Démarche paroissiale pour le Synode 2021-2023 : synthèse des réponses au questionnaire

Démarche paroissiale pour le Synode 2021-2023 :

Pour lancer la démarche paroissiale pour le Synode 2021-2023, les paroissiens ont été sollicités pour répondre à un questionnaire sur la situation de l’Eglise, son évolution, son dynamisme et les réformes à apporter. Une cinquantaine de personnes ont répondu (dont quelques personnes n’appartenant pas à la paroisse), fournissant plus de 440 contributions. Leur répartition selon les pôles thématiques proposés par Rome a fait apparaitre 3 pôles prédominants (« IV-Célébrer », « VI-Dialoguer dans l’Eglise et la société », « VIII-Autorité et participation »). Les contributions mentionnant la vitalité de l’Eglise ont été rassemblées dans un chapitre intitulé « Dynamisme ».

Synthèse des contributions :

1-Dynamisme de l’Eglise :

Certes il y a moins de catholiques pratiquants mais des fidèles très engagés, en particulier des jeunes et des jeunes couples qui s’engagent, prennent des initiatives, des responsabilités dans leurs paroisses. Une personne a souligné l’écoute et l’ouverture d’esprit des prêtres. Une autre estime que l’Eglise est vivante dans toutes ses dimensions : mouvements de jeunes, communautés religieuses, propositions de formation, œuvres caritatives, nouveaux modes d’évangélisation, présence dans les média, etc… Notre diocèse est riche de communautés religieuses, de lieux de pèlerinages (Taizé, Paray) regroupant des chrétiens divers, notre évêque est attentif à l’évolution de l’Eglise et de la société.

Dans notre paroisse, multigénérationnelle, on relève beaucoup de signes encourageants : messes animées et vivantes, chorale, encadrement de l’aumônerie et des enfants de chœur, groupes de prière, site internet, parcours Alpha, etc…

2-Pôle IV : « Célébrer » :

Les réponses apportées insistent sur la primauté du spirituel, sur le souci de faire connaître Jésus-Christ, mais on relève aussi deux tendances différentes sinon divergentes : d’un côté, il y a le sentiment que la dimension solennelle des célébrations (“latin, encens”) est trop prononcée, le souhait qu’elles soient plus simples, plus vivantes, de l’autre au contraire l’accent est mis sur les fondamentaux : prière, pénitence, adoration eucharistique, enseignement traditionnel. Enfin, certains insistent sur l’enseignement et le partage de la Parole de Dieu.

3-Pôle VI : « Dialoguer dans l’Eglise et la société » :

Clivages dans l’Eglise :

Il faut, par des projets communs, dépasser les clivages entre différents courants dans l’Eglise, que l’on retrouve aussi dans notre paroisse. D’un côté un courant charismatique, ensuite un courant traditionnel, par ailleurs un courant libéral (ou moderniste) reprochant aux traditionnels de se “crisper sur des positions identitaires de repli” et enfin ceux qui se sentent plus ou moins éloignés («  la prière n’est pas forcément accessible à tous », « [faire] des sermons plus à la portée des jeunes, car ils s’ennuient à la messe »).

Déclin de l’Eglise :

L’Eglise, dynamique sur d’autres continents, est en net déclin chez nous. Une intervenante fait remarquer qu’une langue n’est plus viable quand elle ne représente plus que 2,5% des locuteurs. Or les catholiques pratiquants ne sont que 2 à 3% en France et la chute des vocations sacerdotales est très grande. Nous risquons un repli sur nous-mêmes néfaste à l’évangélisation.

Ne nous replions pas sur nous-mêmes :

Nous sommes minoritaires, mais nous ne devons pas nous réfugier dans un repli identitaire, nous devons habiter le monde,  en nous rappelant que seul l’Evangile peut nous guider dans la confusion générale, que les valeurs chrétiennes resteront indispensables pour l’avenir.

Dans les critiques contre l’Eglise :

On relève une dizaine d’interventions pour la plupart sévères, qui contrastent avec les nombreuses remarques sur la vitalité de l’Eglise relevées plus haut (voir le § Dynamisme de l’Eglise) : l’Eglise est pauvre mais est composée principalement de gens riches, qui se complaisent dans “l’entre soi”, l’Eglise institutionnelle n’est qu’un “grand machin” (ainsi est jugée aussi notre paroisse), elle est sectaire et intransigeante, en bref loin des valeurs évangéliques.  A propos de l’islam, deux intervenants ont présenté des avis diamétralement opposés : d’un côté l’Eglise aurait un manque d’écoute face aux Arabes (et aussi aux pauvres et à toutes les minorités) ; de l’autre elle ne serait pas capable de défendre son identité et ses valeurs face à l’islam.

Comment se corriger ?

Sachant que nous sommes devenus très minoritaires, comment être visibles dans un monde en pleine mutation, être missionnaires et mettre en avant le message d’amour du Christ ? Il faut écouter, accueillir, échanger, mettre en place une démarche synodale et une prise en charge de l’Eglise par tous les catholiques, favoriser un dynamisme par de petites choses, par le patronage, le soutien scolaire.

Etre missionnaires :

Nous ne pourrons être missionnaires, attirer les jeunes et les familles, aller aux périphéries, que par l’exemple et le dialogue. Si l’Eglise est tant rejetée, n’est-ce pas de ma responsabilité ? Trois remarques concrètes : 1/s’investir dans l’école pour toucher les enfants, 2/agir pour que notre Eglise soit consolatrice, 3/marcher ensemble.

A propos du pape François :

A part un avis contraire d’une personne demandant de changer le pape (!), les autres avis sur le pape François sont élogieux, soulignant notamment qu’il est source d’espérance pour tous.

4-Pôle VIII : « Autorité et participation » :

Les scandales dans l’Eglise :

Les scandales de pédocriminalité, mis en lumière en France par le rapport de la CIASE ont éclaboussé l’Eglise et la fragilisent. Certaines interventions soulignent que ces scandales concernent aussi la société civile ; ils sont “des séquelles jusque-là enfouies sous le tapis des théories 68 et post 68”, ils sont dus à “une carence de foi, d’espérance et de charité au sein de l’Eglise (clercs et fidèles compris) dans un monde profondément marqué par le péché, et non à un prétendu défaut structurel”. A contrario une intervention demande “une réforme en profondeur et urgente du droit canon”. Plus de clarté est réclamée et deux interventions demandent à redéfinir le statut de la confession.

 Les recommandations pour le diocèse et l’Eglise en général :

Elles portent sur l’exercice du pouvoir ecclésial, le souhait d’un fonctionnement moins hiérarchique, plus démocratique, “un renforcement des capacités managériales des évêques et des supérieurs de communautés religieuses”.

Pour les paroisses :

Pour les paroisses est souhaitée une part de responsabilité plus grande donnée aux laïcs, et en particulier aux femmes (il est suggéré d’enquêter auprès des protestants pour s’inspirer de leur fonctionnement). Quelqu’un a avancé l’idée que des charges curiales soient confiées à des laïcs. Enfin pour notre paroisse, sont suggérées des actions plus pratiques : une digitalisation des tâches (paiement de la quête par cartes de paiement, projection sur écran des feuilles de chants pendant les cérémonies, généralisation de l’utilisation du site internet paroissial).

La réforme des structures ne serait pas une priorité :

Pour conduire ces réformes, il faut commencer par se changer soi-même, prier et être moins spectateur. Pour un des intervenants, « la réforme des structures n’est pas une priorité. C’est la sainteté qui sauvera l’Eglise ». Selon la même personne, la question fondamentale est : comment notre paroisse devient-elle missionnaire ?

A contrario d’autres personnes insistent sur les réformes :

  • Rôle et formation des laïcs :

    Les laïcs devront avoir une place plus grande dans l’Eglise, sans prendre la place des clercs et en ayant conscience de leurs limites, de leur éventuel appétit de pouvoir, en évitant les risques de la sacralisation. Par ailleurs, il faut former les laïcs à la théologie, l’histoire de la chrétienté, l’évangélisation.

  • Rôle des femmes :

    La réforme de l’Eglise devrait passer par une intégration de plus de femmes dans les instances de gouvernement. Et pourquoi n’auraient-elles pas accès au diaconat et à la prêtrise ?  Il est  urgent de leur donner plus de place, même si cela ne suffira pas à faire disparaître les problèmes de cléricalisme ou de pouvoir à l’intérieur de l’Eglise.

  • A propos des prêtres :

– Formation des prêtres : Il faudrait donner une plus grande part aux dimensions humaines dans la formation des prêtres, en particulier le management et l’éloquence et intégrer plus de laïcs et de femmes dans leurs cursus de formation.

– Solitude des prêtres : Est mis en avant le fait que beaucoup de prêtres souffrent de solitude, surtout en milieu rural. Il faudrait que les laïcs les soutiennent plus. Autre suggestion : offrir aux prêtres la possibilité de partager un même lieu de vie, même s’ils sont en poste dans des paroisses différentes.

– Statut des prêtres : Deux idées prédominent : 1/que prêtre et laïc jouent chacun son rôle, en réorientant le prêtre sur le spirituel et l’évangélisation ; 2/clarifier la figure du prêtre pour éviter tout phénomène d’emprise sur les fidèles : il est engagé dans une mission sacrée, mais il n’est pas le Christ.

-Mariage ou célibat des prêtres : Beaucoup d’interventions concernent le mariage des prêtres. Quelqu’un rappelle que le mariage des prêtres n’est pas interdit par le dogme de l’Eglise. A contrario, un autre souligne que le célibat des prêtres est “une source de fécondité pour l’Eglise et le monde”.

  • Autres recommandations :

-Catéchèse et formation des jeunes : Il faut renforcer l’enseignement religieux des jeunes enfants, continuer avec l’éducation affective des jeunes – ils sont en danger.

-Obsèques : Plusieurs personnes soulignent qu’assurer les obsèques est pour le prêtre  un moyen privilégié d’évangélisation.

-D’une façon générale : L’Eglise doit s’adapter aux évolutions positives du monde actuel (par exemple les nouveaux moyens de communication), s’orienter vers plus de simplicité, être dans une démarche d’ouverture, mais aussi affirmer sa position sur les changements sociétaux. Elle doit se réformer avec prudence et discernement, dans le dialogue pour préserver son unité.

-Réforme pour les divorcés : ouvrir la possibilité de leur accès aux sacrements.

-Ouverture aux homosexuels.

§§§

Jean-Louis COMARTEAU

 

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