Le sel dans la bible

Le sel est un aliment qu’on utilise aujourd’hui dans presque tous les mets pour en rehausser le goût. Dans le monde de la Bible, quel était l’usage du sel ? Que symbolisait-il?

 

Dans l’Ancien Testament

L’usage premier du sel est d’assaisonner la nourriture pour lui donner du goût.
MeLaH en hébreu, halas en grec, le sel est une denrée alimentaire indispensable ; comme Job le fait remarquer à ses amis « Peut-on manger sans sel ce qui est fade ? » (6,6). Il faut saler la nourriture, mais avec mesure sinon l’aliment devient immangeable.C’est bien connu que le sel permet de conserver les aliments. On emploie donc du sel de façon symbolique pour montrer qu’un contrat va durer dans le temps. Par exemple, on retrouve l’expression « le sel de l’alliance » qui parle du sel utilisé sur une offrande pour exprimer l’alliance perpétuelle avec Dieu (Nb 18,19).
En utilisant le sel dans les alliances, les hommes démontraient que celle-ci était sérieuse et qu’elle devenait inviolable.
Le Grand Rabbin Chalom Benizri : « Le sel ne s’altère jamais et persiste éternellement. Il est pour cela le symbole choisi pour une alliance indéfectible entre l’Éternel et son peuple Israël » L’alliance avait donc un caractère sacré tout comme l’alliance de Dieu avec son peuple. Cette alliance était la Loi de Moïse.
Autre usage du sel : lorsqu’on offrait les sacrifices, on saupoudrait de sel l’encens et les victimes animales. En brûlant, le sel donnait à la flamme une belle couleur jaune. Mais le sel ne faisait pas qu’embellir la flamme ; il exprimait la volonté de conserver inaltérée l’alliance avec Dieu.
Ainsi peut-on lire dans le Lévitique la recommandation suivante : « Sur toute offrande que tu présenteras, tu mettras du sel ; tu n’omettras jamais le sel de l’alliance de ton Dieu sur ton offrande ; avec chacun de tes présents, tu présenteras du sel » (Lévitique 2,13).

Aujourd’hui encore :

Aujourd’hui encore, lorsqu’un chef d’Etat se rend à Jérusalem, en visite officielle, le maire de cette ville l’accueille aux portes de la ville, en lui offrant du pain et du sel. Pourquoi ? Eh bien, manger le sel de quelqu’un c’est être attaché à sa maison et manger le sel avec quelqu’un c’est faire un pacte avec lui ; ce pacte est appelé pacte de sel, l’indissolubilité d’un pacte d’amitié.

Dans le Nouveau Testament :

(Matthieu 5,13) Jésus commence par dire « vous êtes le sel de la terre ». Le ‘vous’ est fortement accentué dans le texte original : « vous — vous seuls — êtes le sel de la terre »
Le Seigneur Jésus ne dit pas qu’ils doivent être le sel de la terre, mais qu’ils le sont.
Le rôle des disciples est d’apporter à la vie du monde la saveur de l’Évangile, ils témoignent de l’alliance inaltérable que Dieu a conclue avec l’humanité en Jésus Christ.
En confiant à ses disciples la tâche d’être le sel de la terre, on peut deviner que les disciples ont la tâche de proposer avec sagesse l’Évangile aux hommes et aux femmes de leur temps, afin que ceux-ci puissent ensuite par eux-mêmes y puiser le sel qui donnera de la saveur à leur vie.
Ce qui est certain c’est que, par cette parole, Jésus avertit les disciples de ne pas s’affadir mais de rester fidèle à la radicalité du message de l’Évangile.

Il ne s’agit donc plus de se servir du sel pour assainir, purifier ou stériliser, comme dans le Premier Testament.
Le disciple devient sel de la terre : il doit être témoin de la saveur de l’Évangile par ses paroles, ses gestes, son regard.

Pour Marc, le sel représente peut-être aussi la Sagesse ou l’Esprit du Christ, dont les chrétiens sont appelés à enrichir les rapports mutuels.

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