La nativité de la Vierge Marie

MARDI. 8 SEPTEMBRE 2020
La Nativité de la Vierge Marie

 

Chaque 8 septembre, l’Église catholique célèbre la naissance de la Vierge Marie. Depuis le concile d’Éphèse en 431, le culte marial s’est développé dans l’Église malgré l’absence de référence à la vie de la Sainte Vierge dans les textes saints. La fête de sa Nativité est particulièrement célébrée.

 

“Depuis le VIe siècle, on vénère à Jérusalem, près de la piscine de Bézatha, le lieu où serait née la Vierge Marie. C’est dans la basilique de la Nativité de Marie, que saint Jean Damascène proclamait de fêter dans la joie ce jour qui a vu naître la Mère du Christ, elle qui est le commencement du Salut »

Même si les textes ne sont pas très nombreux sur la vie de la Sainte Vierge, on ne dénombre pas moins de 13 fêtes mariales tout au long de l’année liturgique. Les plus importantes sont la Présentation au temple le 2 février, l’Annonciation le 25 mars, l’Assomption le 15 août, et la Nativité le 8 septembre. Cette dernière est l’une des fêtes les plus anciennes de l’Église, en particulier en Orient. Elle figure au calendrier liturgique sans revêtir maintenant la solennité qui était la sienne à ses origines.

Dans certaines régions françaises comme la Corse, le 8 septembre prend un relief particulier. Dans l’Île de beauté, où la majorité des églises sont dédiées à la Vierge, le 15 août est déjà l’équivalent d’une fête nationale, mais le 8 septembre est aussi fêté avec beaucoup d’éclat.
À Lyon, on célèbre le vœu des échevins fait en 1643, qui avaient promis de monter à Fourvière chaque 8 septembre pour offrir au sanctuaire, au cours d’une messe, un écu d’or et sept livres de cire blanche. Chaque année, une messe réunit le maire de Lyon, les élus et de nombreux lyonnais. L’archevêque, depuis le balcon de la basilique, bénit la ville, rappelant ainsi la consécration de la ville à la Vierge Marie.

L’Église catholique célèbre la naissance de la Vierge Marie le 8 septembre. Depuis le dogme de l’Immaculée Conception proclamé en 1854 par le pape Pie IX, l’Église affirme qu’elle a été conçue sans péché. Mais finalement, qui sont les parents de Marie ?
 

Rien dans les Évangiles n’évoque les origines familiales de la Vierge : on n’y découvre ni le nom de ses parents ni la manière dont elle fut conçue. Pour en connaître davantage sur sa vie, il faut se tourner vers l’Évangile apocryphe de Jacques (IIe après J.-C.), intitulé Nativité de Marie. Révélation de Jacques.
Ses parents se nomment Anne et Joachim. Le père de Marie, très pieux, est un homme riche et extrêmement généreux. Avec Anne, ils forment un couple heureux. Seule ombre au tableau : ils n’arrivent pas à concevoir d’enfants. Un jour, alors que Joachim se rend au temple de Jérusalem pour déposer des offrandes à l’occasion d’une fête religieuse, le Grand Prêtre lui refuse l’accès. Son infertilité est le signe qu’il est sous la malédiction de la Loi. Accablé de chagrin et couvert de honte, Joachim décide de se retirer dans le désert.
« Alors, accablé de tristesse, Joachim ne reparut pas devant sa femme, et il se rendit dans le désert ; il y planta sa tente et, quarante jours et quarante nuits, il jeûna, se disant : “Je ne descendrai plus manger ni boire, avant que le Seigneur mon Dieu m’ait visité. La prière sera ma nourriture et ma boisson” ».
Un jour, Anne et Joachim reçoivent, chacun, la visite d’un ange leur annonçant la venue prochaine d’un enfant. Heureux, Joachim quitte le désert et se précipite aux portes de Jérusalem. De même, Anne, qui a reçu la nouvelle, court à sa rencontre. Arrivés à la « Porte dorée », l’une des portes de l’enceinte, il se jettent dans les bras l’un de l’autre.
« Joachim arriva avec ses troupeaux. Anne l’attendait, aux portes de la ville. Dès qu’elle le vit paraître avec ses bêtes, elle courut vers lui, se suspendit à son cou et s’écria : “Maintenant je sais que le Seigneur Dieu m’a comblée de bénédictions ! Voici : la veuve n’est plus veuve et la stérile a conçu !” ».
Cet épisode célèbre a été illustré par de nombreux artistes, dont l’exemple le plus fameux demeure la fresque peinte par Giotto au XIVe siècle, dans l’église de l’Arena à Padoue. Comme une immense bande-dessinée, les parois illustrent la vie d’Anne et Joachim et celle du Christ.
La scène la plus émouvante est sans aucun doute l’étreinte des parents de Marie à l’entrée de Jérusalem. Envahis d’une émotion intense par la nouvelle de cette future naissance, Anne et Joachim s’embrassent, indifférents vis-à-vis du monde qui les entoure. Giotto a pris quelques libertés face à la source écrite. L’Évangile de Jacques mentionne une « étreinte » et non un baiser. Certains ont voulu voir dans ce baiser échangé l’évocation d’une conception sans acte sexuel. En effet, pour eux, ce geste était comme un symbole de pureté, à l’image de la Vierge.

Paul VI, “Homélie”, 8 septembre 1964.

Par un dessein d’infinie miséricorde, Dieu a fait revivre en Marie ce qui, en Ève, s’était dissipé : “Avec la coopération du Saint-Esprit, vous l’avez préparée de telle sorte qu’elle mérite d’être le digne habitacle de votre Fils”. Et aujourd’hui, en ce jour consacré au culte de ce don, de ce chef-d’œuvre de Dieu, nous disons avec joie : Marie est née, elle est nôtre, elle nous restitue l’image de l’humanité parfaite dans sa conception humaine immaculée, laquelle répond d’une façon admirable à la mystérieuse conception dans la pensée divine de la créature qui est la Reine du monde.
Et Marie, pour l’enchantement et la joie de nos âmes, n’arrête notre regard sur elle-même que pour nous inciter à regarder plus haut, à regarder vers le miracle de lumière, de sainteté et de vie qu’elle annonce en naissant et qu’elle nous donnera : le Christ Notre-Seigneur, son Fils et le Fils de Dieu dont elle-même a tout reçu. C’est le mystère de grâce qu’on appelle l’Incarnation et qui, aujourd’hui, nous fait voir en Marie, par anticipation, la lampe portant la lumière divine, la porte par laquelle le ciel s’avancera vers la terre, la Mère qui donnera la vie humaine au Verbe de Dieu, l’avènement de notre salut

1re lect. : Mi 5, 1-4a ou Rm 8, 28-30
Ps : 12, 6ab, 6cd
Évangile : Mt 1, 1-16.18-23 (brève : 18-23)

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