Touches – St-Symphorien

L’église de Touches

Située sur la colline dans le village de Touches réuni à la commune de Mercurey en 1971, cette église fait penser à une église romane par son aspect massif, son imposant clocher quadrangulaire, ses épais contreforts, ses petites ouvertures en plein cintre. Sa construction a débuté dans la première moitié du XIIIe siècle et s’est terminée au XVIe par l’agrandissement de la nef voûtée en croisée d’ogives et la reprise de son clocher à quatre pignons percés sur deux étages de baies géminées plein cintre sur chaque face. Des gargouilles rejettent au loin l’eau du toit à quatre bâtières.

Elle est dédiée à Saint Symphorien, jeune martyr décapité à Autun vers l’an 180.

Elle a été classée Monument Historique le 10/09/1913.

Trois campagnes de restauration en font une église renouvelée. En 2016 consolidation du clocher et de son beffroi pour permettre aux cloches de sonner l’angélus, et aménagement des extérieurs. En 2017, travaux à l’intérieur : enduits et badigeons mettant en valeur les voûtes d’ogives, piliers et décors ; menuiseries et luminaires. Fin des travaux en 2018 avec les joints des murs à l’extérieur. Cette rénovation faite sous la supervision de la DRAC a été possible grâce au gros engagement financier de la commune, en plus du Conseil départemental, du Grand Chalon, de la Fondation du Patrimoine Bourgogne/Franche-Comté et de dons à l’Association locale l’Angélus.

Pour cette rénovation, les Rubans du patrimoine 2018 ont été remis à la commune de Mercurey.

Mobilier

Bénitier, grande vasque ovale sur pied renflé en pierre polie à inclusions coquillières.

Fonts baptismaux : grande vasque ronde godronnée en pierre noire polie sur pied droit gravé : P. Garnier 1840, avec un couvercle surmonté d’une croix, réalisé par M.Paul Michon, alors dinandier à St Denis de Vaux. À côté, monument composite en pierre sculptée à niche centrale fermée d’une porte où est représentée la colombe, symbole de l’Esprit-Saint.

Confessionnal, XVIIIe s, en noyer. Inscrit en 2001.

Sculptures

▪ À la clé de voûte du clocher : tête naïve et motif floral. ▪ À la croisée du bas-côté sud : tête expressive à chevelure bouclée.

▪ Au transept nord : en soutien d’une ogive, tête ronde d’un bourguignon rieur, tournée vers le chœur.

▪ Près de l’autel de la Vierge, piscine liturgique et culot représentant un serpent à deux têtes. À l’entrée du chœur à droite, culot au motif floral.

Statuaire

Vierge à l’Enfant, fin XVIIe s, bois polychrome, doré. Marie présente l’Enfant Jésus qui ouvre les bras à l’humanité en signe d’accueil joyeux.

Jeune homme aux cheveux longs, vêtu d’une toge dorée bordée de bleu, le bras droit levé et l’index montrant le ciel. Son identification n’est pas certaine : il pourrait figurer un petit saint Jean Baptiste (?) ou le jeune saint Symphorien, patron de cette église.

▪ Dans une niche du bas-côté sud, saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars, qui vécut dans l’Ain au XIXe s. À côté, une autre niche, ancienne armoire eucharistique, découverte lors de la restauration intérieure.

Saint Joseph portant l’Enfant Jésus, placé sur une vis de pressoir vigneron.

Dans le chœur

▪ Devant des niches en trompe-l’œil, quatre bustes du XVIIe s, attribués à Jean Dubois, représentant, côté nord : en avant, le Christ, puis saint Jean le disciple bien-aimé ; côté sud, le roi David avec sa couronne, et devant, soit le prophète Isaïe qui a annoncé la venue du Christ dans la lignée de David, soit saint Pierre, choisi pour être le chef de l’Église. Classés 1935, restaurés.

▪ Une grande baie gothique, occultée par la sacristie, a été décorée d’un dessin de vitrail à losanges.

▪ Dans une niche, la lumière rouge indique la présence du Christ dans les hosties consacrées dans le tabernacle.

Paire de reliquaires dans le style du XVIIIe s, inscrits.

Vitraux

Dans le chœur, deux vitraux du XIXe

Saint Joseph, père nourricier de Jésus reconnaissable à son auréole et à la fleur de lys, patron des artisans.

Saint Martin, évangélisateur de la Gaule au Ve s. Coiffé de la mitre, il bénit de la main droite et de la gauche tient la crosse épiscopale. Une association de secours mutuel pour les vignerons sous le patronage de saint Martin a existé sur cette commune.

Dans le bas-côté sud, un vitrail moderne (2017)

La croix du Christ se dessine en fond d’or sur vagues aux couleurs de l’édifice. Atelier Jean Salmon.

Décors peints

▪ La voûte du chœur est peinte de la colombe, symbole de l’Esprit-Saint, et d’angelots dans les nuages (XIXe).

▪ Les marques d’un artisan restaurateur en 1605.

▪ Une litre funéraire a été retrouvée sur le mur du haut de la nef, avec blason de la famille des Barres.

Tableaux

Sur le mur du bas-côté nord

Deux panneaux peints, attribués à Frans Francken le Jeune, peintre flamand, XVIIe s, auraient été offerts par le Général Duhesme à son retour d’Espagne. M.H. 1903.

Sainte Véronique rencontrant le Christ.

Aux portes de Jérusalem, entouré d’une grande foule et de soldats romains, Jésus condamné porte la croix sur le chemin du Golgotha et tombe. Véronique s’approche tenant un linge pour essuyer son visage. Selon la tradition, les traits du Christ se seraient imprimés sur ce linge révélant ainsi la vraie image “vera icona” (d’où le nom de Véronique), transcription occidentale de la tradition orientale (Ve-VIe s.) de la vénération du Mandylion, relique de l’image du Christ.

Ce tableau a été restauré grâce au prix du concours du « Pèlerin, un patrimoine pour demain » 2011.

Le Calvaire

Sur fond d’encre, Jésus crucifié sur la croix entre les deux larrons. L’un se détourne, l’autre regarde Jésus qui lui dit : « Aujourd’hui même tu seras avec moi dans le Paradis ». Au pied de la croix à droite, un groupe debout : Marie sa mère, Jean l’apôtre bien-aimé et Marie-Madeleine. De l’autre côté, un soldat romain à cheval, la foule et d’autres soldats dont l’un porte la lance vers le côté droit de Jésus. En bas à droite, quatre hommes tirent au sort la tunique du crucifié. Au bas de la croix, le crâne d’Adam désigne Jésus comme le nouvel Adam.

Anciennement situé du côté des fonts baptismaux

Saint Jean-Baptiste au désert, avec ses attributs : le bâton terminé d’une croix et l’agneau, symbole du Christ dont il a annoncé la venue et qu’il baptisa. Blason du donateur (XVIIIe s). Classé en 2003. OEuvre attribuée à Claude Lebault, peintre ordinaire de Louis XIV.

Plaques commémoratives

Dans la nef, sur les premiers piliers ronds

Rappel de l’agrandissement de l’église en 1551 et du nom du donateur “a faict faire ce pilier Pierre Brintet”.

▪ Inscription de la fondation perpétuelle d’une première messe tous les dimanches, par Claude Galard, acte passé devant notaire royal, 1541.

Dans le mur du transept, bas-côté nord

▪ Pierre gravée, rappel de la fondation en 1553 d’une grand’messe et vêpres le jour de Sainte Marguerite.

Au sol, dalles du cimetière en réemploi

Dalles funéraires dans l’allée centrale, le transept et les bas-côtés, années 1600 à 1850. Seule près de la grande porte, au pied du pilier, la tombe d’Antoinette Brintet, décédée à 10 ans, 1858, recouvre le corps.

▪ Une dalle rappelle que l’église a été pavée en 1782.

Extérieur

Au-dessus du grand portail et du tympan monolithe en pierre de Givry sculpté d’une croix, et sous l’oeil-de-bœuf de la façade, sculpture des armoiries du Duc d’Aumont, seigneur de Montaigu, 1561. Coquilles Saint-Jacques au pied des colonnettes d’encadrement.

Sur le mur nord de la sacristie ajoutée en 1790, inclusion d’une pierre funéraire gravée d’une croix fleurdelisée et d’un calice.

Fêtes et Pèlerinages

Tous les ans en janvier, fête de la Saint-Vincent, patron des vignerons. Une statue du saint est déposée pour l’année chez l’un des viticulteurs du village.

Particularité : Une grappe de raisin offerte par les vignerons est accrochée à la main des statues.

À proximité

▪ Créé pour la « Saint-Vincent tournante » de 2017, l’aménagement des abords de l’église limités par des murets, reprend approximativement l’emplacement de l’ancien cimetière.

▪ Sur la place, maintenant dans un entourage protecteur, croix érigée par les fabriciens le 7 avril 1816 “à la plus grande gloire de Dieu”. Le sommet de la croix qui a été brisée plusieurs fois, a été complètement refait pour la Saint-Vincent 2017.

▪ Table d’orientation, direction de Mercurey.

▪ Vestiges du Château de Montaigu.

Pastorale du Tourisme et des Loisirs – Diocèse d’Autun Chalon Mâcon – www.pastourisme71.com – Édition : 2020