fixée à l’anniversaire de la délivrance d’Orléans (8 mai 1429), l’Eglise célèbre sa mémoire le 30 mai, au jour du bûcher de Rouen (1431), car c’est dans la mort que Jeanne a consommé sa configuration avec le Christ.
Les étapes de la vie de Jeanne d’Arc sont connues de tous : Domremy, Vaucouleurs, Chinon, Beaugency, Orléans, Reims, Paris, Compiègne, Rouen, autant de noms auxquels s’attache le souvenir de tel ou tel événement d’une épopée qui ne dura que deux années et s’acheva par la mort atroce d’une jeune fille de dix-neuf ans. Jeanne séduit par sa simplicité, la justesse de ses répliques, l’absence du souci de jouer son personnage, une énergie dans la décision, un courage dans l’action, que tempère toujours la tendresse d’une fille de son âge pour ceux qui souffrent. Elle séduit par sa recherche obstinée de la paix et son respect de l’adversaire. Mais elle s’impose surtout par sa disponibilité absolue à la volonté de Dieu. C’est pourquoi elle domine le procès de Rouen de toute la limpidité de son âme, la fermeté de sa foi, la vigueur de son attachement à l’Eglise, « qui ne fait qu’un avec le Christ ». Sur le bûcher, dont la vue la fait gémir d’angoisse, Jeanne a jeté le cri qui livrait le secret de sa vie : Jésus ! Jésus !

Je laisse une nouvelle fois la parole à Ste Thérèse de Lisieux (co-patronne secondaire de la France avec Ste Jeanne d’Arc) qui a composé deux poèmes sur la jeune fille de Lorraine.

– Cantique pour obtenir la canonisation de la Vénérable Jeanne d’Arc (Ste Thérèse, une fois de plus a été exaucée ! J’attire votre attention sur le paragraphe 7 (que je mets en gras).
Il y a 13 couplets, je vous propose les 9 premiers.
Vous pouvez trouver le texte original (écrit de la main de Ste Thérèse et intégral) sur le site des archives du Carmel de Lisieux : http://www.archives-carmel-lisieux.fr/carmel/index.php/pn-4

1. Dieu des armées, l’Eglise tout entière
Voudrait bientôt honorer à l’Autel
Une Martyre, Une vierge guerrière
Dont le doux nom retentit dans le Ciel.
Refrain
Par ta Puissance
O Roi du Ciel
Donne à Jeanne de France
L’Auréole et l’Autel !

2. Un conquérant pour la France coupable
Non ce n’est pas l’objet de son désir
De la sauver Jeanne seule est capable
Tous les héros pèsent moins qu’un martyr !

3. Jeanne, Seigneur, est ton œuvre splendide
Un cœur de feu, une âme de guerrier
Tu les donnas à la Vierge timide
Que tu voulais couronner de laurier.

4. Jeanne entendit dans son humble prairie
Des voix du Ciel l’appeler au combat
Elle partit pour sauver la patrie
La douce Enfant à l’armée commanda.

5. Des fiers guerriers elle gagna les âmes
L’éclat divin de l’Envoyée des Cieux
Son pur regard, ses paroles de flammes
Surent courber les fronts audacieux….

6. Par un prodige unique dans l’histoire
On vit alors un monarque tremblant
Reconquérir sa couronne et sa gloire
Par le moyen d’un faible bras d’enfant.

7. Ce ne sont pas de Jeanne les victoires
Que nous voulons célébrer en ce jour
Nous le savons, ses véritables gloires
Ce sont, mon Dieu, ses vertus, son amour.

8. En combattant, Jeanne sauva la France
Mais il fallait que ses grandes vertus
Fussent marquées du sceau de la souffrance
Du sceau divin de son Epoux Jésus !

9. Sur le bûcher sacrifiant sa vie
Jeanne entendit la voix des Bienheureux
Elle quitta l’exil pour la Patrie
L’Ange Sauveur remonta vers les Cieux !…

A Jeanne d’Arc
1. Quand le Dieu des armées te donnant la victoire
Tu chassas l’étranger et fis sacrer le roi
Jeanne, ton nom devint célèbre dans l’histoire
Nos plus grands conquérants pâlirent devant toi.

2. Mais ce n’était encor qu’une gloire éphémère
Il fallait à ton nom l’auréole des Saints
Aussi le Bien-Aimé t’offrit sa coupe amère
Et tu fus comme Lui rejetée des humains.

3. Au fond d’un noir cachot, chargée de lourdes chaînes
Le cruel étranger t’abreuva de douleurs
Pas un de tes amis ne prit part à tes peines
Pas un ne s’avança pour essuyer tes pleurs.

4. Jeanne tu m’apparais plus brillante et plus belle
Qu’au sacre de ton roi, dans ta sombre prison.
Ce céleste reflet de la gloire éternelle
Qui donc te l’apporta ? Ce fut la trahison.

5. Ah ! si le Dieu d’amour en la vallée des larmes
N’était venu chercher la trahison, la mort
La souffrance pour nous aurait été sans charmes
Maintenant nous l’aimons, elle est notre trésor.

Retenons de ces 2 poèmes les idées suivantes : l’humilité de Jeanne et son obéissance à Dieu ; sa fidélité à l’Eglise ; sa persévérance et sa force d’âme ; le don d’elle-même et son sacrifice.
Jeanne n’a pas cherché la gloire dans le couronnement d’un roi terrestre, mais en partageant la souffrance de Jésus : comme Lui, rejetée, enchaînée, trahie, emprisonnée, mise à mort.

Cette année, la fête liturgique de Ste Jeanne d’Arc tombe la veille de la Pentecôte. Demandons-lui de nous accompagner jusqu’en cette grande solennité. Que nous puissions, comme elle, être brûlés du feu de l’Esprit et de l’amour pour l’Eglise, renouvelés dans le désir de la sainteté, laissant « Messire Dieu, premier servi », dans un grand désir missionnaire.

Sainte Jeanne d’Arc, priez pour nous !

Bon temps de Pâques, avec la Vierge Marie !
Père Jean-Michel PAYEUR, curé.

Un commentaire

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *